Suivez-nous

Médias & Pub

Pauline Grisoni, la créatrice de « La Leçon » nous partage sa vision du podcast

Cette semaine dans « Portrait d’influenceurs » nous parlons podcast. Afin d’approfondir le sujet, nous avons pris contact avec Pauline Grisoni, l’une des créatrices de podcast les plus influentes du moment. Nous évoquons notamment son émission qui porte sur l’art d’échouer : « La Leçon ».

Il y a

  

le

 
pauline-grisoni
© Floriane Bont

Wikipédia nous dit : « L’échec est l’état ou la condition qui fait que l’objectif désiré ou prévu n’est pas atteint, et peut être vu comme l’opposé de succès, mais cela peut aussi désigner un sentiment qui surgit lorsque l’on regrette quelque chose, au même titre que le regret. » À première vue, l’optimisme n’est pas au rendez-vous, pourtant à travers le podcast « La Leçon », Pauline Grisoni prône l’art d’échouer.

Avant de continuer, revenons d’abord dans le temps à une période où le podcast était dans le creux de la vague, bien moins tendance qu’aujourd’hui. Pauline nous explique qu’elle a découvert le renouveau de ce format grâce à l’émission « Transfert » réalisée par Slate. Après avoir dévoré la première saison en l’espace d’une semaine, elle est complètement séduite par le format podcast.

À cette époque, nous sommes en 2017 et le podcast n’est pas ce qu’il est devenu aujourd’hui. Il y a très peu de créateurs, et surtout une audience bien plus faible et moins fidèle. Suite à ce coup de coeur, Pauline décide de lancer sa propre émission, elle met environ 6 mois à trouver son premier invité qui marquera sans le savoir le commencement d’une formidable aventure et d’une longue liste d’invités.

Que représente le podcast en 2020 ?

Aujourd’hui en 2020, le nombre d’émissions au format podcast a littéralement explosé. Il faut dire que les principales plateformes de streaming audio ont largement participé à cet essor en investissant des sommes colossales dans ce secteur afin de pousser de nouveaux créateurs à se lancer. Lorsque l’on demande à Pauline comment elle explique cette renaissance si grandiose du podcast, elle nous répond que ce format est une excellente alternative à la vidéo et aux tonnes d’images que l’on voit sur le web.

Elle ajoute que le format vidéo est devenu de plus en plus court suite à l’influence des réseaux sociaux. Pauline estime que le podcast est « une rébellion sur cette obligation de ne voir que des vidéos courtes de 30 secondes ou moins, par exemple l’explication d’un théorème en quelques secondes, ou une recette avec 3 ingrédients. » Contrairement à cela, le podcast replace la parole au centre de l’attention, et comme nous l’explique Pauline, lorsque l’on écoute une personne parler pendant 30 à 45 min nous nous imprégnions bien plus de son expérience, de son parcours, que s’il raccourcit cet échange à quelques secondes.

Avant de lancer son podcast, Pauline Grisoni était journaliste chez Cosmopolitan. Elle nous raconte que l’époque des vidéos ultra rapide, sans véritable fond, ne représente plus la même importance. Aujourd’hui, les médias remarquent que les témoignages plus approfondis intéressent bien plus les lecteurs et auditeurs, qui ont tendance à se détacher de plus en plus de ces formats zapping.

Partant de ce constat, la plupart des podcasts actuels – à commencer par « La Leçon » – sont basés sur l’échange entre deux personnes au minimum sur des formats relativement longs. Nous avons donc demandé à Pauline comment elle percevait l’avenir du podcast, si les émissions n’allaient pas – comme on peut le voir sur YouTube – finir par toutes se ressembler, en limitant les possibilités d’innover. Elle nous répond : « On s’inspire tous les uns des autres, et effectivement, sur certaines thématiques, ça commence à être un peu l’embouteillage. Mais cela demande tellement de temps et d’investissements que seuls les passionnés continuent leur podcast ! Donc au final, la sélection se fait par la passion. »

Comment Pauline a-t-elle décidé de lancer son podcast ?

Contrairement à ce que l’on pourrait penser lors de l’écoute d’un épisode de « La Leçon », Pauline nous confie qu’elle a un certain fond de timidité, elle se qualifie comme étant une « extravertie / introvertie ». Avant chaque épisode, Pauline est stressée, elle se prépare mentalement, et sort finalement de sa zone de confort. Avant « La Leçon » Pauline Grisoni n’avait jamais eu l’opportunité et surtout le courage de lancer un projet seule, elle nous confie qu’elle peut parfois souffrir d’un manque de confiance en elle qui l’a longtemps freiné dans ses ambitions. Ce manque de confiance en elle, Pauline l’explique également par les codes dictés par la société actuelle qui donnent difficilement aux femmes les moyens de croire en elles et de lancer un projet.

Pauline revient sur son parcours scolaire pendant lequel elle remarque que souvent les garçons sont plus confiants pour prendre la parole. Au cours de cette période, elle a également plein d’idées de projets professionnels, et en entrant dans la rédaction de Cosmopolitan ces idées prenaient de plus en plus de place. Au bout d’un certain temps, Pauline décide de ne plus laisser passer cette idée comme ce fut le cas pour de nombreuses autres et lance donc son podcast.

Avant de s’intéresser au podcast, Pauline voulait devenir chanteuse. Elle a été jusqu’à entrer en contact avec des managers, des musiciens, etc. Toutefois, cette initiative s’est finalement soldée par un échec qui n’a fait qu’accroître la déception de Pauline. En tant que chanteuse et non-musicienne, elle ne pouvait pas jouer d’un instrument et dépendait donc forcément de quelqu’un. Le podcast a donc été pour elle une opportunité de s’affirmer seule.

Pourquoi mettre en avant l’échec ?

Alors qu’elle travaillait encore au sein de sa rédaction, Pauline devait rédiger un article sur les entrepreneuses qui réussissent et qui inspirent. C’est alors que sa rédactrice en chef lui souffle qu’il serait intéressant de rajouter une partie dédiée à l’échec. En allant interviewer ces femmes, Pauline trouve que leurs réponses vis-à-vis de l’échec étaient tout simplement géniales. Lors de la rédaction de l’article, Pauline estime que son devoir de journaliste ne peut pas uniquement montrer une version édulcorée de cette vie d’entrepreneuse, et choisi de mettre en avant les aléas négatifs et positifs des ces parcours qui font quelles en sont arrivées là aujourd’hui.

Lors de notre échange, Pauline nous a donné un de ses conseils qu’elle ne donne que très rarement : noter toutes les idées qui vous passent par la tête. Elle nous explique que même si ces idées paraissent inutiles, c’est important de se poser des questions et d’entrainer son cerveau à produire des idées en les notant toutes. C’est également comme cela que l’échec s’est présenté comme un angle intéressant pour ce podcast.

Est-il possible de vivre de son podcast ?

À l’heure où nous écrivons ces lignes, il est difficile, voire impossible, de vivre de son podcast en France. Sur l’année 2019, l’objectif de Pauline Grisoni était de travailler d’arrache-pied autour de son podcast afin de s’en servir de vitrine. Le but était d’attirer de nouvelles propositions de projets grâce à « La Leçon ».  Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette stratégie s’est montrée plutôt payante, puisque Pauline a passé une année ultra chargée à effectuer diverses missions en plus de développer « La Leçon ». En 2019, Pauline est de passée de conceptrice rédactrice pour un podcast anglais, à intervenante sur le journalisme à l’université, en passant par la rédaction d’un scénario, et bien d’autres encore.

Cependant, Pauline reste ultra optimiste lorsque l’on évoque le sujet de la monétisation. Elle n’hésite pas à nous confier qu’elle connaît des créateurs qui arrivent parfaitement à vivre grâce à leur émission, et qu’elle croit énormément en son projet. Pour elle, il s’agit que d’une question de mois pour que le format podcast parvienne à trouver un modèle économique viable. « La Leçon » s’est rapprochée de quelques régies publicitaires, ce qui signifie qu’un véritable marché autour de la monétisation de ce format est en train de prendre forme.

C’est toujours compliqué d’évoquer la monétisation avec un créateur de contenu, mais le podcast reste encore une intrigue pour tous. Aujourd’hui nous savons comment les créateurs sur YouTube, Twitch, ou Instagram parviennent à se rémunérer, cependant la situation du podcast reste encore floue. Par ailleurs, Pauline nous confie qu’elle trouve assez étrange que les agences spécialisées dans l’influence sur YouTube, par exemple, ne se penchent pas sur le format podcast.

Alors que des entreprises comme Webedia sont en permanence à la recherche de nouveaux streameurs, youtubeurs, voire instagrameurs, les créateurs sont encore trop absents de ce milieu. Lorsque l’on demande à Pauline ce qu’elle pense de cela, elle nous répond que du changement est à prévoir dans les prochains mois. Selon elle, le podcast est un format qui prend de plus en plus d’ampleur jusqu’à atteindre des audiences similaires à celles que l’on peut trouver sur YouTube ou d’autres plateformes. De plus, elle ajoute que la véritable valeur ajoutée de ce format est l’attention. En effet, lorsque l’on écoute un podcast nous sommes bien plus attentifs à ce qui est dit, par rapport à une vidéo YouTube.

Quelles sont les perspectives d’avenir pour « La Leçon » ?

En 2020, Pauline Grisoni a décidé de changer de dimension en se fixant comme objectif d’augmenter son nombre d’épisodes. Cette année, il y aura 3 épisodes de « La Leçon » par mois. Automatiquement, nous repensons au fait que les journées de Pauline sont déjà très chargées sachant qu’elle s’occupe d’absolument tout sur « La Leçon », mais elle nous répond en expliquant que le troisième épisode serait un peu spécial puisqu’il s’agirait d’un hors-série où ce sera elle qui partagera l’une de ses expériences.

À partir de ce mois de mars, Pauline se met donc à la place de ses invités le temps d’un épisode et dévoile à son tour ses échecs. Lors de ce premier épisode, elle discute avec l’une de ses amies de ses pires rencontres amoureuses. C’est un format plus intime qui devrait intéresser un nouveau type d’auditeurs, ainsi que les plus fidèles. Par ailleurs, Pauline évoque également sa passion pour le partage du savoir. C’est-à-dire qu’elle adore donner de manière très ponctuelle quelques heures de cours afin de transmettre son expérience dans le podcast et le journalisme.

D’autre part, Pauline souhaite améliorer sa présence sur les réseaux sociaux afin de créer une véritable communauté autour de son émission. Jusqu’à présent, elle utilisait principalement Twitter et Instagram pour partager machinalement le dernier épisode, désormais elle souhaite approfondir ce travail en créant un véritable partage avec ses abonnés sur des passages précis de l’émission, etc.

Autre gros projet, Pauline Grisoni devrait également écrire son premier livre sur la thématique… de l’échec. Elle nous confie également qu’elle a de nombreuses idées concernant de nouveaux podcasts, et d’autres projets comme la rédaction d’un nouveau scénario.

Pour faire simple, Pauline Grisoni est une personne qui a su avoir le courage de concrétiser l’une de ses idées malgré les quelques obstacles qui se sont présentés à elle. Aujourd’hui, « La Leçon » est l’un des podcasts les plus populaires en France, et pour en avoir discuté avec Pauline, ce n’est que le début. Cette créatrice de contenu croit en son projet, ainsi qu’en l’évolution positive du format podcast. Nous vous invitons grandement à découvrir « La Leçon » et sa liste d’invités qui livrent des témoignages plus saisissants les uns que les autres. En tant que fidèle auditeur de cette émission je vous conseille d’écouter l’épisode avec Franck Annese le fondateur (entre autres) du magazine SoFoot, Kyan Khojandi, Manu Payet, et plus récemment l’incroyable histoire du fondateur de Feed : Anthony Bourbon.

Cliquez pour commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Les bons plans 🔥

Dernières news

Newsletter 🍋 Inscrivez-vous à la newsletter tout juste sortie du four, rien que pour vous

Les tests