La FIFA empoche, les villes trinquent. C’est ainsi que l’on pourrait résumer le bilan financier de cette Coupe du monde 2026 qui se déroule actuellement au Mexique, aux États-Unis et au Canada. D’après les décomptes du magazine Fortune, la fédération internationale devrait ainsi empocher 8,9 milliards de dollars sur la compétition, tandis que les métropoles hôtes déplorent des pertes dépassant les 250 millions de dollars, même si ces dernières s’y retrouvent néanmoins en termes d’image.
Pour la première fois de son histoire, l’organisation dirigée par Gianni Infantino gère en effet directement le Mondial 2026 et capte la quasi-totalité des revenus : droits TV, billetterie, sponsoring, tandis que les villes en assument les coûts. Ce modèle de franchise où le franchiseur seul empoche les bénéfices est une bénédiction pour les finances de la FIFA.
Dans ce bilan, une grande partie des recettes provient de la tarification dynamique mise en place lors de cette édition. Ainsi, le prix des billets varie en fonction de la demande. Une méthode qui ne fait clairement pas l’unanimité, mais qui est déjà monnaie courante dans le secteur aérien ou touristique.
Le jackpot de la tarification dynamique
Selon nos confrères, un billet peut donc grimper jusqu’à 7 875 dollars pour une place en catégorie 1 pour la finale, du jamais-vu en Coupe du monde. À ce tarif, toute notion de sport populaire disparaît, et les supporters sont très mécontents, mais la FIFA n’en a cure.
Comme l’explique Victor Matheson, économiste du sport au College of the Holy Cross qui étudie les méga-événements depuis près de trente ans : « La FIFA ne reviendra pas aux États-Unis avant 30 ou 40 ans, elle peut donc se permettre de mécontenter l’acheteur de billets aujourd’hui et d’en tirer un maximum de profit ». Un luxe que ne peuvent clairement pas s’offrir les équipes locales qui doivent satisfaire leurs fans sur la durée.
Pour rappel, nous citions à ce sujet dans un précédent article un professeur émérite de finance qui indiquait :
J’ai fait quelques calculs et je prévois que l’augmentation des recettes provenant de la vente des billets aidera la FIFA à dépasser les 15 milliards de dollars de recettes lors de cette Coupe du monde, ce qui constituerait un record pour l’instance dirigeante du football mondial et un chiffre nettement supérieur à son objectif déclaré pour 2022, fixé à 11 milliards de dollars.
Selon lui, les billets auraient pour la plupart trouvé preneur lors des dernières phases de vente, précisément celles où la tarification dynamique avait porté les prix à leur niveau le plus élevé.
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