150 millions de visiteurs uniques par mois… et 78 millions d’euros de pertes

Considéré comme un des meilleurs journaux du monde, le Guardian change de format papier et devient un tabloïd, abandonnant pour des raisons économiques son format berlinois.

C’est la fin d’une époque. Afin de réduire ses pertes, le quotidien britannique The Guardian abandonne son format « berlinois » trop coûteux et adopte le format tabloïd plus petit, plus pratique mais surtout moins cher.

Un véritable paradoxe

Le cas du Guardian est représentatif de la difficulté de la presse à trouver un modèle économique fiable. En l’espace d’une vingtaine d’années, le journal britannique a vu la fréquentation de son site atteindre la barre des 150 millions de visiteurs uniques par mois, soit plus que le New York Times qui culmine à 90 millions.

Pourtant, dans le même temps, la diffusion papier du quotidien s’est effondrée de 60% en dix ans. Résultat, ses finances sont dans un piètre état et le groupe a accusé une perte de 45 millions de livres, soit 50 millions d’euros, entre avril 2016 et mars 2017 après avoir accusé un déficit de 69 millions de livres l’année précédente. Un manque à gagner en partie dû à l’accès au site entièrement gratuit, confirmant ce que beaucoup de médias ont constaté ces derniers mois : le modèle de financement par la publicité s’effondre.

Une refonte inévitable

Fondé en 1821, le journal procède donc à une véritable refonte avec une nouvelle maquette et un nouveau découpage plus conformes aux tendances de lecteur actuelles avec davantage d’infographies, des couleurs plus vives et une nouvelle mise en page censée être « plus facile à lire« .

Le logo évolue également afin de prendre moins de place et change aussi de typographie. La nouvelle se nomme désormais le Guardian Headline et a été conçue par la fonderie Commercial déjà à l’origine de la police de caractère précédente.

Katherine Viner, rédactrice en chef du Guardian justifie le nouveau format par le fait que « la baisse de la diffusion signifie qu’imprimer le journal en format berlinois devient de plus en plus cher. Notre passage au format tabloïd est une étape majeure pour rendre The Guardian viable financièrement, et nous permettre de continuer à investir dans un journalisme de qualité pour les générations à venir ».

Le site internet du Guardian a lui aussi subi une refonte, avec des couleurs qui rappellent la nouvelle édition papier du journal.


Un commentaire

  1. Citation : « le modèle de financement par la publicité s’effondre. »

    J’ignore quel type de publicité le Guardian favorise, mais s’il revenait au système qui fit autrefois la gloire de beaucoup de journaux, A savoir : « Les petites annonces ».

    C’est d’ailleurs ce même système, adapté au net, qu’utilise Google.

    Chacun peut passer une annonce, qui plus est à faible coût. L’espace des annonces est ouvert à tous.

    Tandis que dans les grands journaux ou magazines, les annonces (quart de page, demi-page, etc.) sont hors d’accès au public, et aux auto-entrepreneurs dont les finances sont aussi minces que ceux des particuliers.

    Et si les journaux rendaient ces annonces accessibles aux particuliers et aux mini-min entreprises, cela changerait peut-être leurs balances monétaires.

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