Vous les avez peut-être vu passer. Sur les réseaux sociaux, des offres circulent pour vous proposer d’intervenir sur votre compteur Linky. Ces dernières promettent de réduire votre consommation d’électricité de 60 %, voire même davantage. Dans ces conditions, il peut être tentant de se lancer, mais c’est une très mauvaise idée comme l’a démontré Le Figaro dans une enquête consacrée à ce business illégal.
Des fraudeurs très présents sur les réseaux sociaux
Le journal n’a mis que quelques minutes pour trouver un compte Telegram qui propose cette opération sur Linky. Les prix proposés vont de 400 à 500 euros pour une intervention rapide (entre 15 et 20 minutes). Ces “artisans” peu regardants sur la légalité interviennent notamment dans les grandes villes de l’Ouest et du Nord-Est.
En contactant une quinzaine de ces services sur Snapchat et Telegram, le média français a obtenu une réponse très rapide. Ces acteurs peu scrupuleux semblent même avoir pignon sur rue et proposent d’intervenir dans des entreprises. Des formations pour apprendre à modifier soi-même les compteurs pour la modique somme de 1650 euros sont également vendues.
Contacté par Le Figaro, un des “électriciens” qui effectue ces opérations depuis 2020 a engrangé pas moins de 100 000 euros en quatre ans. Il affirme d’ailleurs que ces interventions sont sécurisées et s’engage à intervenir en cas de visite d’un agent Enedis pour que tout paraisse normal. Il soutient en outre qu’il n’y a aucun risque et que “c’est sûr à 100 %”.
Des risques très concrets si vous êtes repérés
Une version clairement contredite par la filiale d’EDF qui évoque des risques d’électrification et d’incendie. En avril dernier, nous rapportions déjà les propos d’Éric Salomon, directeur clients chez Enedis. Ce dernier soulignait : “Et dans un immeuble (lieu le plus propice à cette pratique, car la fraude est moins détectable dans les zones à forte densité), cela constitue aussi une mise en danger de la vie d’autrui. Il reste interdit d’ouvrir le capot du Linky”.
Il ajoutait :
Toute tentative de fraude est repérée grâce aux milliers de contrôleurs assermentés sur le terrain et aux 250 agents qui travaillent devant leur ordinateur grâce aux alertes et à l’intelligence artificielle. On détecte donc bien mieux les fraudes aujourd’hui qu’avant.
Et en cas de tricherie avérée, la justice pourra être saisie, tandis qu’un remboursement de l’électricité non payée sera exigé. Au pénal, les clients fraudeurs s’exposent par ailleurs à des amendes allant de 3000 à 6000 euros. De quoi y réfléchir à deux fois avant de prendre votre décision.
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