“Ce n’est pas que je n’ai pas assez, c’est juste que je ne veux pas dépenser”. Dans une vidéo postée sur TikTok, l’utilisateur Lukas Battle présente à merveille la nouvelle tendance du #loudbudgeting. Ce hashtag qui cartonne aux États-Unis a déjà cumulé plus de 10 millions de vues sur le réseau social.
@lukasbattle Replying to @operelly LOUD BUDGETING IS THE NEW 2024 trend
Concrètement, il s’agit de partager ouvertement ses envies d’épargne et d’économies avec ses proches. L’idée est donc de ne plus dépenser pour des produits ou des services jugés inutiles en se fixant un objectif concret à plus long terme. Le tout bien sûr en le criant haut et fort sur les réseaux sociaux.
Une révolte de la jeunesse contre l’injonction à consommer
Invité de l’émission Good Morning America, Lukas Battle, devenu le fer de lance de ce mouvement, explique ainsi : “Mon ami veut sortir dîner. Je vais simplement lui envoyer un message disant ‘loud budgeting’ ce mois-ci. Je pense que la transparence financière avec vos amis est quelque chose dont vous n’avez pas à être gêné”.
Pour résumer, il s’agirait donc d’une forme de réponse de la génération Z (personnes nées entre 1997 et 2010) à la société de consommation et à l’injonction à la dépense. Dès lors, ces jeunes adoptent un réflexe à chaque fois qu’ils sortent leurs cartes bancaires : ai-je vraiment besoin de cet achat ou ne s’agit-il juste que d’une pulsion ? Dans ce cas, et au lieu de passer à l’acte, il leur semble judicieux de mettre le montant en question de côté.
Ce n’est sans doute pas un hasard si cette tendance est apparue aux États-Unis. L’enjeu de la dette privée y est prépondérant. Alors que de nombreux étudiants doivent souscrire des prêts onéreux pour intégrer leurs universités, il faut surveiller avec soin ses dépenses pour ne pas sombrer.
Citée par Bloomberg, Yanely Espinal, directrice de l’action éducative de Next Gen Personal Finance, une organisation à but non lucratif d’éducation financière, salue ce mouvement :
Cela rappelle à tout le monde qu’il faut avoir un budget et qu’il faut pouvoir s’y référer très facilement et rapidement. Nous devrions être en mesure d’évaluer les rentrées et les sorties d’argent et de dire, voilà pourquoi je ne peux pas le faire parce que je n’ai pas assez dans cette catégorie de mon budget, ou que j’ai déjà épuisé le montant que j’ai mis dans cette catégorie pour ce mois-ci, alors je dois attendre le mois prochain.
Pratiquer le “loud budgeting” nécessite en tout cas de la transparence et du franc-parler pour faire comprendre à vos proches que l’on refuse leur invitation pour une raison très concrète, et ne pas briser votre entente.
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Bravo la jeunesse !
Ce qui m’étonne c’est qu’il semble devoir falloir s’y mettre à plusieurs pour envisager un comportement social bâti autour de ce qui reste une prise de conscience somme toute individuelle ; ce que je crains dans les décisions collectives c’est qu’elles ne durent que l’espace d’un matin, telle la rose. On assiste à tant d’éruptions sociales sur les “réseaux” qui s’éteignent aussi vite qu’elles sont apparues, pour le meilleur comme pour le pire, dans cet environnement dorénavant plus kleenex que jamais. Dans le cas présent, l’espoir d’une lame de fond plutôt que d’une simple vaguelette sans lendemain.
Eh bien, un exercice sain qui sort de tiktok, c’est assez rare effectivement, après il faut savoir aussi se faire plaisir de temps en temps, c’est un juste milieu a trouver.