Volkswagen s’apprête à porter un nouveau coup dur à ses salariés. Le constructeur s’apprête désormais à geler les salaires de ses 660 000 employés à travers le monde jusqu’en 2030. Cette mesure, baptisée « Nullrunde », s’appliquerait à l’ensemble des grilles tarifaires et suspendrait toute hausse des rémunérations pour les quatres prochaines années.
Une décision détonante dans le contexte économique. Alors que l’inflation est toujours d’actualité, ce gel représenterait une perte de pouvoir d’achat estimée à au moins 10 %. D’autant que la marque a également réduit les bonus annuels, et cherche à augmenter le temps de travail, sans revalorisation salariale à la clé.
Suppressions d’emplois
Il y a quelques semaines à peine, l’entreprise validait son « Future Plan 2030 », une vaste restructuration qui vise à ramener sa rentabilité aux standards du marché. Ainsi, elle prévoit déjà de supprimer 100 000 emplois d’ici à la fin de la décennie. Le PDG, Oliver Blume, entend également réduire de moitié le catalogue de véhicules pour générer des économies massives.
D’après la presse allemande, Volkswagen a pris la décision unilatérale d’annuler la quasi-totalité de ses conventions collectives d’entreprise. De quoi remettre à plat des décennies d’accords sociaux avant le début des négociations qui devraient s’ouvrir fin novembre. Sans surprise, les syndicats, et notamment IG Metall, dénoncent une approche « absurde » et promettent une vive résistance.
Le débat s’annonce très houleux : si la direction considère la baisse du coût du travail comme un passage obligé pour préserver sa compétitivité internationale, les syndicats rétorquent que les salaires ne représentent qu’une fraction marginale du coût final d’un véhicule. Selon eux, elle doit avant tout accélérer son rythme d’innovation et séduire de nouveau les acheteurs.

Une crise sans précédent
Pour rappel, Volkswagen traverse une crise sans précédent, notamment en raison de difficultés sur le marché chinois, considéré comme le poumon financier du groupe. Alors que la concurrence locale est ultra féroce, les livraisons de la firme s’y sont effondrées de plus de 30 % au premier semestre. Et en Europe, l’électrification plus lente que prévu et la hausse globale des coûts industriels pèsent lourdement sur la rentabilité.
Début septembre, elle était évincée de l’Euro Stoxx 50, qui rassemble les 50 plus grandes entreprises cotées de la zone euro. Un signal on ne peut plus clair.
- Volkswagen veut bloquer les salaires de ses 660 000 employés jusqu’en 2030.
- La direction a résilié ses conventions collectives avant les négociations de novembre avec le syndicat IG Metall.
- Le groupe cherche à économiser drastiquement pour compenser des coûts de production trop élevés et l’effondrement de ses ventes en Chine.
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