Les maisons de disque servent-elles encore à quelque chose ?

Il fut un temps pas si lointain ou le rêve, que dis-je, le Saint Graal de tout musicien doté d’un début de talent, était de signer. Signer signifiant ici "conclure un accord d’enregistrement, production, distribution et promotion avec un grand label discographique, sortir un premier single, puis un alboume, puis une tournée, puis devenir une star riche, blasée, et cocaïnée".
Dans le meilleur des cas. Parce-qu’on pouvait aussi devenir rien du tout, avec juste la cocaïne.
Puis est arrivée cette calamité : la MAO (musique assistée par ordinateur), puis, pire, cette saloperie d’internet.

Il fut un temps pas si lointain ou le rêve, que dis-je, le Saint Graal de tout musicien doté d’un début de talent, était de signer. Signer signifiant ici "conclure un accord d’enregistrement, production, distribution et promotion avec un grand label discographique, sortir un premier single, puis un alboume, puis une tournée, puis devenir une star riche, blasée, et cocaïnée".
Dans le meilleur des cas. Parce-qu’on pouvait aussi devenir rien du tout, avec juste la cocaïne.
Puis est arrivée cette calamité : la MAO (musique assistée par ordinateur), puis, pire, cette saloperie d’internet.

Tout ça rien que pour embêter les producteurs à cigare et permettre à des armées entières de jeunes cons de pouvoir enfin d’abord faire leur musique pour pas cher, sans rien demander à personne, puis l’enregistrer dans des conditions correctes (de la maquette faite dans la cuisine qui sonne presque aussi bien que la dernière méga-production de Obispo dis-donc), puis, arghh, de la diffuser gratuitement via le web.

Et c’est là que se pose la question : à quoi servent les maisons de disques (à part à engraisser les avocats en procès faits aux internautes) ?
A plus grand chose si on s’amuse à récapituler le parcours d’un artiste ou d’une création et à calculer un peu les coûts générés par une auto-production indépendante, en prenant l’exemple d’un auteur-compositeur-interprête. NB : je ne mentionne pas ici les logiciels libres et/ou gratuits qui permettent de produire aussi de la musique de niveau semi-professionnel, car ils sont trop nombreux pour distinguer le bon de la daube, et du coup je n’ai pas eu le loisir de tester. Reportez-vous à cette liste pour plus d’informations.

  1. Enregistrement de l’équivalent d’un CD de 12 titres.
    • Matériel requis :
      • un bon PC dédié avec une grosse carte son full duplex : 1 500,00 Euros
      • un logiciel d’enregistrement pro ou semi-pro de type Cubase, ou – moins cher mais très performant – Acid Pro : entre 400,00 et 800,00 Euros
      • un logiciel d’éditing et de traitement sonore (Audacity, gratuit, devrait faire l’affaire)
      • Une bonne paire de moniteurs audio de proximité semi-pro de studio comme ça par exemple (c’est ce que j’utilise) : environ 300 Euros
      • notez qu’avec ce type de logiciel, vous pouvez presque même vous passer d’un clavier pour enregistrer vos séquences (nappes, arpèges…). C’est plus long mais c’est possible. Vous vous passerez également complètement d’une batterie car un soft comme Acid Pro inclut des centaines de samples (échantillons numériques basés sur de vrais instruments) que vous pouvez retravailler à souhait. Bien sûr rien ne vaut un vrai batteur avec une moustache, des muscles, de la sueur sous les bras et une coupe mulet, mais je vous rappelle que vous êtes dans la cuisine de votre T2.
      • Bien sûr, microphone pour les prises vocales et acoustiques, et le matos habituel (câbles, instruments), mais ça normalement vous l’avez déjà
      • idéalement, une pièce sourde pour les prises vocales mais avec un bon microphone ça doit passer
    • Coût total de l’enregistrement-mixage-gravage du master (en supposant que vous partiez vraiment de zéro) : moins de 3 000,00 Euros.
      Ecoutez donc un extrait d’une petite production réalisée par votre serviteur intégralement avec Acid Pro 4.0 (donc une version assez ancienne puique la 6 vient de sortir) juste pour vous faire une idée de ce qu’il est possible de faire avec un soft à moins de 400 Euros :

      Ou dans un autre style…

    Si vous êtes perfectionniste, vous montez votre propre studio (en fait une cabine parfaitement insonorisée) dans votre cave ou vos chiottes (foutu T2…), mais ce n’est pas totalement indispensable. Je rappelle à toutes fins zutiles que Exile on main street, à mon avis l’un des deux meilleurs albums des Rolling Stones, fut enregistré en 1972 dans le salon et les chambres de la villa qu’ils louaient à Saint-Jean-Cap-Ferrat pour l’occasion…
    Bon, ça c’était pour l’enregistrement. Rien de très nouveau, le home-studio existe depuis longtemps. Là où ça se corse, c’est quand on passe à la distribution/promotion. C’est là que le passage par une major reste incontournable… et qu’il ne le sera peut-être bientôt plus.

  2. La distribution et la promotion :
    Nous sommes à l’ère du web 2.0 n’est-ce pas ? Alors devriez pouvoir commencer à faire votre distribution et votre promotion tout(e) seul(e) comme un(e) grand(e).
    • D’abord vous recensez tous les sites de partage et de distribution musicale qui font la promotion des artistes indépendants, et vous commencez par envoyer vos titres ici :
    • Ensuite vous faites ou vous faites réaliser votre site web. Un joli site web bien construit qui va donner envie de venir, de revenir et surtout d’écouter, voire de télécharger vos créations. Tant qu’on y est, faites donc un blog. Un blog pour un mucicien (ou un créateur en général), c’est du pain béni. Tout créateur devrait avoir son blog, on n’imagine pas tout ce qu’on peut faire avec : bloguer sa création au fil de l’eau en la scénarisant comme un petit feuilleton, vidéobloguer, podcaster, raconter sa vie d’artiste au jour le jour. Plein de choses à inventer. Et avec une bonne stratégie de liens et autres trackbacks ça peut même générer rapidement une audience et faire monter votre positionnement chez mister Google. Que du bon, en quelque sorte.
    • Coût : un site web simple de présentation avec de la vidéo, du son et une gestion autonome (CMS) : de zéro à 3000 Euros selon que vous le faites faire par un ami qui vous veut du bien (voir ce que j’en pense ici et ici) ou un professionnel.
    • Vous pouvez même tourner un bout de vidéo-clip si vous avez des relations qui manient un peu la caméra DV (500 Euros), ou mieux, monter un clip gratuitement en collant votre musique dessus à l’aide de Jumpcut (ou de Windows Movie Maker si vous avez un PC ou iMovie avec un Mac). Et le diffuser sur Dailymotion et Youtube (et sur Fuzz maintenant que la vidéo est acceptée, je vous en reparlerai une autre fois).
    • Coût : de gratuit à 3 500,00 Euros

Ce qui nous ferait un total d’environ 6 500,00 Euros en frais techniques pour un CD auto-produit par un artiste solo. Bien sûr je ne compte pas les frais annexes (restauration, hébergement, distribution…) ni le pressage et la duplication du CD, ni la promotion, qui viennent en sus quand il s’agit d’une maison de disque.
Mais nous sommes quand même très loin des centaines de milliers d’euros clamées haut et fort par le premier Pascal Nègre venu pour la production d’un album ! (555 000 Euros exactement pour le dernier Thomas Fersen – source : Epok/Fnac, voir le détail ici, c’est assez ahurissant).

Il est clair que les majors continuent à faire comme si les choses n’avaient pas changé, vivant dans les fastes d’une époque révolue, ce qui engendre des frais fixes phénoménaux, loin des petites structures agiles auxquelles nous a habitués le web.
Et que si elles continuent ainsi elles iront droit dans le mur, c’est une quasi-certitude.
Le pire étant qu’au bout du compte personne n’est gagnant : les maisons de disques sont sur le fil du rasoir, perdent de l’argent et sont obligées de réduire leurs effectifs pour enfin essayer de rattrapper leur retard, les artistes sont mal rémunérés, et le consommateur paie sa musique trop cher, ce qui revient très précisément à lui ouvrir grandes les portes du téléchargement illégal et si facile.

Il faudrait que les majors fassent leure révolution culturelle. Si tant quon considère qu’elles sont encore utiles à quelque chose.
Utopie ? Vous y croyez, vous ? Vous en pensez quoi ?


36 commentaires

  1. On s’était fait un podcast sur le sujet avec Jérôme Colin dans VOX (vox.skynetblogs.be/post/3… Universal a signé son deal avec Spiral Frog, appliquant de facto ce qu’ils démontaient lors des discussions de la loi DAVSI. Au final les maison de disques sont des zombies. Je me demande juste quand la crise sera passée, qu’il y aura eu des consolidations, des ventes, des faillites… qui aura mis la main sur les catalogues? Coca-cola? Apple ? D’autres ?

  2. J’en pense que tu as en partie raison, mais que tu a aussi en bonne partie tort ! 🙂 Tu oublies il me semble presque l’essentiel, c’est la compétence et l’expérience. Ce n’est pas parce qu’on a des moyens à sa disposition qu’on a les compétences pour faire de la qualité (technique et artistique).

    Une maison de disque, ça sert avant tout à ca ! Mettre des moyens de qualités et des gens compétents à disposition d’un projet artistique, à chaque étape du projet. Par exemple, musiciens pros, arrangeurs, directeur artistique, gros studios avec du vrai bon materiel (tu connais le prix d’un très bon micro Neumman ?), ingénieurs du son, ingénieur mastering, graphistes, attachés de presse etc etc… A chaque niveau, il y a des compétences spécifiques qui ne s’acquierent pas uniquement parce qu’on le désire, mais au cours de longues années d’expérience et de pratique. Tout ça mis à bout, ça permet la qualité dans la réalisation (sans préjuger de la qualité ou non d’une oeuvre).

    Autre "détail", un producteur, c’est aussi quelqu’un qui s’engage auprès d’un artiste pour l’aider à se développer. J’ai un ami qui a signé avec une grosse boite d’édition et qui a reçu des avances pendant près de 2 ans et une enveloppe conséquente pour du matériel de home-studio, pour lui permettre de vivre et de développer de la musique.

  3. Les majors ne produisent plus de disques, elles font de la télé et les distributeurs classiques/physiques ne vendent plus de disques mais de la gestion de stock. Ils fonctionnent main dans la main puisqu’ils font 85/90% de leur CA avec 20% du catalogue : ce qui les arrange.
    En face le public se morcelle (les fameuses niches) et développe une consommation plus parcimonieuse : je n’ai pas besoin d’acheter l’album entier pour avoir le titre qui me plait et qui n’est pas forcément celui dont a décidé qu’il serait le tube.
    Sur le sujet : le bouquin d’A.Martin (l’Age de Peer) est parfait

  4. Sans vouloir être exagérement polémique, avec 6500 euro tu n’as payé aucun musicien, ni aucun autre professionnel. (sans promotion ni distribution ni concert). Dans ces conditions je ne comprends pas bien la comparaison avec les chiffres annoncés dans Epok.

  5. Les logiciels libres constituent le premier pas de la prise de pouvoir des communautés issues du web sur des entreprises énormes. Firefox est la principale réussite d’une communauté issue du réseau, . Suit OOo… Evidemment ce n’est pas encore suffisant pour que l’utilisateur lambda soit conquis par le "libre" et ses dérivés.

    J’ai l’espoir qu’une distrib comme Ubuntu puisse donner le gout du libre à l’utilisateur lambda. Mais il y a encore du chemin à faire.
    Quand on y sera, que le pas aura été franchit, probablement que tout sera possible pour tout le monde.

    Pour le moment la musique hors "Majors" reste dans l’ombre malgrés les progrès effectués. Tout est encore sous controle pour le "consommateur" et les Maisons de disques se battent pour conserver ce controle. Mais en réalité ça leur a déjà claqué entre les doigts. Et plus le libre progressera et entrera chez monsieur tout le monde, plus ça leur filera entre les doigts. La réussite du réseau, des communautés, du buzz… La création open source issue du réseau même… La victoire est inévitable 😉

  6. Ne raisonnez pas en terme d’entreprise quand on parle de libre. Le cms Joomla a été estimé récemment à 1,7 M$ us. Il est libre et gratuit. La musique libre existe déjà. Des moyens peuvent se mettre en place sur des modèles existants; comment fonctionne la fondation Mozilla par ex?

  7. Ok !
    pour les maisons de disques, il est vrai que de part l’explosition du numerique, il est temps pour elles de se remettre en question, mais tes exemples sont bons si tu veux faire de la Demo, pour un titre finis, tu es vraiment très loin du compte (et je sais de quoi je parle).
    Même si il est clair que la création musicale est heureusement beaucoup plus accessible, tu auras toujours besoin d’un vrai studio, ingénieur, musiciens, et d’une équipe si tu veux un vrai "SON" et je ne parle que de création.

    Enfin c’est mon avis….

    Sinon très bon billet ;o)

  8. Cela ne fait pas le bonheur des créateurs de site : mais bon nombre de groupes se passent désormais d’un site (ou alors il est en éternelle refonte, coming soon)… une page myspace, une bonne liste d’amis, une grosse animation derrière et le tour est joué. Beurk. Mais ça marche (exemples : TTC et Institubes, Ed Banger, etc.)

  9. > JCL et ClaudeV : ok, bien sûr mon exemple est volontairement caricatural, je compare deux extrêmes, mais pour moi il ne fait aucun doute que la vérité se situe plus près des 6500 que des 555000 euros pour produire un CD, et je parle d’une vraie production pro.
    Pour moi l’argument "Mettre des moyens de qualités et des gens compétents à disposition d’un projet artistique, à chaque étape du projet… musiciens pros, arrangeurs, directeur artistique, gros studios avec du vrai bon materiel" ne tient pas car il reviendrait à dire qu’il n’y a pas de talent sans argent, et qu’il faut toute une armée de gens grassement payés pour produire une chanson de qualité. Or on voit bien qu’il faut les mêmes équipes pour produire aussi de la merde, et que d’un autre côté on a un Springsteen qui enregistre des chefs-d’oeuvre sur un petit quatre pistes.
    Bien sûr quand on veut faire une super production à la Notre Dame de Paris on a intérêt à avoir du matos, du staff et faire manger tout ce beau monde dans des bons restos. Mais s’il s’agit du dernier Strokes, un bon home studio numérique devrait largement suffire. Et des Strokes, il y en a des milliers, qui ne demandent qu’à s’auto-produire et diffuser leur musique via le web.

  10. Les maisons de disques n’exercent plus leur activité de producteurs depuis bien longtemps. Par contre, leur force de frappe reste encore bien réelle sur :
    – les réseaux de distributions physiques classique(supermarchés)
    – les salles de spectacles (pouvoir de négociation sur les prix)
    – les newbiz demandant nécessitant des partenariats technologiques forts (je pense au partenariat Universal-SFR, pour la mise à disposition du catalogue en téléchargement)
    – la puissance d’investissment promotionnelle sur les medias(TV Radio Affichage dispositifs évènementiels, Bannières Web)

    Pas de valeur ajoutée sur la production donc, mais un noyautage des réseaux de distribution qui a perdu de sa superbe à cause des téléchargements illégaux, mais qui se rattrape sur tout l’évènementiel physique (ex :concerts), des opérations de co-branding (ex:star ac) et la vente de produits dérivés (ex :SMS surtaxés, sonneries & logos mobiles).

  11. >Eric : je n’ai peut-être pas été assez clair : avant l’argent en soi et des moyens, je parle de la compétence, et de l’expériences des différents acteurs de la production de musique. Or il se trouve que la compétence, ça a un coût ! Plus il y a compétence, plus c’est cher, et c’est normal.

    Exemples

    On ne devient pas expert en mixage et en ingénierie du son en 15 jours. C’est un vrai métier, et ça prend de longues années d’études, d’assistanat en studio, puis d’expérience réelle pour acquérir cette compétence et cette expertise. Bien sûr, avec les moyens technique du home-studio, on peux mixer soi-même sa production, mais arrêtons de rêver, ce n’est pas parce qu’on a la possibilité de le faire, qu’on a la compétence pour le faire. Donc soit il faut faire appel à un vrai ingénieur du son (et ça coûte plutôt cher) soit on peux acquérir un peu de cette compétence avec son home-studio, et cela prend des années (ça fait 15 ans que je fais du home-studio, et je continue souvent de m’arracher les cheveux sur les mixes quand je dois les faire seuls 🙂

    Imaginons que tu sois guitariste et compositeur-home-studiste. Si tu veux du piano sur un de tes titres, tu peux évidemment le faire toi-même en bidouillant, ou utiliser des samples, mais si tu veux vraiment de l’originalité, et de la qualité, tu devras immanquablement faire appel à un vrai pianiste. Si tu veux des cordes, par exemple un quatuor, tu peux aussi le faire avec un sampleur virtuel comme Gigastudio et des banques de samples. Mais c’est pareil, ça va sonner "machine". Donc si tu veux une production de qualité, tu devras payer un quatuor (plus ils seront bons d’ailleurs, et expérimentés en prises de studio, plus ils seront chers !), payer le studio pour l’enregistrement, payer l’ingénieur qui fera la prise de son. Et ça coûte très très cher ! On peux multiplier de tels exemples.

    Je ne dis pas que dans certains contextes, et certains types de musique, des gens arrivent parfaitement à se débrouiller pour sortir des autoproductions de qualité correctes, voire parfois très bonnes dans un home-studio, mais c’est rare, car cela demande une multitude de compétences techniques que le talent seul ne suffit évidemment pas à donner.

  12. J’hallucine un peu sur les racourcis que tu fais Eric…

    Effectivement produire un album de techno dans sa chambre ça ne coute rien, maintenant quand tu as un vrai groupe avec des vrais musiciens, trompettes et tambours compris, c’est moins facile de faire ça tout seul dans sa chambre, il faut un vrai studio avec un vrai ingé son qui saura travailler le son du groupe.

    Ensuite tes calculs sont tout aussi rapide en disant qu’on peut s’en sortir pas cher sans la promo, la dupplication, la distribution, sans payer les techniciens, etc…

    "Sortir" un album c’est bien, maintenant il faut le faire connaitre, myspace et autre jamendo sont tellement saturés qu’il est difficile de sortir du lot et de se faire remarquer. Avoir une maison de disque, c’est comme le disais JLC, dont j’apprécie par ailleurs le boulot et l’investissement, c’est justement une étiquette (label), un crédit pour le groupe, un savoir faire, des contacts, des relations, de l’expérience qui permet au groupe de faire de la musique et au label de faire son travail… Les musiciens ne sont pas toujours compétents ou motivés pour se vendre, et c’est notre boulot et passion à "nous" labels des les faire connaitre.

    Enfin, il y a une grande différence entre une maison de disque et les majors dont tu sembles limiter ton propos.

  13. > wytlyt : je suis d’accord pour dire que mon raccourci est un peu facile et simpliste.
    Mon propos n’est pas de dévaloriser ou minimiser le travail de centaines de personnes talentueuses qui bossent dans l’édition et la prod musicale.
    Mon propos est celui de quelqu’un qui connait aussi un peu la question pour avoir en son temps pas mal traîné ses guêtres dans des studios d’enregistrement et bien connaître ce métier et ses coulisses, et j’ai d’ailleurs encore pas mal d’amis qui bossent dans le son. Effectivement je parle des majors et de tout leur grand circus inutile, et mon billet – même si je ne l’ai pas assez explicité – va dans le sens d’un allègement des structures, et donc plaide complètement en faveur des petits labels indépendants.
    Je fais un parrallèle avec le web aussi, ne l’oublions pas. Qui aurait dit il ya quelques années que deux étudiants californiens allaient révolutionner le monde en montant un moteur de recherche dans leur garage et faire la nique aux plus grandes multinationnales ? Ma réflexion consiste à dire que ce qu’i s’est passé pour Google pourra très bien se reproduire dans la musique.
    Bien sûr qu’on aura toujours besoin d’ingés son, de directeurs artistiques, d’une structure de production et de distribution, de vrais musicos professionnels, mais je crois que les gros mammouths ont quand même du souci à se faire. La tendance est là, et même des grands groupes ont des vélléités à distribuer directement leur musique par internet (bien sûr ils peuvent se permettre de le faire car ils sont déjà connus, on est d’accord).
    Je dis simplement que l’avènement du numérique a mis des possibilités de production à la portée du plus grand nombre, ce qui n’était pas vrai il y a ne serait-ce que 15 ans.
    Un exemple, pour parler juste technique : Le premier sampler, l’Emulator, au début des eighties, était une machine fabuleuse qui faisait rêver tous les musicos, une vraie usine à gaz qui coûtait des millions et qui équipait juste deux ou trois grands studios. Ce truc a révolutionné la musique, et maintenant n’importe-quel logiciel un peu évolué à moins de 300 euros peut faire la même chose (et beaucoup plus). Ca n’a pas remplacé les guitarites ni d’autres vrais musiciens (heureusement), mais des milliers de musiciens ont pu d’un coup ajouter des violons ou du sax dans leur prod, chose impensable avant…

    Je pense que comme le dit un commentaire précédent les maisons de disques restent encore incontournables pour la distribution et la promotion, mais plus pour l’artistique (surtout quand tu vois les daubes qui sortent tous les jours).

  14. Il est vrai que pour la distribution/communication, il faut la puissance d’une major ou bien de gros labels indépendants (et il y en a pas beaucoup). Maintenant en ce qui concerne la production/enregistrement, je ne sais pas ce que vous entendez par "très cher", mais dans notre studio, les prix commencent à 249€/jour TTC et la qualité est loin d’un home studio, les musiciens c’est de l’ordre de 100€/jour, soit un titre enregistré dans des conditions pros pour moins de 1000€…

  15. Tout à fait d’accord avec toi Eric. Mais tu sembles oublier une chose, la plus importante à mes yeux. Ce qu’il faut c’est du TALENT. Malheureusement les gens semblent de plus en plus faire l’impasse là dessus. Forcement quand on joue mal, ou qu’on chante pas tout à fait juste alors on a besoin de super techniciens du son ou de super arrangeurs avec 15 ans de bouteille… Alors maintenant de deux choses l’une, soit tu es un fils à papa qui a de l’argent et des relations en maison de disque et tu produis ta crotte, soit tu est bon, tu a un groupe de talent et…galère à produire ton album parce que tu es dans l’ombre de tout ces majors… Le monde est cruel ! Mais quand on veut percer… on perce.
    Mon diagnostique sur la vie des maisons de disques et plus que reservé.. Je connais pas mal de monde du milieu.. des jeunes qui galèrent entre stage stage et CDD sans cesses renouvellés.. C’est bien une preuve que le monde de la musique va mal.. Je prédis là même chose à long terme pour l’entreprise du film (la technique avancant il devient de plus en plus ‘simple’ de faire ses propres montages vidéos…) Enfin ceci est une autre histoire.. (peut être un billet du presse citron dans 50 ans ? :p)

    ps: tu ne mentionne pas Myspace dans les sites de partage et de distribution musicale ". C’est pourtant une plaque tournante des groupes autoproduits (et un site de rêve pour les amateurs comem moi de garage rock)
    Et je peux te dire que c’est un peu le Monster des maisons de disques !

    A ++

  16. > ClaudeV : effectivement ts tarifs sont plus que raisonnables ! Ca va un peu dans mon sens finalement 😉
    > Oliv : un mauvais point pour moi concernant Myspace, je ne l’ai pas mentionné tout simplement parce-que je n’ai encore jamais eu l’occasion de visiter la moindre page Myspace. Je sais c’est pas bien mais on ne peut pas tout connaître alors on choisit ses impasses 😉

  17. musicien râté le

    je suis home-studiste depuis une petite dizaine d’années, également graphiste de métier et mcgyver à mes heures perdues, et je plussoie JCL sur toute la ligne.

    Tu peux évidemment réaliser tous les maillons de la chaine toi-même, théoriquement. Parfois pratiquemment aussi, mais il faut énormément de compétences pointues et surtout très variées, énormément de temps à consacrer, des voisins sympas pour les séances de prise de son et de mix, et du matos autrement plus correct que celui pointé dans tes liens…

    Cela ne peut se faire que sur des années, c’est un aboutissement. C’est même pas une question de thunes, mettre 6000 € dans son home-studio c’est finalement que dalle, tout le monde peut le faire en 1 fois ou en 10 ans suivant la bourse. Maintenant, savoir utiliser ce matériel pour produire concrêtement, c’est une autre paire de manche. Outre les qualités artistiques requises, il faut être célibataire et avoir un emploi à mi-temps. Statut auquel, personnellement, je n’adhère pas. 🙂

  18. Je ne fais que répéter ce qu’ont déjà dit d’autres commentaires, mais effectivement, enregistrer en amateur sur son ordi offre un résultat moyen. Parce qu’on est pas tous ingé son, qu’on a pas tous une batterie de micros et d’instruments à sa disposition.

    Vos exemples de morceaux sont d’ailleurs très éloquents à ce niveau : ils sont très aseptisés. Les comparer à de la merde comme Pascal Obispo ne vous engage pas à grand-chose. Maintenant comparons-les à Revolver des Beatles, Dark Side of the Moon de Pink Floyd ou Kid A de Radiohead. Là, on saisit le fossé intergalactique qui séparent vos morceaux home-made du travail de professionnels talentueux.

  19. Bonjour, je suis manager de divers artistes dans le domaine du rap/hiphop soit la musique la plus télécharger en france (2ème pays consommateur de rap au monde après USA), je viens actuellement de finir une compilation qui s’intitule hip hop 2 mars et qui regroupe 44 artistes de marseilles et US, mon projet est enregistrer/mixé/masterisé.
    Maintenant, je dois passer à la phase distribution et promo, seulement, j ai épuisé le budget que j avais concernant cette compilation afin de donner le maximum de qualité à mes future auditeur.( cette compilation HIP HOP 2 MARS, on retrouve des groupes trés connu comme Iam par exemple) seulement comment dois-je faire pour créer mon buzz( notoriété) car il paraît d’après une écoute en guise d’étude de marché que j ai réalisée auprès de 500 auditeurs, cette compilation est un chef d’oeuvre qui sans moyens de promo restera dans l’ombre.
    Alors, si quelqu’un peut m’aider, ça serai pour moi une importance vitale quand à ce projet.
    Ps : je précise que sur ce projet, je suis tout seul, j’ai tout réalisé du début à la fin. voici mes coordonnées [email protected] et tel : 06.50.64.94.71 un grand merci aux confrêres qui veulent bien m’apporter leur conseils et aide

  20. Bonjour,

    Je suis à la recherche de la différence entre une major et une maison de disque.
    J’ai une petite idée qui est la suivante: une major est une maison de disque internationale, une maison de disque peut être une plus petite structure au niveau national par exemple.
    Suis-je dans la bonne voie??
    MErci de bien vouloir me répondre c’est important

  21. salut a tous
    je suis producteur independant et je recherche un manager feminin pour defendre mes oeuvres musisal
    mon style est a part rap ou hip hop musical ni hardcore ni trop soft album reflechie bien produit et original si cette personne est interresse quel me contacte sur mon http://www.myspace.com/lelorea
    ce n’est pas une plaisanterie
    ni une boutade recherche manager serieuse pour busness tres serieux tous les moyens sont bons pour une bonne promotions nul na le choix maintenant vue le nombre de trucs bizarre et etrange sur les ondes radio et dans les bacs de disques de virgin la fnac carrefour cora et j’en passe ….

  22. Le problème pour un musicien c’est qu’il doit être : talentueux, fort en communication , bon commercial, avoir de l’égo pour faire rêver les gens, mais pas trop pour ne pas avoir les chevilles qui enflent, se battre pour trouver des dates de concert, bref … le travail d’une maison de disque ne se résume pas à un simple homestudio et un réseau de distribution.

    Maintenant depuis que je lis bien des louanges sur internet et la musique gratuite, peut-on me citer UN artiste qui soit connu, qui gagne sa vie correctement grâce à internet et qui ne soit pas signer ni chez une maison de disque, ni sur un label d’édition…

    Franchement je serai curieux de savoir.

  23. le monstre aux plantes le

    reponse a ta question

    il n’y a aucun artiste qui soit totalement independant a part un merdeux qui aurait pu frapper fort ces kamini le faux noir avec sa tete de pique a glace 2 millions de visiteurs visigotes et analphabetes sur son site.
    dans le rap tous les groupes sont des vendu et signe direct en maison de disque.des fistules qui capitule des qu’un cheque presente quelques miettes d’euro.

    y a pas de talent et de sang frais nul part nous subissons les gouts debile des directeurs artistique la plus part du temps le cul bronze en seminaire au maroc et au cap dague le nez enfarine de coke.

    les majors company sen battent completement de la musique ils n’ont aucune oreille musical et travail leurs proteges par interet artiste souvent des amies a qui ils sont promis de signer ou ils travail les vieux tubes français de variete et des années 80 perime.

    je pense qu’un jour un artste arrivera a faire des ventes direct sur internet sans passser par le cheminement des distributeurs comme sony universal et virgin car les distributeurs prennent partiquement le double du prix de vente sur un cd ce sont des mafieux alors que sur le net avec 50.000 albums vendu par correspondance l’artiste serait vraiment payer pour son travail et pas exploite par des pascal negre et con panie.

  24. Le prix prohibitif des CD, les maisons de disques qui nous prennent pour des vaches à lait c’est un débat parallèle mais complémentaire (je serai curieux de connaitre l’inflation du prix d’un enregistrement audio depuis les années 70 à maintenant… quand je pense que les maisons de disques nous « juraient » que le prix d’un CD serait inférieur à terme à celui d’un vinyle quel beau foutage de gueule).

    Alors oui internet c’est fantastique au niveau distribution, mais faire de la musique ça coute ENORMEMENT de fric …
    Donc on en revient au début du débat où trouver du fric pour PRODUIRE de la musique et pour que les nouveaux artistes percent et gagnent leur vie ?

    Tiens je vais même lancer un 2ème débat
    Savez-vous qu’à l’heure actuelle en France, il est impossible pour un artiste de trouver un tourneur (gars qui vous trouve des dates) si vous n’êtes pas signé par une maison de disque ?
    Et encore les tourneurs étant des indépendants, les maisons de disques commencent à pénétrer ce marché petit à petit pour compenser leurs pertes sur le marché des enregistrements audios …

    PS concernant Kamini j’aurai entendu dire que ce serait un coup de Buzz orchestré par sa maison de disque Sony-BMG …

  25. ces vrai merci de ta franchise
    les concerts impossible de les faire surtout a l’olympia merci universal sony et bmmg et chrysalis virgin il n’y qua eux que ça rapporte puisque ça leur appartient

    je serais curieux de voir leurs geules si les disques produit par des independants moins chere fabriquer a l’etranger et vendu sur internet innondaient le marche.

    la fnac et virgin seraient oblige de commander pour se faire une ouverture ils sont grie
    commander par le public que feraient t’ils …des licenses a 20% ou plus..pour avoir l’autorisation de presse les disques..dans le cul si tu achetes le cd a 12 euro 15 titres avec video et ect….

    oblige de faire des licenses car ils savent que ce serait le paradis fiscal des independants.
    exemple produire au canada presse a taiwan et collecte par paypal bsur le reseau paradis fiscal.

    nous serions a l’aube d’une nouvelle strategy marketing ces possible mais il faut un gros investissemnt de depart.

    pour que les internautes puissent commande leurs cd sur catalogue exterieur
    la l’industrie se casse la gueule direct ne pouvant rien faire universal et sony seraient oblige d’acheter des licenses aux petites boites de prod

    imagine le topo
    commander sur le site de l’artiste son cd moins chere avec ses videos ses concerts la ils ne gagneront plus rien et en plus l’artsites toucherais ses royalties et garderait ses editions la total comme aux states a los angeles exemple snoop doggy dog et bien d’autres artistes dans la country le folk et la pop….sans oublie le hard rock
    ….ces leurs pire cauchemard a quand une revolution avec des gros sous contre leurs politique du chantage…..

    en france pas de choix donc defender vous croyez y et foncer si vous etes sur de votre talent maitrisez votre bisness tchao les majors vive l’auto production fiscal……

  26. ces bien ce que tu dis parfait
    mais si l’artiste na aucun niveau comme ce que j’ecoute a la radio genre skyrock a.k.a skytock..

    ont va nul part car il faut que la musique soit exeptionnel pour pouvoir la promouvoire
    la commercialise
    donc un artiste ayant de multiple qualite ne dois pas qu’avoir des gros sous du genre bourrage de crane et achat de pages publicitaire a la radio ça change tout donc ils promotionnent que les merdes qui rapporte et encore

    pas inteligent pas d’ego impressionnant pas de charisme
    j’en doute pour l’instant regarder le niveau des americains dans tous les styles de musiques vl’a les specimenes sortie du cosmos… ils sont au top dans tout les genres depuis 30ans au moins …

    les maisons de disques vendent un disque arrive a la fnac a 16 euro ou plus les cd sont des produits de luxe sur taxe l’etat prend sur l’artiste qui fait disqe d’or aux moins 60% ou 40% " a verifie"

    l’artiste fait tout et prend sur son contrat 5 a 8% a la signature et gagne par palier plus de point si il vend a partir de 50.000 disques le distributeur prend 30% et la maison de disque le reste

    enorme et ils ne signet que des salopes qui ne revendiquent rien tous le monde ferme ça gueule boient sont champagne et la france reste crispe dans cette politique de bourgeois sans foi ni loi

    j’ai pas fini
    et quand tu vend moins tu degage avec ton contrat artsite suivant
    combien de talent et de carrire ont t’ils detruit des tones et des tones

    des victimes du showbiz il y en a plein ils sont fini car ils esperaient apres les majors elles non aucune pitie aucun regret aucun respect les d.a directeur artstiques sont des pseudo musicien frustree et haineux des belles choses je connais un rayon de ce mùilieux ça faiut pitie

    ou vont les jeunes generations poussees dans le vide ont sort et produit n’importe quoi ça nba pas de sens et ça passe sur skyrock et nrj ….

    tout les artistes ont donne leurs fesses regarder le panel de couyons et d’imbecile qui son’t exposer a la tele ç’est triste pour l’avenir des vrai artistes…

    exemple gyneco passi stomy joey star 113 de la merde en boite meme iam tous des bountys……

    j’ai fini mon discour bonne chance aux musiciens dans les tenebres artistiques français….

  27. je vous stop tout de suite une vrai

    production
    avec studio 48 pistes
    ingenieur du son
    plus les jours pour poser les samples ou musiciens tourne a peut pret a
    60000 euro.

    sans mastering et sans pressage du disque ok les gars

    pour faire du top il faut le plus souvent de l’analogique plus chere mais plus chaud niveau son
    donc les autoprod maisons underground direct a la poubelle
    niveau qualite ça ne passera que sur des radio spe et acheter par un public spe dommage mais ces le busness qui impose son veto.

    pour faire des tubes et du chiffre il faut de la qualite..

    et la chance d’etre suivie par une radio et deja le coup sera possible le buzz est fait distribuer ok apres possibilite de trouver un tourneur qui vous programme en avant partis de star ou de groupe plus ou moins connu ..

    mais il vous faut un album existant un myspace un clip et des links un peut partout et la untoureneur genre garance peut vous programme et la selon vos ventes lesmaisons de disque viendront vous ventiler les bourses…pour avoir votre energie et substance..comme d’habitude ,busness is busness..

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