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Vous pensez avaler vos médicaments correctement ? Les spécialistes en doutent

Soyez sympathiques avec vous-mêmes et choyez votre organisme : une pilule ne s’avale pas comme une bouchée de purée ou un yaourt. Si vous le faites n’importe comment, votre œsophage peut en souffrir.

Chaque année, ce sont 3,8 mille millards de doses de médicaments qui sont avalés dans le monde en moyenne. Un chiffre impressionnant, qui pourrait nous faire croire que prendre un comprimé par voie orale est un geste que nous maîtrisons parfaitement, mais ce n’est apparemment pas le cas.

En effet, il n’est pas rare que les services d’urgence des hôpitaux voient arriver des patients souffrants après l’ingestion de leur traitement. Douleurs vives au niveau du sternum ou sensations de brûlure : en réalité, c’est souvent le comprimé tout juste avalé qui est la cause. Une fois arrivé dans l’œsophage, il arrive parfois que celui-ci se bloque dans son segment inférieur, un passage plus étroit, et commence à se dissoudre avant d’atteindre l’estomac. La muqueuse présente dans cette zone, très sensible, peut être irritée par certaines substances présentes dans le comprimé : c’est ce qu’on appelle une œsophagite médicamenteuse. Une lésion douloureuse mais facilement évitable, dont nous vous expliquons comment vous prémunir.

Pourquoi une simple pilule peut-elle blesser l’œsophage ?

D’un point de vue anatomique, l’œsophage n’est pas conçu pour faire transiter autre chose que des aliments mâchés et l’eau. Son rôle est de les propulser rapidement vers l’estomac grâce à des contractions musculaires (le péristaltisme) ; sa muqueuse est très fine et ne possède pas la couche de protection nécessaire pour résister aux substances corrosives. Son rôle principal est de faire passer le bol alimentaire le plus rapidement possible, sans qu’aucune substance ne stagne.

Si un comprimé ralentit ou s’immobilise dans la partie la plus étroite de l’œsophage, plus précisément au niveau du sphincter inférieur (cardia), située juste avant l’estomac, sa dissolution peut se déclencher en quelques minutes. Ses principes actifs, selon sa nature, peuvent être très irritants et corrosifs, ce qui provoque, dans certains cas, une inflammation aiguë et de vives douleurs.

Bien que la plupart des cas bénins se résolvent spontanément, l’incidence est estimée à 3,9 cas pour 100 000 habitants par an. Statistiquement, certaines populations sont toutefois plus prédisposées aux œsophagites médicamenteuses. C’est notamment le cas des femmes d’âge moyen, plus souvent sous traitements réguliers, notamment ceux pour l’ostéoporose (les bisphosphonates). Les personnes âgées sont également à risque en raison du ralentissement de la motricité œsophagienne (changements liés à l’âge) et les enfants, en raison de leur anatomie plus petite et de leur inexpérience.

Plusieurs médicaments, y compris des traitements très courants, sont connus pour leur potentiel irritant pour l’œsophage. Il est probable que votre armoire à pharmacie en contienneles antibiotiques (famille des tétracyclines, principalement), les anti-inflammatoires comme l’ibuprofène ou l’aspirine, les vitamines ou la caféine. En particulier quand celle-ci est contenue dans des capsules gélatineuses, qui peuvent se coller à la paroi œsophagienne.

Comment éviter l’œsophagite médicamenteuse ?

La bonne nouvelle, c’est qu’il est extrêmement simple d’éviter cette complication en suivant ces quelques conseils, qui tiennent davantage du bon sens que de la médecine.

D’abord, avalez toujours vos comprimés avec un grand verre d’eau (environ 200 ml), ce qui aidera votre œsophage à les faire descendre vers votre estomac. Une gorgée d’eau est insuffisante, puisqu’elle humidifiera seulement les parois de votre œsophage, sans générer le mouvement musculaire nécessaire pour entraîner le comprimé jusqu’au bout du trajet.

Si possible, restez debout ou assis au moins 30 minutes après la prise et évitez de vous allonger. La gravité aidera le médicament à se diluer dans l’estomac et préviendra tout risque de régurgitation qui ramènerait le médicament vers l’œsophage.

Ne prenez jamais plusieurs comprimés d’un seul coup et coupez les comprimés s’ils sont trop gros (si le traitement n’est pas à libération prolongée et si le fractionnement est expressément validé par la notice ou votre pharmacien), ce qui facilitera aussi le transit complet. Ne coupez jamais un comprimé en deux sans vérification.

Enfin, respectez les consignes alimentaires de la notice ou de votre pharmacien ou prescripteur : certains médicaments doivent être pris à jeun pour maximiser leur efficacité, d’autres, au contraire, l’estomac plein pour éviter l’irritation.

Voilà qui devrait vous éviter quelques mauvaises surprises si vous suivez un traitement, ainsi qu’un passage de huit heures aux urgences pour ce qui n’est finalement qu’un épisode inflammatoire bénin. Une œsophagite médicamenteuse n’est jamais dramatique, mais elle est, en revanche, toujours désagréable. Mieux vaut quelques secondes d’attention quotidiennes supplémentaires que de perdre une soirée entière à attendre sur un siège en plastique sous les néons blafards d’une salle d’attente d’hôpital.

  • Avaler un médicament trop vite ou avec peu d’eau peut irriter l’œsophage, car cette zone n’est pas faite pour recevoir des substances concentrées.
  • Certains traitements courants augmentent ce risque, surtout s’ils se dissolvent trop tôt.
  • Quelques précautions simples, comme boire suffisamment et rester en position verticale après la prise, suffisent à éviter ces douleurs inutiles.

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Par : Gouvernement français
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