Peu après que Sony a communiqué des spécifications techniques concernant sa future PlayStation 6, Microsoft nous annonçait en mars 2026 sa future console à la GDC de San Francisco, sous son nom de code « Xbox Helix ». Depuis, l’entreprise est restée taiseuse, mais Fortune nous a rapporté de nouvelles informations, principalement à propos de son tarif. Allons droit au but, elles ont de quoi nous faire hurler à l’arnaque : Microsoft projetterait de la vendre à un prix compris entre… 1 200 et 1 800 dollars ! Certes, la grande pénurie de RAM a fortement impacté le secteur des consoles, que ce soit du côté de Nintendo avec sa Switch 2, de Sony et sa PlayStation 5 ou de Microsoft et ses Xbox Series S et Xbox Series X, mais aucune d’entre elles n’a encore poussé la grille tarifaire aussi loin.
Attention toutefois : Fortune a bien précisé qu’il ne s’agissait pas encore du tarif officiel, mais d’une estimation envisagée en interne par l’entreprise, elle est donc sujette à évolution. Mais même si Microsoft retrouvait la raison d’ici la sortie et cherchait à la vendre à 1 200 dollars (le bas de la fourchette, donc), qui serait réellement prêt à payer une telle somme pour jouer sur console ?
Microsoft avait néanmoins précisé que la Helix serait capable de faire tourner des jeux Xbox comme PC. Si c’est bien le cas, la comparer aux futures consoles de sa génération n’aurait plus grand sens ; ce serait plutôt une machine hybride, ce qui repositionnerait son prix dans une fourchette moins scandaleuse. Moins scandaleuse, certes, mais tout de même difficilement accessible pour le joueur moyen.
Xbox : la fin du gaming grand public ?
Replacé dans son contexte, le tarif projeté de la Helix, aussi douloureux soit-il, s’inscrit donc dans une tendance que toute l’industrie du gaming subit de plein fouet, qu’il s’agisse des composants PC ou des consoles. Depuis trois générations, les constructeurs les ont toujours vendues à perte ou à prix coûtant, en comptant sur les ventes de jeux, les abonnements et les microtransactions pour rentabiliser leur investissement.
Sony a systématiquement perdu de l’argent sur les premières années de vie de la PlayStation 3, idem pour Microsoft avec la Xbox 360, et personne ne s’en est plaint parce que nous autres joueurs payions un prix raisonnable pour un matériel qui en valait bien davantage.
Mais aujourd’hui, ce modèle économique vole en éclats : avec une marge bénéficiaire de la division Xbox estimée par Fortune à environ 3 %, Microsoft n’a plus les reins assez solides pour éponger une différence de plusieurs centaines de dollars sur chaque console qu’elle vendra. L’ère des consoles à 500 euros est définitivement révolue : nous devrons payer plein pot, dès le premier jour.
Microsoft préparerait deux appareils sous l’étiquette Helix, puisque le constructeur prévoit d’abord de sortir une console portable pour les fêtes de fin d’année 2027, puis une console de salon pour celles de 2028. La direction aurait exigé que ce calendrier soit raccourci de « plusieurs mois », en recourant si nécessaire à des outils d’IA pour tenir la cadence.
Microsoft joue avec le feu et avec les nerfs des joueurs
Si le hardware pose déjà de brûlantes questions en matière de prix, ce n’est pas mieux du côté software, qui a failli provoquer l’implosion du projet Helix. En interne, la guerre a fait rage, puisque la division Windows voulait que la console portable tourne grâce à une version épurée de Windows Home. L’équipe Xbox a refusé net, arguant qu’un OS conçu pour faire tourner Excel et Outlook n’est pas exactement l’idéal pour sortir du 60 images par seconde sur portable. Le ton est monté au point qu’un haut responsable de Xbox a menacé de supprimer la portable du projet plutôt que d’y greffer Windows.
L’équipe Xbox a obtenu gain de cause et contrôle désormais la direction de l’OS, même si sa patronne, Asha Sharma, a reconnu qu’ils ne pouvaient pas se passer de l’expertise de la division Windows et que les deux groupes travaillaient désormais en étroite collaboration.
Comme si tous ces chambardements ne suffisaient pas, Fortune a également rapporté que le Xbox Game Pass, vendu depuis des années comme le « Netflix du jeu vidéo », serait en passe d’être découpé en formule « à la carte » : les abonnés pourraient bientôt devoir payer séparément pour les jeux console, le cloud gaming et le multijoueur. Sept ans à nous répéter que l’abonnement unique était l’avenir, pour finalement en revenir à facturer chaque service proposé au détail : n’est-ce pas ce qu’on appelle vulgairement une énorme douille ? Ce démantèlement, ajouté au tarif potentiellement stratosphérique de la future console, dessine un avenir pour le moins maussade pour les gamers. Jouer sur Xbox coûtera plus cher que jamais, sans même avoir l’assurance d’accéder à l’intégralité du catalogue avec un seul abonnement. Microsoft avait réussi à fidéliser des millions de joueurs grâce au Game Pass ; si elle le découpe en tranches au moment où elle annonce que sa future console pourrait dépasser les 1 500 dollars, l’entreprise court un énorme risque : pousser droit sa clientèle dans les bras de Sony, de Nintendo, ou la convaincre de passer sur PC.
- Microsoft prévoit de lancer la Xbox Helix en 2028 à un prix estimé entre 1 200 et 1 800 dollars, sans annonce officielle.
- La stratégie de vente à perte des consoles est remise en question, rendant le modèle économique actuel insoutenable.
- Le Xbox Game Pass pourrait être scindé en formules à la carte, augmentant les coûts pour les joueurs et menaçant leur fidélité.
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