Sur la une du Time, elle apparaît entourée de figures proéminentes dans l’écosystème technologique mondial : le PDG de Meta, Mark Zuckerberg, le patron de NVIDIA, Jensen Huang, Elon Musk, Sam Altman, dirigeant d’OpenAI, mais aussi Lisa Su, Dario Amodei et Demis Hassabis, respectivement à la tête d’AMD, d’Anthropic et de Google DeepMind.
Au milieu de ces dirigeants et entrepreneurs, Fei-Fei Li fait figure d’exception : elle n’incarne ni un géant du numérique ni une startup star. Mais son nom est incontournable dans la filière, dans laquelle elle est qualifiée de « marraine de l’IA ». Une dénomination en miroir des trois « parrains » du deep learning, Geoffrey Hinton, Yann LeCun et Yoshua Bengio.
D’ailleurs, elle a longtemps accueilli cette étiquette avec prudence, avant d’y voir un symbole utile pour rendre visibles les femmes scientifiques dans un domaine historiquement dominé par les hommes. Son influence, elle, ne fait aucun débat.

ImageNet, le tournant décisif de l’IA
Née en Chine en 1976, Fei-Fei Li émigre adolescente aux États-Unis. Elle étudie la physique à Princeton, puis l’ingénierie électrique à Caltech avant de s’orienter vers l’informatique et la vision par ordinateur. C’est à la fin des années 2000 qu’elle pose la pierre angulaire de sa renommée : ImageNet.
Lancé en 2007, ce projet colossal rassemble plus de 14 millions d’images annotées, couvrant des dizaines de milliers de catégories. Une initiative qui surprend à l’époque, jusqu’à susciter du scepticisme par son ampleur. Elle va pourtant changer la donne.
En fournissant aux algorithmes des volumes de données sans précédent, ImageNet permet l’essor spectaculaire du deep learning. Les performances en reconnaissance d’images s’envolent, ouvrant la voie à de nombreuses applications comme les voitures autonomes à l’imagerie médicale. Beaucoup décrivent ImageNet comme « les yeux de l’IA ».

Augmenter les capacités humaines
Fei-Fei Li défend depuis une vision claire : une intelligence artificielle ancrée dans le réel, capable d’interagir avec son environnement, et pensée pour augmenter les capacités humaines plutôt que les remplacer. Une approche qu’elle promeut aussi à Stanford, où elle est co-directrice du Human-Centered AI Institute, dédié à une IA plus éthique et centrée sur l’humain.
Aujourd’hui, elle est aussi à la tête de World Labs, une jeune entreprise qui travaille sur l’intelligence spatiale et les « world models », ces systèmes capables de comprendre et de raisonner sur le monde physique. Une nouvelle frontière pour l’IA, et une suite logique pour celle qui lui a appris à voir.
- Fei-Fei Li a été élue personnalité de l’année par le Time aux côtés de sept autres « architectes de l’IA ».
- Elle est considérée comme la « marraine de l’IA » pour avoir créé ImageNet, le jeu de données qui a déclenché la révolution du deep learning et rendu possibles les IA modernes.
- Aujourd’hui, entre Stanford et sa startup World Labs, elle défend une IA ancrée dans le réel, pensée pour augmenter les capacités humaines plutôt que les remplacer.
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