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On en sait plus sur les raisons de l’incident du Boeing 777 à Roissy

Que s’est-il passé dans le cockpit du vol Air France AF011 en provenance de New York ?

Après un mois d’enquête, le flou se dissipe autour de l’incident du Boeing 777 d’Air France, survenu le 5 avril dernier lors de son atterrissage à Roissy-Charles De Gaulle. Dans les résultats d’une enquête préliminaire du Bureau d’Enquêtes et d’Analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA), l’aéronef a été écarté de toutes accusations à son sujet, rapporte Capital.

Selon les données fournies par l’appareil, en rien ses instruments – alors en mode automatique – n’ont fait défaut au moment du lancement de la procédure d’atterrissage. Il s’agit bien du copilote, en approche finale à 9h49, qui a désactivé le pilotage automatique puis remis les gaz, avant de s’étonner des mouvements de l’appareil.

Ses commentaires avec la tour de Roissy, enregistrés et largement diffusés sur les réseaux, traduisaient d’un équipage en difficulté. Or les rapports techniques montrent que le copilote a actionné le manche pour effectuer un virage sur la gauche, ce que l’appareil avait effectué sans problème. Mais au micro, il s’est étonné de l’inclinaison de l’appareil, pourtant effectuée par lui-même.

Au bureau de la BEA d’enfoncer le clou : “jusqu’à la remise de gaz, la trajectoire est restée dans les critères de stabilisation de l’exploitant”. Autrement dit, jusqu’à la récupération des commandes par l’équipage, aucun problème n’était à considérer et l’appareil était en mesure de se poser sans difficulté.

“L’analyse des paramètres ne met pas en évidence d’incohérences, notamment entre les mouvements des commandes et les mouvements de l’avion”, ajoutaient les enquêteurs dans un communiqué.

Soulagement chez Boeing

L’enquête doit maintenant se poursuivre et se focaliser sur le déroulement de l’incident du côté des deux personnes à bord du cockpit. Dans l’enquête, la BEA s’étonnait de mouvements sur les commandes contradictoires entre les deux membres, des “actions antagonistes et des désynchronisations des chaînes de commande”, un méli-mélo qui pourrait en dire long sur l’incident et leur frayeur.

Pour Boeing, ces premiers résultats sont un soulagement. Le Boeing 777 n’a pas perdu de sa réputation d’un appareil parmi les plus sûrs au monde. Il s’est déjà écoulé à plus de 1600 unités dans le monde et n’a jamais été reconnu responsable d’un crash. 6 millions de passagers empruntent un Boeing 777 chaque jour dans le monde, et l’appareil est aussi utilisé dans ses versions cargo pour le transport de marchandises.

Mais la sur-médiatisation de l’incident du 5 avril aux abords de l’aéroport parisien fut largement provoquée par sa proximité avec un autre crash, survenu le 21 mars en Chine. Un Boeing 737 de la compagnie China Eastern, s’écrasait deux semaines plus tôt en emportant la vie de 132 passagers. Plus rapide encore que la vitesse du son alors qu’il piquait vers le sol selon des images recueillies par des témoins , cette génération précédent celle du 737 Max a perdu plus de 8900 mètres en quelques minutes seulement.

Les enquêtes prendront du temps pour élucider le mystère. Mais là encore, les accusations sur l’avion sont de plus en plus écartées, tout comme l’explication d’un décrochage de l’avion, à cette altitude, que les pilotes auraient largement pu redresser à temps, avant de retourner sur leur altitude de croisière.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Un fois de plus, on est obligé de croire la version “officielle” que rien ne vient etayer.
    C’est les pilotes, circulez y a rien à voir.
    Une démonstration avec publication des données des enregistreurs de vol aurait été bienvenue.
    Les PNT d’air France sont reconnus comme étant parmi les plus qualifiés du monde.
    Bref, ça change pas.

    1. Vous sous-entendez donc que le BEA ment ?
      Quant au niveau des PNT Air France, on va dire qu’il n’y a pas consensus la dessus dans le milieu…

    2. Dans l’histoire de l’aviation ce n’est pas la première fois que des pilotes/co-pilotes se mettent seuls en difficulté sous l’effet d’un stress et en se focalisant sur un paramètre/événement. L’homme reste un homme, même avec le sérieux et la qualification des pilotes AF personne n’est à l’abri de faire une erreur.

    1. La vitesse au moment du crash était de 1010km/h.
      Ces avions ne sont pas faits pour ça, mais en piqué et peut être à pleine puissance la vitesse peut être atteinte, même si la structure de l’avion a de grandes chances de ne pas résister. L’avion s’est certainement désintégré avant le contact au sol.

Les commentaires sont fermés.