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Ce ne sera pas 50 000, mais 100 000 emplois supprimés chez Volkswagen : le géant allemand n’arrive pas à sortir de la tourmente

Volkswagen entame la plus vaste restructuration de ses 89 ans d’histoire. Face à une concurrence chinoise féroce et des coûts vertigineux, la marque allemande annonce des mesures drastiques pour essayer de sauver son avenir.

Au lendemain de son éviction de l’indice Euro Stoxx 50, Volkswagen approuve le « Future Plan 2030 », la plus vaste restructuration des 98 ans d’histoire du constructeur. Le PDG, Oliver Blume, salue « un signal fort pour l’avenir du groupe », assurant vouloir « investir une somme à trois chiffres en milliards pour rendre nos marques emblématiques encore plus attractives, plus fortes et plus compétitives ».

Les conséquences vont être considérables : le groupe, qui emploie environ 650 000 personnes à travers le monde va supprimer 50 000 postes supplémentaires. Une mesure qui s’ajoute aux 50 000 départs déjà programmés, portant le total à 100 000 réductions d’effectifs d’ici la fin de la décennie.

Le plan cible en particulier la surcapacité industrielle européenne, estimée à plus de 500 000 véhicules par an. Quatre usines allemandes emblématiques, (Emden, Zwickau, Hanovre et Neckarsulm), sont directement menacées. Sans attribution garantie de nouveaux modèles à compter de 2031, la direction étudie des reconversions alternatives.

Volkswagen Vehicule Militaire
© ricochet64 / Shutterstock.com

Pourquoi Volkswagen souffre autant

Une cure d’austérité qui vise à enrayer une spirale financière préoccupante. Car, si le marché chinois fut un moteur de la croissance de Volkswagen, ses livraisons y ont chuté de 31,6 % au premier semestre 2026. En cause, la concurrence extrêmement féroce des acteurs locaux comme BYD ou Geely.

Et le tableau n’est guère plus réjouissant en Europe. La transition vers l’électrique s’avère, en effet, plus lente et coûteuse que prévue. Pâtissant des coûts de production supérieurs d’environ 30 % à ceux de ses rivaux asiatiques, le constructeur subit de plein fouet la hausse des prix de l’énergie, ainsi que les pressions douanières venues d’outre-Atlantique.

Confronté à une chute de 30 % de son bénéfice après impôts au premier semestre, Volkswagen a pris la décision d’ajuster ses activités à la réalité d’un marché contracté.

Les autres mesures phares

Ce vaste plan comprend d’autres volets. Par exemple, Volkswagen va drastiquement simplifier son offre commerciale : d’ici à 2035, la marque prévoit de réduire son portefeuille de modèles de 50 % et de diminuer la complexité de ses options de 75 %. Objectif : concentrer la production sur des véhicules à gros volumes pour réaliser d’importantes économies d’échelle.

Sur le plan financier, l’entreprise cible une marge opérationnelle de 9 % d’ici 2030 et va tailler d’un tiers dans ses participations et actifs non stratégiques. En parallèle, elle compte investir 135 milliards d’euros entre 2027 et 2031 dans les technologies d’avenir, les architectures logiciels et le développement de ses activités en Amérique du Nord.

Le plan acte enfin une refonte de la gouvernance : la structure de direction sera allégée et le pouvoir de validation du conseil de surveillance sera restreint aux décisions stratégiques majeures afin d’accélérer les prises de décision. Reste à voir si cette feuille de route permettra au mastodonte allemand de retrouver l’agilité nécessaire pour affronter la mutation du secteur.

  • Volkswagen double la mise en portant à 100 000 le nombre de suppressions d’emplois d’ici à 2030.
  • Le groupe pâtit de coûts élevés, d’une surcapacité européenne et de la chute de ses ventes en Chine.
  • Le plan prévoit de couper 50 % de la gamme de modèles et d’investir 135 milliards d’euros dans les technologies clés.

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