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Qui est Henri Kagan, le Français qui vient de remporter le prix Nobel de chimie ?

Le chercheur est enfin récompensé pour ses travaux.

« Leurs découvertes ont joué un rôle déterminant pour les chimistes qui conçoivent des réactions destinées à la fabrication de produits pharmaceutiques ». Dans un communiqué publié pour l’occasion, le comité Nobel n’a pas tari d’éloges après avoir attribué le prix Nobel de chimie 2026 au Français Henri Kagan et au Japonais Kenso Soai pour leurs recherches en catalyse asymétrique ce mercredi 7 octobre.

C’est d’ailleurs la fin d’une injustice pour le chercheur tricolore, aujourd’hui âgé de 95 ans et qui est toujours professeur à l’université Paris-Saclay. En effet, alors que ce dernier est considéré comme le “père” de cette technique, il n’avait pas été primé en 2001 alors que certains autres éminents spécialistes l’étaient. À l’époque, le ministère de la recherche français s’était même ému de la décision, rappelle le journal Le Monde.

Outre un diplôme et une médaille d’or, les récipiendaires du prix Nobel récupèrent un chèque de 12 millions de couronnes suédoises, soit un peu plus de 1 million d’euros.

Des avancées concrètes pour la médecine

Pour expliquer avec des mots simples les travaux des deux hommes, il faut savoir que certaines molécules, que l’on peut imaginer comme des mains, existent en deux versions qui se ressemblent comme dans un miroir : l’une « droite » et l’autre « gauche ». On les appelle molécules chirales. Physiquement, elles sont quasi identiques. Mais dans le corps humain, leurs effets peuvent être radicalement différents.

L’exemple le plus tragique reste celui de la thalidomide. Commercialisé à partir de 1956 comme remède contre les nausées des femmes enceintes, ce médicament était efficace sous sa forme « gauche ». Sous sa forme « droite », il s’avérait en revanche toxique pour le fœtus. On estime malheureusement qu’entre 10 000 et 20 000 enfants sont nés avec de graves malformations. Le produit a finalement été retiré du marché en 1961.

« La manière dont une telle asymétrie chimique a pu apparaître est longtemps restée un mystère pour les chimistes. Henri Kagan et Kenso Soai ont trouvé la solution à cette énigme », a insisté le comité Nobel dans son communiqué.

Dès les années 1980, le chimiste français Henri Kagan s’est intéressé de près à ce phénomène de chiralité. Il a découvert comment orienter les réactions chimiques pour favoriser, à volonté, la version « droite » ou la version « gauche » d’une molécule. Cette avancée a transformé le travail des chimistes. Elle leur a ainsi permis de mieux contrôler la fabrication de nombreux produits du quotidien : médicaments, arômes, parfums, mais aussi de nouveaux matériaux.

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