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L’ahurissant problème posé par les tatouages dans les jeux vidéo

Voici pourquoi on pourrait ne plus voir de joueurs tatoués dans les jeux vidéo de sport.

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Quelle ne fut pas la surprise de Gotti Flores, un tatoueur professionnel américain, quand on lui a demandé de signer un document donnant son autorisation de reproduire libre de droits un tatouage qu’il avait dessiné sur un joueur de la NFL, la Ligue de Football Américain, afin que ce dernier puisse être représenté dans un jeu vidéo. L’artiste, qui avait passé au moins quarante heures à tatouer le joueur, se souciait peu des droits d’auteur. Au contraire, voir ses œuvres reproduites dans les jeux vidéos les plus prisés ne pouvait que lui apporter de la notoriété, et donc potentiellement d’autres clients.

Oui mais voilà, les lois sur le droit d’auteur et la propriété intellectuelle sont passées – aussi – par là : quelque soit le support sur laquelle elle est affichée, la création d’un artiste reste son entière propriété. Autrement dit, votre tatouage, celui qui est incrusté en vous, dans votre peau, dans votre plus profonde intimité, ne vous appartient pas. Il appartient à vie à celui qui l’a créé et dessiné. Ce qui revient à dire qu’une partie de vous… n’est pas à vous.

Des tatouages qui peuvent coûter une fortune… en procès

Une caractéristique quelque peu incongrue dont certains avocats américains, toujours plus avides de dollars bien frais, se sont récemment emparée pour réclamer des sommes folles à certains éditeurs de jeux vidéo, au prétexte qu’ils bafouaient les droits des auteurs de tatouages reproduits généreusement dans leurs œuvres. Pour le commun des mortels, ce n’est même pas un sujet. Les avocats conviennent généralement qu’une licence implicite permet aux gens d’afficher librement leurs tatouages en public, y compris à la télévision ou sur les couvertures de magazines. Mais lorsque les tatouages sont recréés numériquement sur les avatars dans les jeux vidéo sportifs, la question du droit d’auteur peut devenir un problème. Selon Michael A. Kahn, un avocat spécialisé en droit d’auteur qui représente le créateur du tatouage du visage sur le boxeur Mike Tyson, « Les jeux vidéo sont un tout nouveau domaine. Il y a LeBron James, mais ce n’est pas LeBron James. C’est une version dessin animée de lui. »

Electronic Arts, par exemple, recrée plus de cent tatouages dans ses jeux FIFA et UFC (imaginez le boulot que ça représente !), parmi lesquels la fresque en couleurs sur le bras droit de Lionel Messi. L’entreprise a fait face à une poursuite pour violation de droit d’auteur après que la couverture du jeu NFL Street ait inclus une illustration du joueur Ricky Williams et de certains de ses tatouages, mais l’artiste a retiré sa plainte en 2013. Conséquence directe, les syndicats de joueurs, dont un grand nombre accordent des licences de reproduction aux éditeurs de jeux vidéo, ainsi que les agents sportifs, conseillent aux athlètes d’obtenir des accords de licence avant de se faire tatouer.

Au cours des dernières années, trois procès ont été intentés contre Take-Two Interactive, un développeur et éditeur de jeux, et une de ses filiale, 2K Games. Une décision de la Cour fédérale dans l’un ou l’autre de ces cas pourrait avoir un effet d’entraînement sur les jeux vidéo sportifs, qui mettent l’accent sur le réalisme. La société Solid Oak Sketches a obtenu les droits d’auteur de cinq tatouages sur trois joueurs de basket-ball – dont LeBron James – avant d’intenter une action en 2016, car ils ont été utilisés dans la série NBA 2K. L’année suivante, c’est un autre artiste qui attaquait en justice parce que le tatouage Gloria sur LeBron James, entre autres, était inclus dans la même franchise. puis en avril dernier, une autre artiste poursuivait en justice WWE 2K au motif que ses tatouages sur le lutteur Randy Orton avaient été inclus dans plusieurs itérations de son jeu.

Des artistes « protégés » malgré eux ?

Cela étant, les sociétés qui s’érigent en protectrices des droits des auteurs (pour de simple raisons pécuniaires, et pas du tout par philanthropie, évidemment) vont peut-être un peu vite en besogne, parfois au détriment des créateurs qu’elles prétendent défendre : Shawn Rome et Justin Wright, deux des trois artistes tatoueurs qui ont concédé leur travail sous licence à Solid Oak, ont ensuite affirmé qu’ils avaient été trompés par son fondateur et qu’ils n’avaient jamais souhaité un procès.

Il est toutefois difficile de déterminer les dommages et intérêts réels dans ce type d’affaire. Dans le cadre d’une poursuite intentée contre le développeur et éditeur de jeux THQ, qui a été dissous en 2013, un tatoueur avait demandé pas moins de 4,16 millions de dollars après que son tatouage avait été utilisé dans les jeux UFC Undisputed. Un juge du tribunal ayant enregistré la faillite de l’éditeur avait alors décidé que la valeur dudit tatouage n’était que de 22 500 $, les deux parties ayant ensuite conclu un accord amiable de gré à gré dont la teneur n’a pas été dévoilée.

Cette menace permanente de l’atteinte aux droits d’auteur et donc, pour les éditeurs, de se retrouver devant les tribunaux, pourrait tout simplement conduire à une solution radicale : que les tatouages soient purement et simplement effacés des avatars des joueurs, ou remplacés par des créations maison. Le public n’y verrait probablement que du feu. Reste à savoir si alors ce ne seraient pas les athlètes eux-mêmes qui pourraient attaquer les producteurs de jeux vidéo, au prétexte d’atteinte à l’intégrité de leur image ou de leur personne.

Bref, quelque soit le secteur, la question des droits d’auteur reste un véritable casse-tête. Et une manne financière inépuisable pour les avocats.

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7 Commentaires

7 Commentaires

  1. Patrick

    29 décembre 2018 at 12 h 54 min

    Quand on achète un tableau, il nous appartient en totalité, et on peut en faire ce que l’on veut. (des cartes postales, ou autre).

    Il n’y a aucune raison que ce soit différent pur les tatouages, qui sont une sorte de tableau fait sur la peau.

    N. B. Ces dernières semaines, il a a eu des remous sur les droits d’auteur. Je ne sais pas si désormais, l’acheteur d’un tableau a le droit d’utiliser le tableau comme il veut. Si ce n’est pas le cas, il va lui falloir demander au peintre la libre utilisation du tableau (en précisant qu’il n’y a pas de paiement de droits d’auteur d’auteur supplémentaires – le tableau ayant déjà été payé°
    Parce que sinon, les peintres n’auront plus de clients. Autant passer par une intelligence artificielle ou un logiciel qui nous donnera une illustration.
    A trop tirer de façon inappropriée sur les droits d’auteur, on risque surtout de nuire aux peintres.

    • Yakapa

      29 décembre 2018 at 16 h 27 min

      Mdr. Justement, non, même acheter tu ne peux pas en faire ce que tu veux. Tu es censé demander l’autorisation à son créateur. Sinon, il est en droit de demander des dommages et intérêts : c’est lui, qui l’a pensé, imaginé, créer, réalisé, … Et pas toi ! Tableau, tatouage, livre, film, sculpture, la Joconde, etc, .. d’office, en France, c’est protéger par les droits patrimoniaux ! Et PERSONNE, tu entends, PERSONNE, n’a la propriété d’une CRÉATION originale, à par son auteur ! 😉 À bon entendeur hi hi

    • Nicolas

      29 décembre 2018 at 20 h 06 min

      « Quand on achète un tableau, il nous appartient en totalité, et on peut en faire ce que l’on veut. (des cartes postales, ou autre). »

      Totalement faux, renseignez-vous.

    • Ascagne

      30 décembre 2018 at 11 h 12 min

      Non tu ne peux pas en faire ce que tu veux, et ça ne date pas des dernières semaines. En France, si le tableau n’est pas dans le domaine public et que tu veux en faire des cartes postales tu dois avoir l’autorisation de l’auteur (ou de ses ayants droits s’il est mort depuis moins de 70 ans) et les payer proportionnellement au nombre de cartes postales que tu veux vendre et en fonction du temps d’exploitation. Et c’est normal parce que l’auteur n’a pas forcément envie de voir son oeuvre sur des cartes postales, des tasses ou je ne sais quoi et qu’il n’y a pas de raison que tu fasses de l’argent avec le travail de quelqu’un d’autre sans qu’il en reçoive une part. L’auteur t’as vendu une image, pas le droit d’en faire des milliers de reproductions. Sinon moi je t’achètes une de tes cartes postales à 50 centimes, je la reproduis et je fais plein de fric avec sans que tu puisses rien dire.

      Et il y a également des droits d’auteur qui ne peuvent être cédés : par exemple, même si tu as obtenu le droit de faire des cartes postales tu n’as pas le droit de prétendre être l’auteur du tableau.

  2. Minisnaky

    29 décembre 2018 at 13 h 47 min

    C’est idiot ! Les artistes tatoueurs et les tatoués préféreraient ils voir une grosse tache de couleur à la place de leurs œuvre d’arts dans leur représentation vidéo ludique ?

  3. Yo

    30 décembre 2018 at 12 h 39 min

    C’est quoi cet article totalement orienté ? Bien entendu que ya du droit d’auteur.
    Et c’est quoi encore ce discours qui sous tendrait qu’un artiste se satisfait de « l’exposition que ça rapporte » ? Vous pensez sincèrement que des gens qui voit un tatouage dans un jeu vidéo vont aller chercher qui est le tatoueur et vont lui en commander un ? Des boites comme Take 2, EA, etc … bien entendu que tu les fais cracher. C’est comme ça que ça se passe.
    Si le truc est indispensable, c’est que ça a de la valeur, donc ils doivent payer. S’ils ne veulent pas payer, c’est qu’ils estiment que ça n’a pas de valeur, donc ils en ont pas besoin dans leur jeu. CQFD

    PS : à Patrick : « Quand on achète un tableau, il nous appartient en totalité, et on peut en faire ce que l’on veut. (des cartes postales, ou autre). » Euh non, jamais de la vie. Essaye donc d’en faire une utilisation commerciale et tu verras que tu auras quelques problèmes si l’artiste d’en aperçoit.

  4. Julien

    3 janvier 2019 at 13 h 30 min

    Bien d’accord avec Yo,
    T’achètes un support, pas le motif ! Si t’es pas content de pas le possèder, tu inventes toi même un motif ! C’est quoi cette mentalité de gamin du « j’achète donc c’est à moi », pire, une mentalité de voleur
    Le droit ça s’invente pas, c’est justement pour protéger les artistes de cette mentalité de parasite

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