Rappelez-vous : l’an dernier, nous vous rapportions une étude prouvant que notre cerveau était un dépotoir à microplastiques (particules de moins de 5 mm). Une quantité telle qu’il serait possible d’en constituer l’équivalent d’une cuillère en plastique. Au début de l’année 2025, une autre étude établissait une corrélation encore un peu incertaine entre la présence de ces indésirables et une propension plus élevée – dans certains cas – à développer une forme de démence.
Un constat suffisamment désarmant, mais quatre nouvelles études, publiées dans Brain Medicine, viennent en rajouter une couche. L’angle choisi par les chercheurs : les aliments ultratransformés bourrés de plastique invisible. Ceux-ci contribueraient, à l’échelle mondiale, à l’augmentation des troubles mentaux. « Nous voyons émerger un faisceau d’indices convergents, qui devraient tous nous alarmer », affirme Nicholas Fabiano, de l’Université d’Ottawa. Lui et ses collègues rappellent que, dans certains pays comme les États-Unis, plus de la moitié des apports énergétiques proviennent de ces produits industriels.
Microplastiques, macroproblèmes : la voie directe vers la dépression
Les analyses de cette étude ont démontré que des nuggets, par exemple, contiennent jusqu’à trente fois plus de microplastiques qu’un blanc de poulet. Des particules microscopiques, issues des procédés de fabrication ou des emballages alimentaires, que notre organisme ne parvient pas à filtrer. Elles passent à travers la barrière hémato-encéphalique (frontière biologique censée protéger le cerveau des substances indésirables). Une fois à l’intérieur, elles se retrouvent par conséquent en contact direct avec les cellules cérébrales, au sein d’un environnement dans lequel leur présence n’a strictement rien à faire.
Les quantités sont bien sûr ce qui inquiète les chercheurs à l’origine de ces recherches, mais également les effets biologiques inhérents à la présence de ces substances dans notre organe cérébral. Les aliments ultra-transformés perturbent déjà l’équilibre cérébral : inflammation, stress oxydatif, dérèglement des neurotransmetteurs ; rien de nouveau sous le soleil. Des conséquences semblables à celles provoquées par les microplastiques.
Wolfgang Marx, du Food & Mood Center de l’Université Deakin, co-auteur de l’une des études en question, nous explique : « Cette hypothèse est particulièrement pertinente car nous observons une étonnante convergence des mécanismes biologiques »
Une autre des études mobilisées dans ce corpus a montré qu’une réduction de la consommation de ce type d’aliment était associé à une baisse des symptômes dépressifs. « L’objectif initial de l’étude était d’améliorer la qualité nutritionnelle de l’alimentation, mais il est probable que les changements opérés aient aussi réduit, de façon indirecte, l’ingestion de microplastiques. Cette piste reste toutefois spéculative, faute de mesures directes de l’exposition » expliquent les auteurs.
Même si le lien direct entre microplastiques et dépression n’est pas formellement tracé, les coïncidences s’accumulent. Des particules issues de notre alimentation, capables d’atteindre le cerveau, de s’y accumuler, et d’interférer avec les circuits de l’humeur : l’explication n’est pas encore complète, mais elle y gagne fortement en cohérence. Si l’aphorisme « nous sommes ce que nous mangeons » est bien réel, le résultat ne doit pas bien être beau à voir depuis l’intérieur.
- Des particules plastiques ont été retrouvées dans le cerveau humain, parfois en plus grande quantité chez des patients atteints de troubles cognitifs.
- Les aliments industriels ultra-transformés en sont une source majeure, et pourraient jouer un rôle dans certains déséquilibres mentaux.
- Des études suggèrent que réduire ces produits améliore l’état dépressif, possiblement en limitant l’exposition à ces polluants invisibles.
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