Andreas Bangheri, PDG du fabricant de pompes à chaleur Heliotherm, a un hobby particulier : le vol en deltaplane. Cette passion lui a permis de constater un changement inquiétant ces dernières années.
“Le vent devient de plus en plus fort. C’est un problème grandissant”, affirme-t-il. Ce phénomène, loin d’être anodin, pourrait bien avoir des répercussions importantes sur l’efficacité des pompes à chaleur.
Le vent tourne pour les pompes à chaleur
En effet, les vents violents affectent directement le fonctionnement de ces appareils. Bangheri a observé ce phénomène sur ses propres installations : “Nous avons constaté un effet de refroidissement éolien plus important”. Concrètement, cela signifie que les machines ont besoin de 10 à 15% de dégivrage supplémentaire par rapport à la normale.
Le problème ne se limite pas aux régions montagneuses. À Hambourg, ville côtière du nord de l’Allemagne connue pour ses vents forts, Heliotherm a constaté des effets similaires sur de nombreuses installations. Cette tendance pourrait bien se généraliser avec l’intensification des phénomènes météorologiques extrêmes liée au changement climatique.
Face à ce défi, les fabricants cherchent des solutions. Heliotherm prévoit de lancer l’année prochaine un nouveau modèle de pompe à chaleur air-air capable de se fermer temporairement pour se protéger des tempêtes. “Si une tempête arrive, nous pouvons la fermer puis la rouvrir plus tard”, explique Bangheri. “Nous apprenons à concevoir des pompes à chaleur pour l’avenir.”
Un climat extrême qui met à mal les PAC actuelles

Le vent n’est pas le seul défi auquel les pompes à chaleur devront faire face. Des scénarios climatiques plus extrêmes pourraient bien mettre à mal ces systèmes dans un futur proche.
Richard Lowes, chercheur au Regulatory Assistance Project, une organisation à but non lucratif spécialisée dans l’énergie, s’intéresse particulièrement à un scénario alarmant : l’effondrement possible de la circulation méridienne de retournement atlantique (AMOC). Ce système de courants océaniques joue un rôle crucial dans la distribution de la chaleur des régions australes vers le nord, influençant considérablement le climat en Amérique du Nord et en Europe.
Selon une étude publiée l’année dernière, cet effondrement pourrait survenir dès 2025, bien que certaines analyses suggèrent qu’il pourrait ne pas commencer avant la fin du siècle. Les conséquences seraient dramatiques : une baisse moyenne de température pouvant atteindre 8°C en Europe et 3 degrés en Amérique du Nord.
“Ce serait assez conséquent”, souligne Lowes. Dans un tel scénario, les pompes à chaleur conçues pour fonctionner à des températures extérieures minimales de -10°C pourraient s’avérer insuffisantes.
Cependant, Lowes nuance son propos. Si l’AMOC venait à s’effondrer, les problèmes seraient bien plus graves que la simple inefficacité des pompes à chaleur.

Paradoxalement, le changement climatique devrait globalement rendre les hivers plus doux. Mais attention aux idées reçues : selon Duncan Callaway, professeur d’énergie et de ressources à l’université de Berkeley, les jours les plus froids, par exemple en Californie, seront probablement tout aussi froids qu’aujourd’hui. “Les épisodes de chaleur extrême seront plus problématiques”, souligne-t-il, insistant sur le fait que les technologies de refroidissement seront très demandées.
C’est là que les pompes à chaleur air-air pourraient tirer leur épingle du jeu. Contrairement à la pompe air-eau, elles peuvent fournir à la fois du chauffage et du refroidissement. Une polyvalence qui pourrait s’avérer précieuse dans un climat de plus en plus imprévisible.
Un espoir en vue
Malgré ces défis, les experts restent optimistes. Pour Callaway, le changement climatique n’empêchera probablement pas les pompes à chaleur de fonctionner. “C’est davantage une question de conception du système et des éventualités pour lesquelles on se prépare”, explique-t-il. Bangheri insiste sur l’importance de réfléchir dès maintenant aux scénarios de changement climatique. Disposer d’une capacité supplémentaire ou de technologies de secours pourrait permettre d’éviter qu’un système de chauffage décarboné ne devienne vulnérable. Reste tout de même que les pompes à chaleur installées précédemment pourraient se révéler inefficaces au fur et à mesure que le dérèglement climatique s’intensifie.
Si elles représentent tout de même une excellente solution, l’avenir des pompes à chaleur en France et ailleurs dépendra de notre capacité à anticiper et à nous adapter aux changements climatiques à venir. Il appartient maintenant aux fabricants, aux chercheurs et aux décideurs politiques de travailler main dans la main pour garantir que ces technologies prometteuses restent suffisamment adaptées aux conditions météorologiques extrêmes à venir.
- Les vents de plus en plus violents menacent l’efficacité des pompes à chaleur, nécessitant des adaptations technologiques
- Des scénarios climatiques extrêmes, comme l’effondrement de l’AMOC, pourraient rendre obsolètes certaines installations actuelles
- Malgré ces défis, les pompes à chaleur restent prometteuses, notamment pour leur polyvalence
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Vraiment n’importe quoi.le régime des vents a plutôt tendance a diminuer, consultons plutôt les données météo que l’avis au doigt mouillé d’un pilote amateur…
Encore un pseudo écolo intégriste qui veux un poste subventionné en prédisant la fin du monde .
Le sahara de -10.000 ans etait une foret humide et les glaciers ( + mammouths) descendaient jusque Lyon .
Surement la faute a homo sapien ?
Je prefere que ça se rechauffe que d’imaginer un nouvel age glaciaire .
Quelle confusion !
Il y a le cycle des glaciations (globales) et les fluctuations locales du climat (sécheresses notamment). Le réchauffement climatique est planétaire et fait entrer la Terre dans une zone inconnue.
La Terre en a vu d’autres, mais cette fois, la météorite, c’est nous.