- La France est actuellement en alerte rouge pollution
- Le chauffage, le trafic routier et des conditions météo particulières provoquent l’accumulation de particules fines PM10, PM2.5 et autres polluants dans l’air de nombreuses agglomérations
- La qualité de l’air médiocre peut, entre autres, causer l’irritation des voies respiratoires
- Cet épisode de pollution hivernale d’ampleur nationale pourrait perdurer au-delà de vendredi 17 février, localement
Ce jeudi 16 février 2022, Prev’Air (consortium émanant de diverses agences gouvernementales), le site Atmo France et plusieurs agences de mesure de la qualité de l’air régionales appellent à la vigilance suite à un épisode de pollution hivernale intense qui place de nombreuses grandes villes en alerte rouge. La pollution de l’air aux particules fines touche régulièrement la France, en particulier en hiver avec des conséquences directes sur la santé des personnes les plus vulnérables
Les deux indicateurs les plus surveillés sont les particules fines dites PM10 (10µm) et PM2.5 (2,5µm) en suspension dans l’air. Le site Prev’Air reprend des cartes précises qui montrent la topologie nationale de la contamination de l’air aux particules fines, mais aussi aux oxydes d’azotes et les émissions d’ozone, de monoxyde de carbone et d’oxydes de soufre. Tandis que Atmo France permet de mieux visualiser la situation en fonction des métropoles.
Ces polluants très toxiques peuvent, à des niveaux élevés, irriter voire endommager les poumons des personnes les plus vulnérables. Or, l’hiver est propice à des pics de pollution intenses, surtout dans un contexte où de nombreux pays d’Europe ont dû rallumer des centrales à charbon et que le prix de l’énergie pousse de nombreuses personnes à se chauffer au bois. Ce jeudi 16 février toutefois, la situation s’améliore dans l’ensemble…
📉 Le retour des nuages couplé à un petit flux de sud-ouest permettent d'améliorer la qualité de l'air sur le nord de la France. Les taux de #pollution aux particules fines reculent ce 16 février 2023. (via Prev'Air) pic.twitter.com/v0T0VusXVg
— Guillaume Séchet (@Meteovilles) February 16, 2023
L’alerte rouge pollution aux particules fines avait été déclarée mercredi 15 février dans ces 6 régions :
- Île-De-France
- Centre-Val De Loire
- Hauts-De-France
- Occitanie
- Auvergne-Rhône-Alpes
- Provence-Alpes-Côte D’Azur
La qualité de l’air en Île-de-France
En Île de France, c’est le retour à une qualité de l’air “Moyenne” ce jeudi 16 février 2023. AirParif explique cette amélioration par “l’arrivée d’une masse d’air océanique venant du sud-ouest et une augmentation de la vitesse du vent permettant une bonne dispersion de la pollution émise localement”.
La qualité de l’air dans les Hauts-de-France
Lille, Calais, Dunkerque, Valenciennes, Arras, Montreuil, Boulogne sur Mer, Saint Omer, Abbeville, Amiens, Saint-Quentin, Laon, soissons, Beauvais et Creil étaient toutes en alerte rouge à cause de très fortes concentrations de particules PM10 et PM2.5 mercredi 15 février.
Selon Atmo, “les niveaux restent élevées et conduisent à indice de la qualité de l’air mauvais à dégradé”. Dès le jeudi 16 février, toutefois l’épisode de pollution aux particules PM10 a cessé sur l’essentiel du territoire grâce à des conditions météo permettant la dispersion de ces pollutants. Toutefois la concentration de particules PM2.5 elles aussi très irritantes, reste élevée, résultat sur un indice de qualité moyen à dégradé en particulier dans le Nord-Est autour des métropoles de Lille et Valenciennes.
La qualité de l’air en Occitanie
Dans la région Occitanie, la qualité de l’air était jugée “mauvaise” par Atmo dans les départements Hautes-Pyrénées et Gard mercredi 15 février. Toutefois, jeudi 16 février, c’est le retour à une qualité de l’air moyenne sur la plus grande partie de la région. Le Gard et le Tarn et Garonne sont les seuls département où la qualité de l’air est dégradée en raison d’une pollution aux particules fines.
La qualité de l’air en Auvergne-Rhône-Alpes
La situation s’était un peu améliorée mercredi 15 février 2022 en région Auvergne-Rhône-Alpes selon Atmo qui parle de conditions météo plus dispersives. Ce qui avait permis de réduire nettement la pollution aux particules PM10.
Toutefois la concentration de particules PM2.5 reste élevée localement. Et les niveaux de pollution sont à la hausse ce jeudi 16 février 2023 à cause de vents plus faibles (qualité d’air moyenne à dégradée). Vendredi 17 février la situation n’évoluera sans doute pas positivement avec une qualité d’air prévue dégradée à moyenne selon les localités.
La qualité de l’air en Provence-Alpes-Côte D’Azur
La qualité de l’air est très dégradée en particulier dans le sud-ouest de la région qui compte les plus grandes agglomérations comme Marseille, Toulon, Aix-en-Provence, Arles et Avignon.
Aux particules fines issues du chauffage au bois, s’ajoutent les émissions humaines et un indice pollen élevé. Les particules PM2.5 constituent l’essentiel de l’épisode, avec un niveau de qualité de l’air dégradé par la présence d’une forte concentration de particules PM10.
Jeudi 16 février, le niveau de particules PM10 dans l’air est en légère baisse en raison d’un changement de conditions météo plus dispersives. Mais la situation reste inégale sur le territoire. Car ailleurs, “les départements des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse qui restent en alerte niveau 2, rejoints par le département du Var en raison du quatrième jour de persistance du dépassement du seuil d’information-recommandations”.
Vendredi 17 février la qualité de l’air restera très mauvaise surtout aux alentours de Marseille et du sud-ouest de la région PACA. Là encore le chauffage au bois et les conditions météo expliquent en grande partie l’explosion de la concentration de particules fines PM10 dans l’air.
Pourquoi de tels pics de pollution en hiver ?
Plusieurs facteurs expliquent pourquoi on constate des pics intenses de pollution aux particules fines en hiver. En hiver, la consommation d’énergie monte en flèche à cause des besoins de chauffage. Ce qui pousse les fournisseurs d’énergie à produire davantage d’électricité – en recourant souvent à des sources d’énergie fossiles, en France et dans les pays voisins.
A cela s’ajoute le chauffage au bois, qui rejette de la suie et autres particules nocives, et les rejets dûs à l’activité industrielle et au trafic routier. Or, en hiver, une couche d’air froid se forme près du sol, ce qui piège et maintient les polluants comme les particules fines plus longtemps.
Ces dernières peuvent alors plus facilement s’accumuler qu’en été, où les masses d’air chaud poussent les pollutants à une altitude plus haute. Le seul espoir est alors le retour de la pluie ou du vent, à même de créer des conditions “dispersives” nécessaires à l’amélioration de la qualité de l’air.
Que sont les PM10 et PM2.5 et quels sont les dangers pour la santé ?
Les particules PM10 représentent des particules de moins de 10 µm tandis que les particules PM2.5 sont des particules de moins de 2,5 µm. Toutes les particules fines de moins de 10 micromètres sont toxiques pour les voies respiratoires, et plus elles sont fines plus les seuils maximaux recommandés sont faibles.
Selon l’OMS, “les effets combinés de la pollution de l’air ambiant et de la pollution de l’air intérieur sont associés à 6,7 millions de décès prématurés par an”. En outre la pollution de l’air provoquerait quelques 40 000 décès par an en France. L’organisation mondiale de la santé rapporte les risques suivants pour la santé :
- Intoxication par absorption de matières toxiques (métaux lourds, notamment)
- Augmentation de l’allergie ou de l’hypersensibilité à des allergènes
- Infections bactériennes et fongiques (les spores font aussi partie des PM10 et PM2.5)
- Risque de développer une fibrose (comme pour les poussières d’amiante)
- Risque de développer un cancer
- Irritations des muqueuses
- Effet négatif sur les symptômes respiratoires préexistants
- Aggravation de l’asthme
- Décès prématuré
L’OMS souligne que l’étendue des risques dépend de la composition (et source) de ces particules. Le niveau de risque varie également en fonction des personnes. Les personnes atteintes d’une affection respiratoire préexistante, les personnes âgées et les enfants sont les plus vulnérables.
Quelles sont les recommandations officielles en cas d’alerte pollution ?
Le ministère de l’Intérieur, le ministère de la Santé établissent une liste de conseils officiels pour se protéger, ou contribuer à réduire les pics pollution. Localement, votre préfecture de police peut décréter des mesures spécifiques et établir une liste de conseils à respecter.
En cas de pollution aux particules fines on discerne deux cas :
Population générale :
- Réduire, voire reporter les activités physiques et sportives intenses (dont les compétitions)
- Privilégier des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort
- En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, consulter auprès d’un professionnel de santé
Populations vulnérables et sensibles :
Les personnes dites “vulnérables” sont les femmes enceintes, nourrissons et jeunes enfants, personnes de plus de 65 ans, personnes souffrant de pathologies cardiovasculaires, insuffisants cardiaques ou respiratoires et personnes asthmatiques. Les personnes “sensibles” sont celles qui éprouvent des problèmes de santé accrus lors de pics de pollution. Cette catégorie englobe notamment les personnes diabétiques, personnes immunodéprimées, personnes souffrant d’affections neurologiques ou à risque cardiaque, respiratoire, infectieux.
- Privilégier des sorties plus brèves et celles qui demandent le moins d’effort
- Consultez votre médecin pour savoir si votre traitement chronique doit être adapté
- En cas de gêne respiratoire ou cardiaque, consulter auprès d’un professionnel de santé
Il est par ailleurs conseillé d’aérer quotidiennement votre logement pour évacuer les polluants intérieur. Si vous vivez près d’une route, privilégiez un moment de la journée ou le trafic est le moins intense possible. Il est déconseillé de prendre la voiture, car l’air dans habitacle expose encore davantage ses occupants aux polluants.
Quelles mesures sont localement mises en place pour empêcher ou enrayer ces épisodes ?
On vous le disait, le ministère de l’Intérieur suit aussi de près la situation. Dans de nombreuses régions et agglomérations, des mesures spéciales de lutte contre ces émissions de particules sont décrétées.
Par exemple en région parisienne l’interdiction du chauffage au bois est décrétée depuis ce mercredi 15 février 2023. Il y a également la réduction de la vitesse maximale autorisé de 20% sur tous les grands axes de la région.
L'épisode de #pollution aux particules (PM10) persiste en Île-de-France.
➡️ Le préfet de Police met en place le dispositif d’alerte et prend des mesures restrictives pour le mercredi 15 février entre 05h30 et minuit.
📄 Consultez notre communiqué de presse pic.twitter.com/yREDZtgQ4q— Préfecture de Police (@prefpolice) February 14, 2023
On vous recommande de consulter localement le compte twitter ou le site internet de votre préfecture locale pour vérifier si des mesures particulières ne s’appliquent pas pour lutter contre cette pollution aux particules fines.
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Paris en alerte rouge, pas la France ! Encore une fois, trop d’infos stressantes qui ne concernent principalement que la capitale pour justifier des décisions politiques parisiennes pour la province en mode “rouleau compresseur” !
Alerte Rouge ou vous allez mourrir ou être malade avant la fin de la semaine ! La France après avoir désindustrialisé a marché forcé, à coup de taxes sur les entreprises et d’ open bar en chine, nous serions encore des pollueurs assassins. La faute au chauffage bois qui échappe à tout contrôle. C’est 1984 (Georges Orwell) oui il y a pollution 2/3 semaines par an et alors ? Dans quelle proportion cette pollution est plus forte que les autres ? Par rapport à d’autres pays ? Les culpabilisateurs feraient mieux de balayer devant leur porte. La pollution pollue tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés tous les jours et plus urgents. La liste est tellement longue que je me refuse à en faire la liste !