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Un mystère quantique enfin élucidé après quasiment un siècle d’attente

Les physiciens attendaient ce moment depuis 1938 !

Des scientifiques du MIT (Massachusetts Institute of Technology) ont rapporté dans cette étude parue dans la revue Science une prouesse majeure en physique quantique. Dans certains états extrêmes de la matière, la chaleur ne se diffuse pas comme un fluide classique : elle se propage en vagues, exactement comme le ferait comme un son dans l’air.

Ce phénomène, appelé « second son », était connu théoriquement depuis les années 1930, notamment dans des systèmes superfluides comme l’hélium-4. Il résistait néanmoins à l’observation directe dans les gaz quantiques, même les plus exotiques ; mais c’est désormais chose faite ! Un exploit rendu possible grâce à une toute nouvelle méthode de thermographie quantique, qui permet de cartographier la température au sein d’un gaz d’atomes piégés.

Une onde de chaleur qui traverse la matière comme une vague

Dans un liquide classique (comme l’eau), la chaleur se comporte de façon très prévisible : elle se diffuse lentement d’un point chaud vers les zones plus froides. Mais dans les états superfluides (phases étranges de la matière où les fluides coulent sans aucune friction), la chaleur peut prendre une autre forme : elle se déplace en vagues. C’est lui, qu’on appelle le second son, une onde d’entropie qui trahit la coexistence de deux fluides imbriqués dans un même système : l’un normal, l’autre superfluide.

Comme expliqué précédemment, même si on connaissait son existence grâce à l’hélium liquide, n’avait encore jamais été mesuré de façon directe ailleurs. Le problème, c’est que dans la plupart des matériaux, la chaleur se mélange au reste des mouvements des particules : impossible de savoir si elle se déplace vraiment sous forme d’onde, ou si elle se diffuse simplement comme dans un liquide chaud.

C’est là qu’ont réussi l’équipe du MIT. En refroidissant un gaz d’atomes de lithium jusqu’à un état quantique extrême, et en le piégeant avec des faisceaux laser ultra-précis, les chercheurs ont pu suivre la chaleur à la trace… et la voir vibrer comme une véritable onde sonore.

Cette première observation nous confirme que dans ces états exotiques de la matière (comme les gaz quantiques ou les étoiles à neutrons) la chaleur ne se comporte pas comme dans nos objets du quotidien. Elle ne suit pas les lois classiques de la thermodynamique, mais obéit à des règles bien plus complexes, propres au monde quantique.

Une technique inédite pour percer ce mystère

Pour capturer cette étrange onde thermique, les chercheurs ont dû inventer un tout nouvel outil d’observation : une « thermographie quantique », capable de prendre la température… d’un gaz ultrafroid. Leur astuce ? Se servir des atomes de lithium eux-mêmes comme capteurs.

À certaines fréquences radio, ces atomes réagissent différemment selon la chaleur qui les entoure. En envoyant un signal radio bien choisi, ils parviennent à cartographier la température locale du gaz, point par point, avec une précision jamais atteinte dans ce type de système.

Grâce à ce dispositif, ils ont même provoqué involontairement une onde de chaleur dans ce gaz quantique, puis suivi son parcours à travers l’échantillon. Comme une houle silencieuse dans une mer parfaitement calme, l’onde a avancé, rebondit, et s’est diffusé lentement.

Grâce à cette visualisation inédite, les chercheurs ont pu mesurer la vitesse de l’onde, observer son atténuation, et surtout en tirer des paramètres fondamentaux du système : sa conductivité thermique, sa viscosité, ou encore la fraction exacte de fluide superfluide présente en son sein. Autant de données qui étaient jusqu’ici hors de portée de la mesure directe dans des systèmes aussi complexes.

Si cette découverte paraît ésotérique à bien des égards, elle touche pourtant à l’essence de tout ce que nous pourrions un jour maîtriser : le transport d’énergie sans perte, le contrôle du désordre thermique, ou la conception de matériaux fondés sur des lois purement quantiques. Ce qui pourrait, à terme, complètement transformer la manière dont nous concevons nos ordinateurs, supraconducteurs ou systèmes de refroidissements. L’équipe du MIT a touché du bout du doigt l’un des bords du Graal de la physique : le vieux rêve de canaliser l’énergie sans jamais la dilapider.

  • Des chercheurs ont observé pour la première fois une onde de chaleur se propageant comme une vibration dans un gaz ultrafroid, un phénomène prédit depuis près d’un siècle.
  • Cette prouesse a été rendue possible grâce à une technique inédite permettant de cartographier la température dans un gaz quantique avec une précision extrême.
  • Cette avancée ouvre la voie à une meilleure compréhension du transport d’énergie dans des états de matière exotiques, avec des implications pour l’astrophysique et les technologies quantiques.

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