Contre toute attente, les exportations de pétrole brut depuis le Moyen-Orient ont retrouvé, voire dépassé, leurs niveaux d’avant-guerre et se situent à 18 millions de barils par jour. Un redressement qui s’explique par une réorganisation logistique éclair des pays producteurs.
Désormais, 40 % du brut contourne totalement le détroit d’Ormuz : les géants de la région s’appuient sur leurs oléoducs terrestres poussés à pleine capacité. Tandis que l’Arabie saoudite a remis en service son pipeline est-ouest vers la mer Rouge, les Émirats arabes unis acheminent leur production vers le terminal de Fujairah, situé en dehors du golfe Persique.
Pour autant, on ne peut pas s’attendre à une chute immédiate des prix à la pompe. Car il s’agit ici de pétrole brut, des réserves qui sont constituées par les États et collectivement gérées. Or, les automobilistes consomment du carburant raffiné. Et la France souffre d’un déficit structurel sur ce sujet : « Contrairement à l’Espagne, en France, on ne produit pas assez de gazole », Michel-Édouard Leclerc sur le plateau de BFMTV.

À quoi s’attendre en France ?
Le patron de la grande distribution a ainsi été interrogé sur l’impact de cette nouvelle tendance pour les Français : « Cela aura des effets positifs, à partir de début novembre, à peu près », estime-t-il. Il ne faut, malgré tout, pas s’attendre à une révolution.
Leclerc prend l’exemple de sa propre enseigne : si elle s’approvisionnait auparavant auprès de la Russie, les sanctions occidentales ont changé la donne. « On achète désormais dans le golfe du Mexique, et ça met 25 jours pour venir », a-t-il expliqué.
Dans cette optique, des changements favorables dans les exportations peuvent mettre du temps à se répercuter dans les produits finaux. « La question du gazole est particulière », estime le PDG.
Des sous-sols de la Terre jusqu’à la pompe
Le pétrole brut, un liquide noir et visqueux, est extrait des gisements souterrains. Il est inutilisable sous cette forme pour les moteurs, et doit impérativement passer par une raffinerie où il est chauffé dans de grandes tours de distillation pour séparer ses différents composants selon leur température d’ébullition. C’est là qu’il est transformé en essence, gazole, kérosène, gaz ou fioul : les produits légers montent tout en haut, tandis que les produits plus lourds sont récupérés plus bas.
La production de brut et la capacité de raffinage sont deux choses distinctes : un pays peut disposer d’un pétrole brut très abondant mais manquer de raffineries sur son territoire pour fabriquer du gazole. Ainsi, une fois le carburant raffiné produit, il entame sa phase d’acheminement via des oléoducs, navires pétroliers puis camions citernes. Une chaîne d’approvisionnement de plusieurs semaines.
- Les exportations de pétrole brut au Moyen-Orient repartent à la hausse grâce à des routes de contournement terrestres.
- Si des « effets positifs » sont à prévoir à la pompe en France, ce n’est pas pour tout de suite.
- La France souffre d’un manque de gazole raffiné sur son sol, ce qui l’oblige à importer ce carburant depuis des zones lointaines.
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