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Nicky Larson : un échec prometteur ?

Nicky Larson et le parfum de cupidon est-il une adaptation réussie de City Hunter et du dessin-animé de l’époque Club Dorothée ? Presque, mais…

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Nicky Larson le Parfum de Cupidon critique avis sans spoiler et avec

Bienvenue pour cette critique de Nicky Larson et le Parfum de Cupidon, l’adaptation aussi bien du dessin-animé vu en France que de l’œuvre originale, City Hunter, version manga comme anime.

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Il s’agit principalement d’une critique sans spoiler, sachant qu’une mise en garde arrivera au moment d’en évoquer certains, en fin d’article.

Nicky Larson ne craint personne

Une petite polémique a précédé la sortie de ce film et de nombreuses vidéos sont sorties pour descendre ses bande-annonce. J’avais eu envie prendre la parole pour souligner qu’il fallait laisser une chance au film et ne pas le juger trop vite, mais le Chef Otaku s’en était chargé et sa vidéo était largement suffisante.

On est maintenant entré dans une mode inverse, celle de dire combien le film est une adaptation réussie et presque géniale de Nicky Larson. Ce que je vous propose, c’est plutôt de parler de ce film comme de tous les autres, en pesant le pour et le contre sans entrer dans un aveuglement de haine ou d’adoration.

Nicky Larson le Parfum de Cupidon critique avis sans spoiler et avec

Le film d’un fan de City Hunter

Pour commencer, oui Philippe Lacheau est un grand fan de Nicky Larson et City Hunter, c’est une évidence. Quoi qu’en dise Pascal Obispo, être fan, ça ne suffit pas et ce n’est absolument pas la garantie d’avoir la capacité de faire un film, mais on sait aussi que Philippe Lacheau est allé plus loin et a échangé avec Tsukasa Hojo, le créateur de l’œuvre, notamment sur le scénario.

Résultat à l’écran, on reconnaît presque tous les éléments de l’univers de Ryo Saeba et puisqu’on est au cinéma, cela passe aussi bien par des décors que par une bande-son, les deux nous replongent directement dans l’ambiance.

Que ce soit l’immeuble, l’appartement, la chambre de Nicky, la Mini ou les différentes musiques originales dont ils ont réussi à obtenir les droits, c’est tout simplement frappant. On a même le signe XYZ pour indiquer un nouveau client (j’aurais dit « nouvelle cliente », mais…).

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Léger sur la ville

Ce qui manque parfois, c’est un environnement plus nocturne et surtout ultra urbain, la mégalopole tokyoïte qu’il était évidemment impossible de reproduire avec un tournage en France, même s’il y a clairement des efforts sur certains plans.

Lorsque le film prend la direction de Monaco, on a plutôt l’impression d’être en pleine campagne. On s’éloigne vraiment des décors classiques de City Hunter et de leur verticalité entrecoupée des lignes de train aériennes.

Philippe Lacheau prouve à nouveau qu’il a parfaitement saisi l’essence de City Hunter dans sa façon de traiter la relation entre Nicky et Laura et dans l’enchaînement entre la comédie et le drame.

Malheureusement, entre comprendre et parvenir à saisir une intensité équivalente, il y a un pas que le film ne parvient pas toujours à franchir.

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Nicky et Laura, une grande réussite

Toutefois, il y parvient parfois et c’est dans ces moments qu’on se dit oui, on a failli avoir une très bonne adaptation du manga par le réalisateur de Babysitting, comme quoi, tout est possible et on ne peut jamais juger à l’avance, même sur les premières images d’Aladdin, dont, j’avoue, je me suis gentiment moqué sur Twitter.

Si le film parvient parfois à de belles réussites, c’est d’abord grâce aux personnages principaux, à savoir Ryo et Kaori, enfin Nicky et Laura.

Philippe Lacheau n’a pas seulement pris du muscle, il est juste crédible dans les comportements du personnage, que ce soit ses mimiques en matant depuis un viseur ou lorsqu’il se concentre sur un tir humainement impossible.

Elodie Fontan, excellente Laura

Du côté de Laura, c’est sans doute plus impressionnant encore, pour la bonne raison qu’elle est le clown blanc qui permet à Larson de faire son numéro. Un clown blanc avec des massues, c’est vrai, mais tout de même, elle reste sans doute le personnage le plus ancré dans une forme de réalité.

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Elodie Fontan tient parfaitement le rôle, non seulement dans la ressemblance et les attitudes, mais aussi en faisant le maximum pour apporter la touche d’émotion véritable qu’elle est souvent la seule à exprimer dans le dessin-animé.

Justement, c’est lorsque le film sait se concentrer sur la relation entre Laura et Nicky qu’il est de loin le plus réussi. On est presque ému par le non-dit et les révélations à demi-mot qui se nouent entre ces deux personnages qui font l’âme de City Hunter.

De ce point de vue, le film met tous les atouts de son côté en remontant même aux origines avec l’assassinat du frère de Laura et meilleur ami de Nicky en reprenant même jusqu’au temps pluvieux. On aurait tellement voulu voir plus de plans et de scènes de ce type.

Mammouth… et les autres

Au-delà de deux protagonistes principaux, on a un Falcon, ou Mammouth si vous préférez, campé avec un mutisme et une puissance physique qui font honneur au personnage, même s’il reste cantonné à un rôle très effacé.

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Du côté des seconds-rôle, les choses se corsent, puisque c’est justement au travers des personnages de Pancho et Skippy que viennent la plupart des moments faibles, ratés ou inutiles.

Cela ne provient pas forcément des acteurs, sans doute pas même, mais tout simplement de l’écriture et de la place accordée à ces personnages et à leurs gags plus ou moins ratés (à mon goût tout du moins).

En résumé, Pancho est un abruti maladroit et Skippy un monsieur tout le monde frustré et rabaissé par sa femme.
Ce sont des clichés, évidemment, il n’y a rien de mal à ça dans une comédie, mais le problème c’est que leurs péripéties nous sortent totalement de l’ambiance Nicky Larson que le reste du film parvient à installer.

Pancho et Skippy plombent le film

Les seuls moments drôles qui me reviennent pour Pancho sont des gags avec des enfants qui se prennent des trucs en pleine tronche et du côté de Skippy, disons qu’on a une sorte de grand blond à la chaussure noire, mais sans l’inimitable talent de Pierre Richard.

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Une partie du périple du personnage se laisse regarder, mais le film lui consacre bien trop de temps, sans parler de sa famille sur laquelle une scène unique aurait largement suffi.

Le pire vient avec une scène à rallonge et totalement gênante entre Pamela Anderson et Skippy, puis lorsque ce dernier et Pancho viennent pourrir un troisième acte qu’on aurait voulu entièrement dédié à l’action.

Un Nicky crédible dans l’action !

Puisque j’ai prononcé le mot, allons-y dans l’action. Là encore, le film s’en sort étonnamment bien. D’ailleurs, les premières minutes commencent directement en baston comique et, personnellement, j’ai trouvé ça réussi. Quand Nicky Larson a besoin d’être efficace, il devient le badass impossible à arrêter qu’on connaît du dessin-animé avec Footsteps en prime pour la bande-son.

Du coup, j’aurais vraiment apprécié que l’équilibre entre ce type de scènes et l’humour parfois raté penche nettement plus vers l’action inventive et presque jubilatoire.

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Nicky Larson 2, avec Cat’s Eyes ?

J’imagine que c’est aussi une question de budget. L’éventualité d’une suite dépendra évidemment de l’accueil réservé par le public et de ce point de vue, j’avoue être curieux de voir ce qui pourrait se faire après cette première tentative, sachant qu’un crossover avec Cat’s Eyes semblerait possible.

Reste à éviter de retomber dans les mêmes pièges. On n’est pas là pour voir Skippy canarder des méchants au sens propre, mais bien pour une confrontation entre Nicky Larson et une bande de méchants dont certains bras-cassés, mais aussi une adversité plus sérieuse.

On a besoin d’un méchant plus menaçant

En effet, ce qui manque aussi selon moi pour véritablement exploiter le potentiel de City Hunter, c’est un adversaire digne des talents de Ryo Saeba.

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Dans ce premier essai, on a le côté « Ouhlala ce Larson va encore nous faire bobo », mais pas les terribles face à face avec des tueurs d’élite qui ont fait les grands moments de tension des OAV notamment.

Pour résumé mon ressenti, j’ai apprécié la fidélité des personnages, de leurs relations, de certaines ambiances, mais je me suis aussi bien ennuyé face à des gags à rallonge, dont certains relèvent tout simplement du mauvais goût.

Faut-il voir Nicky Larson ?

Je vous recommande de voir le film pour vous faire votre propre avis, ne vous attendez pas à passer un grand moment de cinéma, ni à assister un carnage total, du moins si vous connaissez et aimez Nicky Larson. Après-tout, on retrouve la présence de l’œuvre originale jusque dans le tout dernier plan du film.

Ceci dit, si vous ne connaissez pas Nicky Larson ou que vous vous être reconstruit une image mentale différente de ce que le dessin animé est réellement, ça n’aura franchement que peu d’intérêt.

Evidemment, le côté obsédé sexuel et l’humour graveleux qu’on trouve tel quel dans le manga semblent bien décalés par rapport à notre époque, mais de ce point de vue, rien qui m’a semblé vraiment scandaleux ou dégradant pour l’image des femmes.

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Des esprits grincheux pourront aussi y voir un aspect homophobe, mais là encore, je ne pense pas que ce soit véritablement le cas, on reste dans de l’humour plutôt bon enfant.

Spoilers : les références dans le Parfum de Cupidon

Je vais conclure avec quelques spoilers pour évoquer les nombreux clins d’œil qui émaillent le film et qui sont clairement destinés à la génération club Dorothée.

Ceux qui aiment les références seront servis. Ce sont surtout les dessins-animés de l’époque qui sont à l’honneur et même pas uniquement ceux du Club Dorothée puisqu’on a aussi L’inspecteur Gadget (surtout diffusé sur la 3) dans une apparition plutôt forcée.

Ce sont les easter eggs plus subtils qui m’ont fait sourire, comme l’immeuble C-17 de Monsieur Skippy ou encore Pancho qui appelle Olive et Tom pour un match de foot improvisé. Nicky commande aussi un demi à une serveuse du nom de « Ranma »…

Nicky Larson le Parfum de Cupidon critique avis sans spoiler et avec

Parmi les spectateurs du live de Jessica Fox, le personnage de Pamela Anderson, on trouve notamment Tortue Géniale sur son île, ce qui était parfait il faut l’avouer.

On a le chevalier au zodiaque, tellement forcé qu’il m’a fait rire aussi, le mariage de Jeanne et Serge et puis aussi toutes les apparitions plus spécifiques à Nicky Larson directement.

En effet on a le doubleur français du dessin animé qui fait une apparition en journaliste et le générique français chanté durant la soirée par Jean-Paul Césari, l’interprète original.

Il y a même un corbeau qui passe an arrière-plan lors d’une des toutes dernières scènes.

Toujours dans le délire club Dorothée on a un « Salut les musclés » quand Nicky quitte un groupe d’hommes de main et la femme policier, Saeko en VO, devenue Hélène en VF, qui nous sert un « Hélène, je m’appelle Hélène ».

Enfin, on a Dorothée en personne, qui a été plutôt cool d’accepter une petite apparition sans la moindre conséquence sur le scénario tout ça pour placer les chaussettes rouges et jaunes à petits pois.

Nicky Larson le Parfum de Cupidon critique avis sans spoiler et avec

Attention, gros spoiler de scénario !

Dernier mot sur Didier Bourdon, un choix particulier pour en faire le méchant et surtout le responsable de la mort du frère de Laura. On peut surtout y voir une forme d’hommage aux Inconnus et une autre façon de souligner que ce film a toujours été principalement une comédie avant toute forme d’ambition dramatique.

8 Commentaires

8 Commentaires

  1. Ray

    14 février 2019 at 10 h 45 min

    HONTEUX cette critique élogieuse est une INSULTE à tous les véritables fans de City Hunter et à l’oeuvre original. Nicky Larson s’est transformé en Nicky Lardon ou alors Nicky effet Larsen. Mais c’est quoi cette merde avec le jeu de Philippe Lacheau ? Cet acteur n’a aucune ressemblance avec Larson c’est même affligeant aucune carrure ni prestance aucun trait commun avec le hero animé c’est une véritable deception. Et je ne parle même pas de celle qui joue Laura.
    Arrêtez votre chauvinisme les français vous ne savez pas faire d’adaptation de manga. Redescendez sur terre Philippe lacheau a massacré l’oeuvre original. J’en suis dégoûté city Hunter est l’animé de mon enfance et son créateur a forcément voulu défendre l’adaptation faite par Philippe dans le seul but de gagner de l’argent apparemment il devait toucher des royaltises en fonction de la réussite du film. En tous cas les fans les vrais sont comme moi DÉÇUS ! Votre critique positive est HONTEUSEMENT ÉHONTÉE. Achetez vous un cerveau franchement ou alors retournez étudier l’oeuvre originale car le film est une farce ou mascarade qui bousille City Hunter

    • FanFan

      14 février 2019 at 14 h 56 min

      Ta gueule , c’est pas toi qui décide .

    • Jicee

      15 février 2019 at 9 h 52 min

      Encore qui n’a jamais ouvert un manga city hunter ou même vue un épisode de Nicky Larson. Pour dire autant de bêtises, encore un troll.

    • jedi

      3 mars 2019 at 19 h 22 min

      Et bien Ray, te voila bien critique et meprisant. Moi fan de nicky larson, j’ai adoré !!! Ce film est une ADAPTATION de Nicky, pas un copier coller !! Qui aurait ete sans interet ! Heureusement qu’on a pas vue un decalc du mangat…
      On a passé un tres agreable moment, toute la salle etait mort de rire . L’esprit de Nicky est bien retranscrit. La note de 4.4 sur 5 sur allociné prouve que globalement les gens ont bien accrochés, meme les fan de Larson !!! C’est plutot toi Ray qui semble a coté de la plaque. Mais si tu nous montre une meilleur adaptation, je suis preneur …

  2. Kal_el

    15 février 2019 at 8 h 15 min

    Excellente analyse Captain! Je suis generation club do’, et j’ai adoré ce film! Et je respecte Lacheau pour ses prises de risque, le succes du film au box office fermera le clapet à merde de tous les haineux, hourra!

  3. mat

    29 juin 2019 at 15 h 56 min

    né en 1974, j’ai vu le dessin animé bien sûr !
    j’ai trouvé que le film restituait très bien cette ambiance,
    les personnages principaux sont attachants et Laura joue parfaitement bien !
    certes des scènes pas forcément à mon goût (les scènes de la belle mère ou certaines scènes avec Pamela…) mais bon
    vraiment une excellente surprise cette adaptation
    (je crois que je le regarderai une seconde fois 😉 )

  4. yoyo

    1 octobre 2019 at 23 h 58 min

    Vous avez oublié la référence à remy sans famille dans l’aeroport

  5. shoooryuken

    29 juillet 2020 at 10 h 55 min

    Grand fan depuis quelque décénie maintenant, j’ai adoré.
    Certes l’aspect comique/graveleux peut parfois être un peu lourd et on a pas de trait dramatique comme on peut l’avoir dans le manga, mais certains sketchs sont a mourir de rire, on ne s’ennui pas une seconde, les références sont tellement nombreuse qu’il faut voir le film plusieurs fois pour en saisie toute l’essence.

    franchement chapeau, c’est pour moi, un grand film 🙂 merci Philippe.

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