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Les travailleurs de l’ombre de ChatGPT témoignent

Les intelligences artificielles ne fonctionnent pas toutes seules, mais elles reposent sur le travail, peu considéré, de nombreux humains.

  • Pour former ChatGPT et l’entraîner, OpenAI emploie au moins 1000 contractants à travers le monde
  • Pour certains, ce travail est vécu positivement, mais pour d’autres en revanche, cette mission est un très mauvais souvenir
  • Des observateurs appellent à de meilleures conditions de travail pour ces employés indispensables aux progrès de l’IA

Lorsque vous utilisez ChatGPT, l’automaticité et la rapidité des réponses ont de quoi impressionner. Toutefois, cette réussite ne tombe pas du ciel et elle repose sur le travail de nombreux employés de l’ombre qui ont alimenté les données de cette IA et ont purgé cette base d’apprentissage. En tout, OpenAI a embauché 1000 contractants à distance pour étiqueter les informations et former son modèle de langage, d’après des chiffres datant de janvier dernier.

Un travail indispensable

Nos confrères de NBC ont justement pu échanger avec certains travailleurs américains. C’est notamment le cas d’Alexej Savreux originaire de Kansas City. Ce dernier est payé 15 dollars de l’heure sans autres avantages sociaux. On est très loin des grandes rémunérations de la Tech, mais l’homme, âgé de 34 ans, s’en satisfait.

Il a surtout conscience de l’importance de sa mission : « Nous sommes des travailleurs de base, mais sans nous, il n’y aurait pas de modèles de langage. Vous pouvez concevoir tous les réseaux neuronaux que vous voulez, vous pouvez impliquer tous les chercheurs que vous voulez, mais sans étiqueteurs, vous n’avez pas de ChatGPT. Vous n’avez rien ».

De son côté, Jatin Kumar, 22 ans et jeune diplômé d’informatique, travaille dans ce domaine depuis un an. Il explique que son job lui permet de « commencer à réfléchir aux moyens d’utiliser cette technologie avant qu’elle n’arrive sur les marchés publics ». Joignant les actes à la parole, il a lancé sa propre startup, Bonsai, un logiciel d’aide à la facturation pour les hôpitaux.

Il révèle les contours de sa mission. Concrètement, il discute avec le chatbot pour le former. Il reçoit de nouvelles tâches toutes les 30 à 45 minutes. Par exemple, il pose parfois des questions très simples à l’IA : « Quelle est la capitale de la France ? » Puis il apporte des corrections aux réponses pour affiner le modèle.

Ces témoignages, plutôt positifs, contrastent avec une autre enquête publiée par le magazine Time en début d’année. Il était question de l’entreprise Sama qui a embauché des travailleurs kényans payés moins de 2 euros de l’heure pour expurger la base de données de toute sa toxicité. Certains employés ont fait état d’un vrai traumatisme car ils ont dû traiter la description graphique de certains scènes abominables.

Vers de meilleures conditions de travail ?

D’une manière plus générale, le Partenariat sur l’IA, une organisation mondiale qui regroupe les plus grandes entreprises technologiques avait recommandé en 2021 au secteur de s’engager à verser une rémunération équitable et à fournir certains avantages sociaux à ces contractants.

D’après nos confrères, les sociétés ont toutefois tendance à se montrer assez pingres envers ces travailleurs de l’ombre, à l’exception de DeepMind, la filiale de Google, qui s’est publiquement engagée à respecter ces lignes directrices.

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1 commentaire
1 commentaire
  1. Amusant les répondants humains chargés d aider chargés!!!cela me rappelle les messageries roses du MINITEL ou on répondait aux clients

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