L’énigme entourant la nature de l’astéroïde qui a frappé Chicxulub Puerto (péninsule du Yucatán, Mexique), qui a provoqué l’extinction Crétacé-Paléogène (disparition de 50 % des espèces animales) semble enfin trouver son dénouement. Au terme de longues années de spéculations et de débats sur l’origine et la composition de ce corps céleste dévastateur, une équipe de chercheurs dirigée par Mario Fischer-Gödde de l’Université de Cologne vient d’apporter un éclairage nouveau et décisif.
Leur étude, s’appuyant sur l’analyse d’un élément chimique rare, le ruthénium, offre des conclusions particulièrement probantes. Les résultats de leurs travaux ont été publiés jeudi 15 août dans la revue Science.
Un témoin fiable : le ruthénium
Le ruthénium, quasiment absent de la croûte terrestre, mais abondant dans certains types d’astéroïdes, s’est avéré être la clé de voûte de cette investigation scientifique. En analysant les isotopes (différentes versions d’un même atome) de ruthénium présents dans la couche géologique marquant la frontière Crétacé-Paléogène vestige de l’impact cataclysmique, Fischer-Gödde et ses collaborateurs ont mis au jour une signature isotopique (l’équivalent d’une empreinte digitale, mais pour les atomes) d’une uniformité frappante.
Cette empreinte chimique coïncide parfaitement avec celle caractéristique des astéroïdes carbonés, ces corps célestes riches en carbone qui se sont formés au-delà de l’orbite de la planète Jupiter.
Cette découverte vient non seulement corroborer les hypothèses antérieures pointant vers un astéroïde carboné comme agent de l’extinction massive, mais elle apporte également une autre précision extrêmement importante. Comme le ruthénium est un élément extrêmement rare sur Terre, sa présence dans les échantillons analysés confirme presque sans aucun doute que les traces proviennent de l’astéroïde lui-même, et non d’une autre source. Cela rend les résultats d’autant plus fiables, car il est hautement improbable qu’ils soient le fruit d’une contamination ou d’une erreur.
Pour parachever leur démonstration, les chercheurs ont comparé ces données aux isotopes de ruthénium issus de cinq autres impacts d’astéroïdes survenus au cours des 541 derniers millions d’années. Ces derniers, tous en adéquation avec la composition d’astéroïdes siliceux formés plus près du Soleil, soulignent par contraste la singularité de l’impact de cet astéroïde.
Un voyage improbable pour un impact dévastateur
Le voyage qui a conduit l’astéroïde à percuter notre planète demeure encore une énigme fascinante, malgré la confirmation de sa nature carbonée. Contrairement à la plupart des astéroïdes de cette envergure, généralement issus de la ceinture située entre Mars et Jupiter, celui-ci semble avoir suivi une trajectoire unique.
Certaines théories suggèrent que cet objet céleste pourrait être originaire d’une population d’astéroïdes carbonés nichée aux confins de la ceinture principale, délogée de son berceau cosmique par les caprices gravitationnels ayant agité le système solaire primitif. Il aurait ensuite parcouru des millions de kilomètres pour finalement venir s’écraser sur notre planète, avec une puissance équivalente à plusieurs milliards de fois celle de la bombe atomique que les américains ont larguée sur Hiroshima en août 1945.
William Bottke, scientifique au Southwest Research Institute, avait déjà évoqué cette hypothèse intrigante quant à la provenance lointaine de cet astéroïde. Le chercheur estime que cette nouvelle étude apporte un éclairage précieux, venant étayer les conjectures existantes tout en enrichissant grandement le corpus scientifique sur le sujet. Une très belle avancée malgré la présence de nombreuses zones d’ombre entourant encore ce corps céleste : composition exacte (teneur en éléments volatils, minéraux spécifiques, etc.), angle d’impact, vitesse, effets immédiats de ce dernier, etc. Ce qui est certain, c’est que c’est grâce à lui que les mammifères sont apparus, et plus tard, l’espèce humaine.
- Des chercheurs ont confirmé que l’astéroïde ayant causé l’extinction des dinosaures était un astéroïde carboné, provenant probablement des confins de la ceinture d’astéroïdes.
- L’analyse du ruthénium, un élément rare sur Terre, a permis d’identifier sans équivoque l’origine extraterrestre de l’astéroïde et de déterminer sa composition.
- L’astéroïde aurait suivi une trajectoire inhabituelle pour un objet de cette taille, provenant d’une région lointaine du système solaire.
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