TikTok et Meta dans le collimateur de l’Union Européenne. Encore ! La Commission Européenne livre aujourd’hui les résultats de son enquête préliminaire contre les deux géants. La conclusion est sans appel : ils trichent avec la modération et la transparence des algorithmes.
Ici, ce sont les réseaux sociaux qui sont pointés du doigt. TikTok, Instagram, Facebook ou Threads. Dans son rapport, l’UE reproche trois choses aux géants : un manque de transparence sur le fonctionnement des algorithmes, un manque de clarté dans le processus de signalement des contenus illicites et une difficulté pour les utilisateurs de contester les décisions de modération. Bref, des infractions notables au DSA (Digital Service Act), loi pensée pour protéger les usagers du vieux continent.
L’Union Européenne reproche le fonctionnement obscur de certaines mécaniques
Les géants du numérique sont accusés de rendre le signalement des contenus illicites décourageant pour les utilisateurs. Selon la loi, ces derniers doivent pouvoir dénoncer rapidement une publication qui tombe sous le coup de la loi, ce qui ne semble pas être le cas à cause d’une procédure trop complexe :
« Les mécanismes actuellement appliqués par Meta semblent imposer plusieurs étapes inutiles et des exigences supplémentaires aux utilisateurs. De plus, Facebook et Instagram semblent utiliser des « dark patterns », ou interfaces trompeuses, pour leurs mécanismes de notification et d’action. »
De l’autre côté de la barrière, certains utilisateurs se voient parfois bannir, injustement ou non. Ces derniers, selon la loi Européenne, doivent pouvoir faire appel de ces décisions, et surtout en connaître les raisons, ce qui n’est actuellement pas le cas. Vous vous faites bannir ou restreindre, vous ne pouvez que supposer de ce qui s’est passé.
Enfin, l’UE accuse clairement les géants du numérique de faire entrave aux chercheurs, qui doivent pouvoir avoir accès à certaines données pour comprendre comment fonctionnent les algorithmes. Là encore, c’est une obligation imposée par le DSA :
« Facebook, Instagram et TikTok pourraient avoir mis en place des procédures et des outils contraignants pour permettre aux chercheurs de demander l’accès aux données publiques. Cela les laisse souvent avec des données partielles ou peu fiables »
Bref, les entreprises ne se sont pas pliées aux exigences demandées. Cela n’est pas anecdotique et témoigne d’un certain mépris vis-à-vis des réglementations du vieux continent. Pourtant, ces sociétés risquent gros, très gros, puisque la DSA prévoit des amendes pouvant aller jusqu’à 6% du chiffre d’affaires annuel. Précisons toutefois qu’il ne s’agit ici que d’une enquête préliminaire et que les géants peuvent entamer une procédure de contestation avant d’être jugés.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.
