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Portrait — 5 questions sur Anthony Bourbon, l’entrepreneur parti de rien devenu millionnaire

« Ancien pauvre », Anthony Bourbon veut devenir milliardaire avant ses 40 ans.

À 36 ans, Anthony Bourbon est l’un des entrepreneurs tricolores les plus médiatisés. À la tête d’un empire en pleine expansion, il incarne en quelque sorte le rêve américain à la française, prouvant qu’il est possible de s’élever des origines les plus modestes aux sommets de la réussite.

Qui est Anthony Bourbon ?

Né à Bordeaux le 22 mai 1988, Anthony Bourbon s’installe progressivement comme une figure emblématique de l’entrepreneuriat français. Il a fondé deux entreprises à succès, en plus d’être un business angel très actif. Pourtant, tout n’a pas toujours été rose dans la vie de l’homme d’affaires, qui se décrit comme un « ancien pauvre ».

Comment était sa jeunesse ?

Anthony Bourbon ne s’en cache pas et c’est ce qui, selon ses dires, fait sa force : il a vraiment « galéré » avant d’en arriver là où il est. Très jeune, il doit faire face à une vie de famille tumultueuse. Son père est violent, sa mère souffre de dépression. Une situation qui nuit à sa relation avec cette dernière, admet-il dans l’émission Legend Business diffusée sur YouTube.

Lorsqu’il est adolescent, ses parents divorcent et il se retrouve seul avec sa mère. La situation s’envenime, et le jeune homme se retrouve à la rue. « J’aurais pu très mal finir », confie-t-il. Pour s’en sortir, Anthony Bourbon multiplie les « petits business », allant du trafic de calculatrice au débridage de scooters. Il explique avoir senti le filon, ses camarades dans l’un des lycées les plus prestigieux de Bordeaux étant en demande de tels services. Plus tard, il revend des voitures allemandes, achetées outre-Rhin, et garde un pourcentage sur les transactions.

Portant ses débuts mouvementés comme étendard, l’entrepreneur se définit comme un fervent défenseur de la méritocratie, qu’il estime quasi inexistante en France. Son objectif : bousculer l’ordre établi.

Quelles études a-t-il effectuées ?

Bac scientifique en poche, Anthony entame des études de droit à Bordeaux. En parallèle, il se lance dans les clubs deals dans l’immobilier aux côtés de certains amis plus fortunés, sur de petits biens en banlieue bordelaise pour commencer. Ce type d’accord s’établit entre plusieurs associés, permettant d’acquérir un actif de grande valeur qu’un investisseur seul aurait du mal à financer ou à gérer.

C’est sa première vraie aventure dans l’entreprenariat, qui lui permet de gagner des sommes plus conséquentes. Ayant le goût du risque, le jeune entrepreneur ose. Il lui arrive de tout perdre, mais il poursuit sur sa lancée en même temps que ses études. Une fois sa licence en Droit Privé acquise, il se rend à Paris pour effectuer un master en Science de l’Immobilier.

Quelles sont ses entreprises ?

Fort de ses premières expériences entreprenariales, Anthony Bourbon fonde sa première société à 27 ans. Feed voit le jour en 2016. Son modèle s’inspire directement du quotidien du jeune businessman : il n’apprécie pas cuisiner, et n’a pas vraiment le temps pour. La jeune pousse propose des repas à boire et rapides à préparer.

Concrètement, une poudre contenant tous les besoins nutritifs de l’être humain est versée dans de l’eau, permettant de se rassasier sans perdre de temps. L’idée plaît, et attire même le géant américain Pepsi qui décide d’investir dans la start-up aux côtés de business angels. Feed a levé 40 millions d’euros depuis sa création. Son offre a évolué au fil du temps, notamment avec une gamme de snacking qui connaît un franc succès. Aujourd’hui, Anthony Bourbon détient 35 % du capital de la société.

Feed s’établit comme une porte d’entrée dans le monde des start-up, des levées de fonds et surtout, du cashout. Cette pratique consiste à céder les actions d’une start-up, obtenues lors d’une levée de fonds antérieure, afin de générer des liquidités immédiates. Une méthode efficace, explique-t-il, pour générer des millions d’euros si l’on s’y prend bien.

En 2022, Anthony Bourbon est un investisseur chevronné. Il renoue avec sa passion pour les clubs deals et fonde Blast. La firme propose à des personnes lambdas d’investir dans des start-up prometteuses. Pour cela, elles doivent souscrire à un abonnement et peuvent aussi bénéficier de formations de la part d’experts. Des personnalités connues font également partie de l’aventure, comme Tony Parker par exemple.

Comment a-t-il gagné en notoriété ?

Toujours en 2022, l’entrepreneur rejoint le casting de la saison 2 de Qui veut être mon associé ? sur M6. En tant qu’investisseur, il évalue et finance des projets de start-up présentés par des dirigeants en quête de soutien stratégique. Sa participation à l’émission lui permet, en amont, de faire connaître ses sociétés.

Anthony Bourbon a aussi publié un livre intitulé Forcez votre destin – Résilience, ambition, passion. Il y témoigne de ses origines, de son parcours et de sa réussite entreprenariale.

À combien s’élève sa fortune ?

L’homme d’affaires a investi dans plus de 40 start-up françaises, surtout des petites sociétés au fort potentiel plutôt que des licornes. Une stratégie payante qui se révèle payante : sa fortune est estimée à 100 millions d’euros et il ne compte pas s’arrêter en si bon chemin. Anthony Bourbon ambitionne de devenir milliardaire avant ses 40 ans. Pour y parvenir, il s’appuie sur une discipline quotidienne de fer, bâtie à partir d’une expérience solide. Car il l’assume pleinement : son histoire est aussi parsemée de nombreux échecs.

« Mon destin personnel m’a donné cette envie de vengeance, de revanche. Quand personne ne croit en vous, vous avez envie de montrer au monde qu’il a eu tort de vous abandonner. Je pense que cette flamme restera gravée à l’intérieur de moi », confiait-il au Figaro il y a deux ans.

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5 commentaires
5 commentaires
  1. Méritocratie, assurément : beau mot. Volonté, détermination, pareillement. De la perspicacité, du flair, indispensable pour humer les créneaux, pour s’y immiscer, pour les remplir, pour (tenter de) se les approprier le cas échéant face à la concurrence, féroce quand on y parvient.
    Reste le produit. La valeur de ce qu’il rapporte, la valeur de ce qu’il propose. Le schéma peut-être celui qui consiste à remplir un créneau en offrant un produit aux qualités discutables hormis sa rentabilité, le faire fructifier, le considérer comme un jalon vers une ambition plus vaste et alors, doté d’un fonds conséquent, se présenter et se comporter comme mécène. Soit. Mais un tel parcours peut rester entaché d’intervalles malsaines, celles de tactiques, de produits aux qualités discutables. Ou pas.
    La question est encore et toujours de savoir si la fin justifie les moyens. Il est vrai que surcoter la donne éthique dans un univers aussi impitoyable qu’amoral risque fort de briser une ascension. Qu’a-t-on en ligne de mire : notre réussite, notre apport au bonheur des autres ou, ambition ultime mais éminemment ardue, la conciliation des deux façon gagnant-gagnant ?

  2. un fervent défenseur de la méritocratie, qu’il estime quasi inexistante en France

    en effet, en France, c’est plutôt fils a papa de père en fils…

  3. article complaisant qui ne couvre pas les zones d’ombre (un euphémisme) sur ses deals récents. Allez vous parler du cash-out de blast, qui est à la limite d’un ponzi?

    1. Il me semble que l’article ne prend pas parti mais décrit le parcours d’un homme : comme l’indique le titre c’est un portrait.
      Je ne parviens toujours pas à comprendre que la narration soit interprétée comme un plaidoyer.
      Critiquons comme bon nous semblera ce qui est évoqué, mais pas celui, le support qui l’évoque objectivement.
      Je me souviens de livreurs de prospectus dans les boites à lettre qui se faisaient prendre à parti, voire physiquement agressés, par des “y’en a marre de la pub” quand la cause était bien en amont du type qui ne faisait que son job. Même chose pour le journalisme non-éditorialiste, celui, froid et objectif, qui relate non pas l’opinion du journaliste mais des faits. Le cas échéant critiquons les faits, mas celui qui les rapporte, sans complaisance, ni explicite ni même implicite 🙂
      Dites-moi où vous pouvez trouver une quelconque complaisance dans cet article et je vous offre un Carambar.

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