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« Quatre projets très ambitieux » : eFounders nous présente ses nouvelles startups

ENTRETIEN. La French Tech fait sa rentrée et « le troisième cofondateur des startups » eFounders dévoile son nouveau lot de projets en plein décollage. Le point avec Thibaud Elzière.

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eFounders 2020 startups
© eFounders

La France accueille quatre nouvelles startups made in eFounders, ce jeudi 1er octobre. Le Startup studio, qui capitalise sur un modèle en parallèle aux accélérateurs et aux investisseurs, vient de faire sa rentrée. Il nous dévoile quatre nouvelles idées qui prendront forme et qui viseront l’autonomie opérationnelle d’ici douze à dix-huit mois. Une annonce dans une période de flou, entre crise sanitaire et retour des investisseurs, qui n’a « plus aucune corrélation », comme se livrait son cofondateur Thibaud Elzière.

Pour son batch 2020, loin des 50 à 100 startups d’un accélérateur (eFounders préfère caractériser la profession du studio tel un métier artisanal), les quatre boîtes qui rejoignent l’aventure s’appellent « Canyon », « Kairn », « Crew » et « Collective ». Si « Collective » capitalise sur la tendance d’un rassemblement des travailleurs en freelance, « Canyon » veut dépoussiérer les outils vieillissant des métiers juridiques. En parallèle, « Kairn » nous aidera à prendre des notes, et le recrutement de demain passera par « Crew ».

Presse-citron : Ce 1er octobre eFounders dévoile la sélection 2020 des nouvelles startups du studio. Peux-tu nous expliquer comment s’est passée la sélection ? Les startups proviennent-elles uniquement d’idées internes ? S’agit-il d’idées directement liées au contexte actuel ou remontent-elles à plus longtemps ?

Thibaud Elzière : Trois de nos startups cette année sont des projets internes. Ils viennent d’idées que nous avons déjà depuis longtemps, et dont les événements des six derniers mois ont accéléré les sujets et nous ont poussés à les concrétiser. La quatrième, Canyon, est une idée externe que nous ont présentée deux entrepreneurs.

Nous avons donc trois sujets que nous regardions depuis longtemps : la digitalisation en entreprise, les nouveaux outils de productivité – notamment le travail en remote – et les nouvelles méthodes de travail : de manière de recruter, de manager, de rémunérer.

Kairn est axé sur les nouveaux outils de productivité. Avec Crew, on pense que la manière de recruter depuis dix ans et les outils actuels ne sont plus en mesure à répondre aux problématiques du marché du travail. Collective se penche justement sur ce marché du travail et c’est pour nous un exercice de projection de l’explosion du modèle de freelance. On pense que ce qui triomphera à l’avenir sera les collectifs de freelances qui vont se rassembler pour pouvoir travailler ensemble et remplir des missions. Nous avons envie de créer la plateforme pour cela.

Presse-citron : Donc à l’image de Canyon, un projet qui est né indépendamment d’eFounders, avez-vous vocation à ouvrir les candidatures spontanées d’entrepreneurs ? Si oui, comment peut-on se faire approcher par le startup studio ?

Thibaud Elzière : Chez eFounders, des entrepreneurs viennent nous voir tout au long des journées. On commence une discussion et ils nous parlent de leurs idées. Si nous trouvons que l’idée est bonne, qu’elle arrive assez tôt (nous avons vocation à être des cofondateurs, pas des investisseurs) et qu’elle entre dans notre domaine de compétence, alors on créé la boîte avec eux.

Si nous pensons avoir une meilleure idée, alors on pitch celles-ci et on essaie de faire venir l’entrepreneur pour qu’il se lance avec nous. Historiquement, nous sommes partis sur des projets provenant de nos propres idées. Sur les 25 startups que nous avons lancées, 3 d’entre elles sont des idées externes. Mais on n’a jamais été fermé à ce que des idées viennent d’entrepreneurs qui viendraient avec la leur.

La seule condition est que nous arrivons en tant que cofondateur, avec tout l’investissement opérationnel dans le projet et pas seulement le financement. Si vous avez une boîte en early stage et que vous cherchez un investisseur, il y a aujourd’hui beaucoup d’alternatives intéressantes sur le marché pour lever de l’argent.

P.C. : L’année dernière, eFounders a choisi de lancer 6 startups. Une sélection plus restreinte était-elle impérative cette année ? La crise sanitaire a-t-elle changé la donne dans la recherche de nouveaux entrepreneurs – et de nouveaux projets ? 

T.E. : Honnêtement, nous n’avons pas du tout été impactés du côté d’eFounders. La situation n’a pas changé la donne pour le Startup studio. Nos startups ont été favorablement touchées par la crise de façon générale, tant elles développent des produits pour la digitalisation des entreprises et pour le télétravail.

Ce sont des projets très ambitieux qui vont nous prendre énormément de ressources

Il y a des années où l’on sort six startups, d’autres quatre. Cela dépend vraiment des idées qu’on a, de l’énergie et des ressources que l’on a à disposition, et du match que l’on a entre les entrepreneurs et les idées. Notre métier est très artisanal, nous créons des startups au fil de l’eau en fonction des idées et des personnalités qu’on rencontre. Nous n’aurons jamais vocation à lancer des batchs par 50 ou 100 startups comme le font les accélérateurs.

Il s’avère que cette année ils sont quatre. Mais nous avons là quatre énormes sujets. Ce sont des projets très ambitieux qui vont nous prendre énormément de ressources.

P.C. : Comment a évolué l’appétit des investisseurs dans les 12 derniers mois ? Avec les incertitudes sur la reprise économique, les startups ont-elles des difficultés à se financer ? Certaines thématiques sont-elles favorisées ? D’autres sont-elles plus durement touchées ?

T.E. : Je vais parler à la fois avec ma casquette de cofondateur d’eFounders et celle de business angel. Il y a eu beaucoup d’appréhension au départ. En mars, avril et mai, les gens ont eu peur et les investisseurs ont freiné des deux pieds. Les entrepreneurs ont arrêté de vouloir lever en vue des conditions. Cela a surtout impacté les boîtes matures qui ont des salariés et qui ne peuvent pas vraiment attendre plusieurs mois si elles ont besoin d’un financement.

Depuis mai, je ne trouve plus aucune corrélation entre ce que l’on vit dans notre vie personnelle sur les règles sanitaires, la crise économique, ce que l’on peut lire dans les journaux et ce qu’il se passe dans les levées de fonds. Nous sommes revenus, honnêtement, à la situation pré-COVID. Il y a la même intensité, les mêmes valorisations et la même croyance dans l’avenir, à tort ou à raison, l’avenir nous le dira.

Nous sommes revenus, honnêtement, à la situation pré-COVID

Forcément, j’ai cette vision par rapport aux entreprises dans l’univers du SaaS et du software qui effectivement ont été moins affectées par la crise sanitaire que les autres. Dans les secteurs de l’hôtellerie, la restauration, le tourisme et le transport, les domaines sont particulièrement impactés.

Thibaud Elziere eFounders

Thibaud Elzière, cofondateur du Startup studio eFounders © eFounders

P.C. : Un an après votre sélection, quel est le programme pour les 6 startups du batch 2019 cette fin d’année ? Vont-elles devenir autonomes ou ont-elles besoin de plus de temps avec le contexte actuel ?

T.E. : Opérationnellement, l’ensemble des startups du dernier batch est complètement autonome. Nos cinq startups internes à eFounders : Cycle, Folk, Once, Bonjour et Swan ont levé des fonds et sont maintenant autonomes. Même chose pour YouSign, la startup dans laquelle nous sommes entrés au capital mais qui existait déjà depuis quatre ans. Elle a cartonné pendant le confinement.

L’ensemble des startups du dernier batch est complètement autonome

P.C. : En plus d’annoncer les quatre nouvelles startups accompagnées par eFounders, tu as évoqué dans un communiqué les nouvelles idées pour 2021. Elles concernent spécifiquement les outils de “productivité au travail”. La fintech avec Swan, c’est fini ? Faut-il y voir un abandon progressif de la diversification ?

T.E. : Nous vivons en quelque sorte au gré des saisons. On a eu en 2018 et en 2019 une espèce de tropisme de la finance avec des startups comme Equify, Swan, Spendesk ou Upflow. On voyait beaucoup d’opportunités là-dedans. Aujourd’hui, on pense qu’il y a un renouveau et une explosion des outils de productivité et que quelque chose se passe. Il est temps de réinventer les nouveaux outils. Word n’est que la représentation digitale du papier et du crayon. Excel n’est que la représentation du livre de comptabilité… Une nouvelle vague de productivité est en train de se construire et nous voulons y participer.

Il est temps de réinventer les nouveaux outils

Après, avec des logiciels comme notre nouvelle legaltech Canyon, et notre marketplace Collective, nous montrons que nous n’oublions pas la diversification. Mais effectivement, cette année, nous avons un tropisme orienté productivité car nous pensons que c’est là que nous avons des choses à faire. Mais pour le batch 2021, où nous avons commencé à dévoiler nos idées, nous nous mettons aucune barrière. Que ce soit dans la fintech, dans des marketplace, du software mais aussi du hardware, tout est possible.

P.C. : Thibaud, nous avons eu l’occasion de nous entretenir ensemble il y a tout juste un an. Tu nous avais fait part de l’objectif à termes de réinvestir l’argent gagné des startups lancé en devenant un véritable investisseur. Où en est le projet cette année ?

T.E. : En effet. En plus des boîtes que l’on crée, on réfléchit aux boîtes qui sont autour de nous, qui ont déjà quelques années, et qu’on pourrait reprendre pour redorer. On l’a fait avec YouSign, et c’est une discussion du moment. Nous sommes en train de chercher ces entreprises et on a déjà identifié des cibles que l’on est en train de valider. C’est définitivement dans l’ordre du jour.

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