IA : Notre ambition pour la France, c’est le titre du rapport remis ce mercredi 13 mars 2024 à Emmanuel Macron par la Commission de l’intelligence artificielle. Composée d’une trentaine d’experts, elle est dirigée par l’économiste Philippe Aghion et Anne Bouverot, présidente du conseil d’administration de l’École normale supérieure.
Des métiers menacés par l’IA
Très riche en prospective, ce document de 130 pages aborde de nombreuses conséquences de ces innovations : santé, création artistique, environnement, souveraineté… Mais il insiste aussi sur l’économie et les conséquences de l’IA sur l’emploi.
Les experts estiment tout d’abord que pour 19 emplois sur 20 examinés dans cette analyse, certaines tâches ne sont pas réalisables par une IA. Toutefois, 5 % d’entre eux seront bien impactés par cette technologie.
C’est notamment le cas de certaines tâches administratives et commerciales qui sont automatisables. Et les spécialistes de citer les comptables, les secrétaires, ou encore les télévendeurs avec un impact majeur en termes de risques pour l’emploi.
D’autres missions, parfois assurées par des freelances, ont d’ores et déjà été touchées par l’émergence de l’intelligence artificielle générative. Les auteurs du rapport mentionnent notamment une étude qui démontre l’impact négatif de ChatGPT sur les métiers nécessitant la saisie de données, la conception graphique, le développement de logiciels, et du marketing.
Enfin, certaines professions intellectuelles « intellectuelles » (juristes, journalistes, interprètes) ne seront pas totalement remplacées par des IA mais certaines de leurs missions sont menacées par l’IA générative. Le rapport explique ainsi :
Certains métiers de la connaissance, de la stratégie et de la créativité (médecins, enseignants, avocats, journalistes, artistes…), autrefois perçus comme des creusets de l’intelligence humaine, pourraient être concernés par une réduction du nombre total d’emplois.
« Tout le monde va être concerné »
Pour compléter, on peut citer la recherche d’Antonin Bergeaud, économiste de la croissance et de l’innovation qui enseigne à HEC Paris. Ce dernier a passé au crible 16 937 tâches liées à 873 métiers. Pour chacune d’entre elles, il a utilisé GPT-4 avec une requête spécifique afin de voir si l’IA pourrait effectuer cette mission dans un avenir proche, rapporte Challenges.
Cité par nos confrères, il souligne ainsi : « Tout le monde va être concerné, même le cuisinier qui peut se faire aider pour mettre au point ses recettes, organiser ses achats, explique-t-il. Mais le niveau d’automatisation est évidemment plus élevé dans les métiers où les tâches sont standardisées et répétitives. »
Mais certaines professions sont selon lui bien davantage exposées. Il en va ainsi des comptables, des télévendeurs, et des secrétaires, ce qui rejoint l’analyse de la Commission de l’intelligence artificielle. À l’inverse, les concierges, les aides ménagères, et les bouchers sont les moins menacés.
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