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Les Etats-Unis relâchent un peu la pression sur Huawei

Afin de maintenir son leadership dans les nouvelles technologies, les États-Unis sont obligés de modifier les sanctions contre Huawei.

Lorsque Joe Biden est entré dans la Maison Blanche, certains fans de Huawei avaient espéré que son administration pourrait modifier les sanctions contre le constructeur chinois, étant donné que celles-ci ont été imposées par la précédente administration de Donald Trump.

Cependant, malgré ce changement d’administration, les règles des sanctions américaines contre Huawei sont est restées les mêmes, empêchant la société chinoise de préinstaller les applications et services de Google (GMS) sur ses smartphones, ou encore de s’approvisionner en puces 5G (le dernier flagship de Huawei se contente de la 4G). Et pour le moment, tout porte à croire que cette situation ne va pas changer.

Les États-Unis assouplissent les sanctions contre Huawei, mais pour servir ses intérêts

Il y a quelques jours, Washington a décidé de modifier ses règles afin d’alléger (un peu) ces sanctions. Comme le rapporte un article de Bloomberg, le Bureau of Industry and Security (une agence chargée des questions de sécurité nationale et des technologies avancées au sein du ministère du Commerce) a décidé de mettre à jour ses règles concernant les sanctions contre Huawei.

Pour rappel, dans le cadre de ces sanctions, les sociétés américaines, ainsi que les entreprises non américaines, mais utilisant des technologies américaines (comme TSMC pour les puces), doivent demander un permis délivré par les États-Unis avant de pouvoir faire du commerce avec Huawei et d’autres sociétés incluses dans l’Entity List (la liste des entités sanctionnées). Ainsi, Washington autorise par exemple la commercialisation de puces 4G à Huawei (par Qualcomm), mais pas celle des puces 5G.

Les nouvelles règles, annoncées il y a quelques jours, permettent aux entreprises américaines de publier certaines technologies ou des logiciels sans demander de permis, lorsque ces entreprises délibèrent pour mettre en place de nouvelles normes avec des entités d’autres pays. L’idée n’est pas de faire un geste d’apaisement, mais plutôt de faciliter la participation des entreprises américaines à la création de normes dans les nouvelles technologies.

En effet, si les sanctions ont presque détruit la division smartphones de Huawei, celles-ci ont également rendu plus difficile la participation des organisations américaines à l’établissement des normes (puisque celles-ci ne savaient plus vraiment si elles doivent demander un permis pour travailler avec Huawei dans le cadre de la création de normes). Or, dans ce domaine, les USA souhaitent maintenir une position de leadership.

« Les parties prenantes américaines doivent être pleinement engagées dans les organisations internationales de normalisation, en particulier où les normes essentielles, mais parfois invisibles qu’ils établissent ont d’importantes répercussions sur la sécurité nationale ainsi que des implications commerciales », a déclaré le sous-secrétaire au commerce pour l’industrie et la sécurité Alan Estevez. « La règle d’aujourd’hui fournit des éclaircissements indispensables à l’industrie américaine et d’autres organisations qui permettront aux États-Unis de continuer à diriger ces organes critiques. »

Des règles très précises

Comme l’explique secrétaire adjoint de Commerce pour l’administration des exportations Thea D. Rozman Kendler, ces nouvelles règles permettent aux organisations américaines de participer pleinement et même de diriger la création des standards dans les nouvelles technologies, tout en continuant à empêcher les transferts de technologie que Washington considère comme une menace pour la sécurité nationale.

Un communiqué du gouvernement explique que pour que la publication de nouvelles technologies soit autorisée sans nécessiter un permis, cette publication doit se faire dans le cadre d’une activité de création de normes. Et il est également indispensable que la norme soit ensuite rendue publique. Cette exigence, d’après le gouvernement américain, vise à empêcher le transfert de technologies propriétaires.

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2 commentaires
2 commentaires
  1. L’entreprise qui a le plus de brevets exploités par la 5G est Huawei…
    Par le truchement d’accord croisé, Huawei ne peut s’opposer à leurs utilisations.
    Amusant

Les commentaires sont fermés.