Apple avait déjà dû céder devant le Digital Markets Act – un texte qui introduit de nouvelles règles pour imposer plus de concurrence en Europe. La firme accepte ainsi à partir du 7 mars d’accepter le sideloading d’applications sur iPhone ainsi que des magasins d’applications alternatifs à l’Apple Store.
Toutefois la question de ce qu’il allait advenir de iMessage restait encore en suspens – et faisait à Bruxelles l’objet d’un intense lobbying. En effet, le DMA considère que toutes les plateformes comptant plus de 45 millions d’utilisateurs européens sont des gatekeepers, et doivent donc proposer une interopérabilité avec d’autres solutions concurrentes.
Apple ne devra pas changer quoi que ce soit dans iMessage
Si iMessage était tombé sou le coup du DMA, cela aurait voulu dire que la messagerie par défaut des iPhone aurait été obligée d’accepter des protocoles concurrents comme WhatsApp. Toutefois, au final, la Commission a décidé que la messagerie ne jouit pas d’une position suffisamment dominante pour entrer dans le périmètre de la Loi.
Même avis pour Microsoft avec le moteur de recherche Bing (moins de 3% de part de marché dans le monde), le navigateur Edge (installé par défaut sur Windows, mais n’atteignant que 4,6% de part de marché), ou les services publicitaires de la firme.
Si l’on comprend facilement pourquoi la Commission a décidé de ne pas appliquer le DMA à Microsoft, l’explication de cette dérogation dont bénéficie Apple reste plus complexe à déterminer. iMessage reste en effet la messagerie de choix des utilisateurs d’iPhone.
Toutefois il est probable que l’Europe souhaite ménager un peu la firme de Cupertino qui vient de se plier à plusieurs décisions contraignantes en Europe. La firme doit par ailleurs implémenter courant 2024 le RCS sur iPhone, ce qui ouvre déjà un peu l’application de messagerie.
Une victoire pour Apple et Microsoft
Pour défendre son point de vue, Apple aurait souligné des mois durant que iMessage n’est pas une application à part entière, mais simplement une fonctionnalité de l’application SMS.
“Nous remercions la Commission d’être d’accord avec nous sur le fait que iMessage ne devrait pas être visé par le DMA (Digital Markets Act),” déclare un porte-parole d’Apple dans un communiqué repris par France24.
“Les consommateurs ont aujourd’hui accès à une grande variété d’applications de messagerie, et utilisent souvent plusieurs applications à la fois, ce qui reflète la facilité de passer de l’une à l’autre”, ajoute la firme
De son côté, Microsoft salue “la décision de la Commission d’exempter Bing, Edge et Microsoft Advertising, qui opèrent en tant que challengers sur le marché“. Et d’ajouter : “Nous continuerons à travailler avec la Commission et l’industrie en général pour garantir que les autres plateformes désignées de Microsoft se conforment pleinement au DMA.”
- Apple et Microsoft remportent une victoire sur le DMA après la dernière décision de la Commission Européenne.
- Cette dernière considère que ni iMessage, ni divers services et applications de Microsoft ne peuvent être visés par le texte européen.
- De quoi ménager un peu les deux firmes, notamment Apple qui s’est vu récemment imposer des changements importants dans les iPhone.
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