La banque en ligne BoursoBank a beau faire la fierté de sa maison-mère Société Générale, l’établissement de la Défense n’a pas réussi à convaincre les investisseurs, qui vendent en nombre le titre en Bourse après la publication de ses résultats du premier trimestre 2026. Comme lui, BNP Paribas et Crédit Agricole se prennent la douche froide ce jeudi 30 avril, et le CAC 40 est particulièrement touché par ces banques dans le rouge, à la veille du 1er mai et de la fête du Travail.
Pourquoi les investisseurs sont si sensibles ? Le cas particulier de la France
On retiendra le Moyen-Orient et ses tensions comme des éléments déclencheurs de cette frilosité des actionnaires. Avec la guerre en Iran qui a éclaté le 28 février dernier, le risque du retour de l’inflation et une limitation durable de la croissance ont fait naître des craintes, surtout pour des banques qui devront faire avec une remontée des taux d’intérêt. Mais les banques françaises, contrairement aux autres établissements du reste de l’Europe, sont encore plus sensibles à cette situation.
Comme l’expliquait UBS dans une note, relayée par BFM Bourse, les taux en France et leur politique rendent les banques plus sensibles à la stagnation (inflation + croissance en berne). D’un côté, les crédits sont contractés à des taux fixes, et de l’autre, les livrets sont rémunérés en fonction de l’inflation. Ainsi, un décalage se crée, au détriment des établissements bancaires, qui peuvent alors perdre de l’argent.
La chute en Bourse de Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole est ainsi en grande partie expliquée par ces craintes sur l’avenir de la situation économique et financière. Les investisseurs attendaient la publication des résultats du premier trimestre pour mesurer à quel point les trois établissements allaient pouvoir se montrer résilients à ces prochains mois difficiles et/ou incertains.
Les baisses des 3 principales banques françaises ce jeudi 3 avril (15h30) :
- Société Générale : – 4,55 %
- BNP Paribas : – 2,84 %
- Crédit Agricole : – 5,54 %
Des fragilités qui diffèrent entre Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole
Les banques tirent aussi leurs revenus en dehors de leur activité de banque de détail (la banque que nous utilisons tous à titre particulier). Les établissements font aussi fructifier l’argent par leurs activités de marché, et sur ce point, la situation n’est pas optimale, même s’il y a eu de la volatilité récemment. Chez Société Générale, par exemple, les revenus de cette activité ont reculé de 3,9 % sur le premier trimestre, de quoi envoyer un signal pessimiste pour le reste de l’année.
Pour BNP Paribas, BFM Bourse, qui s’appuyait sur des notes de Jefferies, pointait du doigt les résultats des « métiers spécialisés », intégrant à la fois le crédit à la consommation et le leasing automobile Arval. Les actionnaires ont été intrépides en Bourse alors que BNP Paribas a dépassé les attentes du consensus sur le bénéfice net, à 3,2 milliards d’euros contre 2,97 milliards prévus.
Enfin, chez Crédit Agricole, Jefferies constatait que l’indicateur CET 1, qui mesure la quantité de capital « de qualité » qu’une banque possède par rapport aux risques qu’elle prend, n’avait pas atteint les prévisions, à 11,4 contre 11,9 %. Un décalage qui s’explique par le renforcement des parts de Crédit Agricole SA dans la société italienne Banco BPM. Autrement, Crédit Agricole est le seul établissement a ne pas avoir réussi à égaler ou dépasser le consensus sur son bénéfice net, à 1,7 milliard d’euros contre 1,72 milliard d’euros attendus.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.