Tous ces événements météorologiques extrêmes rythment désormais nos saisons estivales, cela n’a échappé à personne. Les activités anthropiques et le réchauffement climatique qui en découle en est la cause, c’est aussi un secret de polichinelle (n’en déplaise aux climato-sceptiques !). Toutefois, le mécanisme clé expliquant cette tendance a été révélé par des chercheurs de l’institut Weizmann à Amsterdam dans un article publié le 12 avril dans la revue npj Climate and Atmospheric Science.
Un rail des dépressions défaillant
Ce mécanisme repose sur un phénomène : l’affaiblissement de la circulation atmosphérique estivale. Autrefois, les dépressions, ces systèmes dépressionnaires qui amènent pluie et perturbation, circulaient sur un « rail » bien défini, assurant une certaine régularité dans la météo estivale. Toutefois, depuis les années 1980, ce rail est gravement perturbé, particulièrement en été.
Résultat : les dépressions sont moins nombreuses, les précipitations diminuent, et les vagues de chaleur et sécheresses s’installent durablement. Quelles sont les causes de cette perturbation ? Les émissions de gaz à effet de serre issues des activités humaines. En troublant les grands centres d’action atmosphérique (les anticyclones, synonymes de temps sec et calme), ces émissions modifient le comportement des dépressions et fragilisent le rail sur lequel elles circulent.
L’explication réside également dans le réchauffement différentiel des hémisphères. Les régions polaires se réchauffent bien plus vite que le reste du globe, réduisant ainsi l’écart de température entre le nord et le sud. Or, c’est justement cette différence de température qui alimente les systèmes dépressionnaires et leur circulation sur le rail.
Des conséquences en cascade, mais un phénomène qui reste à confirmer
En diminuant, cet écart de température affaiblit les dépressions et les rend moins fréquentes, encore plus en été. Moins les systèmes dépressionnaires sont alimentés, moins ils sont susceptibles de se former et plus les épisodes de sécheresse sont fréquents. Un phénomène qui favorise par ailleurs les épisodes caniculaires.
Les sols asséchés ne peuvent retenir l’eau des pluies qui se font rares, mais intenses lorsqu’elles se déclenchent. Résultat : elles ne pénètrent pas le sol et s’écoulent rapidement à sa surface, aggravant les inondations et les glissements de terrain.
Si ces conclusions se révèlent exactes, elles illustrent une nouvelle fois l’impact profond du réchauffement climatique sur nos modes de vie et notre belle planète. Des recherches plus approfondies seront nécessaires pour confirmer ces observations et mieux comprendre les mécanismes en jeu. Cependant, le message est on ne peut plus clair : l’urgence climatique n’est pas un fantasme, mais une réalité qui se traduit déjà par des bouleversements météorologiques majeurs. Bouleversements qui pourraient, à l’avenir, nous imposer un futur cauchemardesque.
- Les étés invivables de l’hémisphère nord le sont en raison de l’affaiblissement de la circulation atmosphérique estivale.
- Le rail sur lequel se déplacent les dépressions est perturbé, ce qui tend à les affaiblir et à les rendre moins nombreuses.
- Les conclusions de cette étude de l’institut Weizmann à Amsterdam restent encore à confirmer.
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