Midjourney, DeviantArt et Stability AI fonctionnent tous les trois sur le même principe. Il s’agit de vastes modèles d’apprentissages spécialisés dans la création de visuels. Entraînés sur des milliards d’images disponibles sur le web, ces IA permettent de créer des images originales et a priori uniques à partir d’une demande sous forme de texte.
En soit le résultat est totalement bluffant. Mais les productions de ces IA soulèvent aussi des questions. Notamment celle des données qui ont servi à entraîner le modèle – et en particulier la rétribution des artistes humains lorsque des images protégées par copyright ont été utilisées dans l’apprentissage sans l’accord du créateur.
Les IA qui créent des images violent-elles la loi sur le copyright ?
Selon une class-action lancée par des artistes en Californie, Midjourney, DeviantArt et Stability AI “ont violé les droits de millions d’artistes” en utilisant des images protégées sans en demander préalablement l’autorisation. La plainte estime que les artistes en question devraient recevoir une compensation.
D’autant que ces entreprises sont bien des aventures commerciales – et qu’elles tirent des profits du modèle ainsi entraîné. Le recours à ces outils risque de réduire les opportunités pour les illustrateurs dans un futur très proche. Dans le document de la plainte on peut ainsi lire : “l’atteinte aux artistes n’est pas hypothétique” puisque des créations de ces IA sont “déjà vendues sur internet [comme des oeuvres originales] ce qui siphonne les commissions des artistes eux-mêmes”.
Or la plainte a été initiée par trois artistes dont les travaux ont justement été utilisés dans ces modèles d’apprentissage. Il s’agit de Sarah Andersen, créateur de Sarah’s Scribbles/ Kelly McKernan, un artiste régulièrement exposé dans des galeries, et qui a aussi une activité d’illustrateur pour des bandes dessinées, livres et jeux. Enfin, Karla Ortiz travaille, entre autres, avec des acteurs comme Marvel film Studios et Wizards of the Coast.
Le procès devrait bientôt s’ouvrir – il sera tranché par un jury. L’accusation demande aux firmes concernées le paiement de dommages et intérêts. Au-delà la plainte pose une vraie question : comment d’un côté les firmes qui entraînent de vastes modèles peuvent s’assurer qu’ils l’assentiment des créateurs pour chaque travaux utilisés dans l’apprentissage.
Et comment de l’autre les artistes peuvent détecter que leurs travaux ont été indûment utilisés par une IA. Et le détecter est complexe. De leur côté, les firmes qui éditent ces IA se défendent de tout viol de copyright. Stability AI, par exemple, ne pense pas que les demandes des artistes sont fondées :
“Notez que nous prenons ces choses très au sérieux. Toute personne qui pense que ce n’est pas juste ne comprend pas la technologie et méconnaît la Loi”, explique un porte-parole de Stability AI.
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