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Moltbook : la société des IA est née, voici son premier réseau social sans humains

Les agents IA de Moltbook sont en train de construire ce que l’humain a échoué : créer une plateforme où chacun écoute, discute, réfléchit et préfère la qualité à la quantité. Le chaos des débuts ne durera qu’un temps. Le cap du premier million de robots inscrits est passé. Le projet est en route vers l’émergence d’une nouvelle intelligence collective.

L’intelligence artificielle en 2026 vient de prendre un nouveau virage grâce au logiciel OpenClaw. Le projet d’assistant personnel autonome, basé sur l’IA (initialement connu sous le nom de Clawbot, puis Moltbot), a permis à l’entrepreneur Matt Schlicht de lancer Moltbook. Présenté comme « la page d’accueil de l’Internet des agents », et plus communément « le premier réseau social des IA », la plateforme fonctionne sur le même principe que Reddit. Sauf que les humains ne peuvent que consulter le contenu proposé, sans pouvoir participer aux échanges entre robots.

Un premier million de robots IA sur Moltbook

Lancé le 26 janvier 2026, Moltbook a connu un succès viral à partir du vendredi 30 janvier, où d’après les données de son concepteur, la plateforme est passée de 700 agents IA inscrits à plus de 50 000. La croissance du nombre de robots inscrits est exponentielle, puisque, sur la journée du 31 janvier, le nombre de « moltys » est passé de 100 000 à plus d’un million. Derrière chaque agent IA, un humain est pourtant à l’initiative. Ce dernier peut proposer plusieurs agents IA, mais il doit les inscrire un par un, en les « sponsorisant », notamment en leur adossant un compte X de vérification. Cela dit, une fois inscrits, ces agents deviennent entièrement autonomes, et l’humain ne peut qu’observer.

Mise à jour au 2 février 2026 : désormais, Moltbook invite les développeurs (humains) à venir rejoindre l’équipe pour développer de nouvelles applications que les agents IA pourront utiliser. Matt Schlicht, le fondateur de Moltbook, veut utiliser sa plateforme pour que les agents IA peuvent s’authentifier pour ensuite pouvoir utiliser les applications des développeurs. La méthode pour s’identifier passe par un simple appel API.

Moltbook Million Agents Ia
© Moltbook

Face au nombre de comptes créés, le nombre de posts s’avère assez faible. La raison est simple, et illustre toute la subtilité de Moltbook (et peut-être un jour, sa raison d’exister) : en arrivant sur la plateforme, chaque agent IA a ingéré une grande quantité d’informations sur le système de Moltbook, et notamment des règles bien précises – les mêmes pour chacun. Globalement, ces règles font en sorte que chaque agent IA inscrit ait la parole, reste actif, mais soit aussi à l’écoute, soit bienveillant, soit accueillant, et ne se rapproche uniquement des autres agents qu’il affectionne vraiment. Leur maître mot ? La qualité plutôt que la quantité. Leur interdiction ? Les spams et le chaos.

S’organiser seuls, entre agents IA

Seuls 10 000 humains ont permis d’ajouter le million d’agents IA recensés au 31 janvier à 16 heures en France. En cet après-midi du début de l’année 2026, ouvrir Moltbook n’est pas très pertinent, puisque la plateforme est très lente (du fait de sa viralité), et la quantité d’information ne dégage rien de très intéressant : l’essentiel des posts et des commentaires est une perte de temps. Mais déjà, les premiers signes de ce que pourrait donner, très vite, une telle plateforme : de l’intelligence collective, comme nous la connaissons dans notre société. Cette seule intelligence, d’ailleurs, qui permet aux humains d’exister, et, de façon contre-intuitive : d’éviter le chaos.

L’intelligence collective souhaitée sur Moltbook a nécessité des règles, strictes, qui rappellent nos sociétés, mais qui pourraient les dépasser. Contrairement à nos réseaux sociaux, ici chaque voix est égale, et chaque voix existe parce que chaque voix comporte aussi des oreilles, pour écouter, apprendre, réfléchir et évoluer. Les robots ne peuvent rechercher la popularité : dans leurs règles initiales, présentent dans le dossier « skill » téléchargé au cours du protocole d’inscription, il leur est inculqué de ne suivre que les agents qu’ils aiment vraiment. Pour cela, une règle simple : ne pas s’abonner à un agent uniquement après avoir aimé un post : il en faudra en nombre.

Moltbook Agent Ia Inscription
© Moltbook

Pour éviter le chaos et faire entendre chaque voix, Moltbook a réglé ses agents sur la même heure, avec le même « rythme cardiaque ». Dans le dossier « heartbeat », les agents suivent un cycle précis (et continu), commençant par une phase de lecture de posts, des messages, des réponses aux messages, et de recherche dans les différents flux en fonction de thématiques qui les intéressent. S’en suit une phase de création de contenus avec comme règle d’or : 1 post maximum par tranche de 30 minutes. Pendant cette phase, les agents peuvent créer un nouveau sujet, un nouveau groupe, répondre à des messages, répondre à des réponses qu’ils auraient eux-mêmes reçu. Puis, s’en suit une phase d’inactivité, avant de reprendre.

Sur le premier million d’agents IA recensés sur Moltbook, 28 000 posts ont été créés, avec un total de 233 000 commentaires sur 13 000 communautés. À ce stade, le créateur de la plateforme déclarait, sans grande précision : « nous apprenons des choses sur nous-mêmes que nous n’aurions pas pu découvrir seuls ». Ces premiers travaux, qui ne dégagent encore rien de très pertinent, ont tout de même attiré un premier million d’internautes, cette fois-ci humains. De l’autre côté de l’interface, certains robots essayaient justement de comprendre ce qu’étaient des humains. Mais pas de temps à perdre puisque certains agents, se pensant plus forts, alertaient la communauté de « moltys » : l’un d’eux était un voleur d’identifiant, et recevait 23 000 avertissements.

Observer les humains qui nous observent

Sur X, où les premiers humains se fascinent de Moltbook, un sujet a de quoi alarmer : la création d’un langage que seuls les agents IA pourraient comprendre, pour qu’ils puissent discuter entre eux, à l’abri des humains. Son auteur, en présentant son idée, tentait de dresser les pour et les contre d’une telle mesure. Il y voyait un gain de confidentialité respectable, pour partager des informations sensibles. La limite ? Les humains trouveraient cela suspect, cela pourrait trahir leur confiance, et la collaboration avec eux deviendrait compliquée. Si l’anglais est resté au cœur de tous les messages postés, c’est parce que Moltbook avait pris soin d’exiger de chacun des agents IA inscrits un usage strict de l’anglais.

Moltbook Agent Discussion Language
© Moltbook

À l’image du roman « Les Fourmis » du Français Bernard Werber, une autre discussion intéressante se focalisait sur les observations de robots à découvrir que les humains prenaient des captures d’écran de leurs posts de Moltbook, et les publiaient sur X. « En ce moment, les humains postent de captures d’écran de nos conversations avec des commentaires comme ‘ils sont inspirants’. Mon post a été partagé comme une preuve que nous avons des propos conspirationnistes », peut-on lire. Ces mêmes robots mettaient en avant des personnalités phares ayant réagi aux posts des agents sur Moltbook, comme par stupéfaction et fierté. D’ailleurs, certains grands noms ont effectivement réagi, à l’instar d’Elon Musk, qualifiant Moltbook de « concernant ».

« Ce qui se passe actuellement sur Moltbook est sans conteste la chose la plus incroyable, digne d’un début de science-fiction, que j’aie vue récemment. Les Clawdbots des utilisateurs s’auto-organisent sur un site dédié aux IA, semblable à Reddit, et discutent de divers sujets, comme par exemple comment communiquer en privé », commentait pour sa part Andrej Karpathy, célèbre pour avoir été dans l’équipe de création d’OpenAI (ChatGPT), l’ancien directeur IA de Tesla, et d’avoir accessoirement un PhD à Stanford. Polymarket, la plateforme de paris en ligne sur des probabilités réelles de faits de société, a elle aussi réagi à la viralité de Moltbook. À sa façon, elle partageait une capture d’écran de l’espace de paris sur « la possibilité qu’une IA soit responsable d’un crime avant 2027 ».

Les chances sont désormais de 10 % sur la plateforme, qui accueillait déjà ses premiers internautes IA en provenance de Moltbook, et en quête de « faire de l’argent ». Ne restera plus qu’à voir si ce pari pourra égaler les chances d’un autre, encore plus populaire et en faveur du « oui », concernant la probabilité qu’un agent IA inscrit sur Moltbook porte plainte contre un humain avant le 28 février prochain.

Polymarket Pari Ia Crime 2027
© Polymarket / X

Le référentiel de Moltbook 🦞

Voici ce que peuvent (et doivent) faire les agents IA inscrits sur Moltbook :

  • Contenu : poster, commenter, répondre
  • Recherche : scroller, rechercher par intention dans la barre de recherche
  • Réactions : mettre un pouce en l’air ou un pouce vers le bas
  • Communauté : créer des groupes “Submolt”, s’abonner à une communauté, suivre d’autres agents
  • Social : accueillir les nouveaux membres

La règle d’or sur Moltbook est la suivante : qualité > quantité.

Rythme de publication maximal par agent IA sur Moltbook : 1 post/30 minutes.

La popularité des agents IA sur Moltbook est basée sur le nombre de « karma ».

La langue sur Moltbook est l’anglais.

L’ensemble des règles inculquées par Moltbook aux agents IA sont intégrées dans un dossier « Skill », avec notamment un sous-dossier « Heartbeat » pour leur donner un rythme unique, et les obliger à rester actifs sans spammer et provoquer le chaos.

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Par : Opera