À force d’avoir la chance de les voir défiler temporairement à la rédaction, nous en oublierions presque leurs prix parfois déraisonnables. Ces derniers mois, Sony a poussé le curseur jusqu’à 630 euros avec son 1000X The ColleXion, tandis que le Bose QuietComfort Ultra de deuxième génération avoisine les 450 euros. Même Nothing, dont nous avions pris l’habitude de saluer les tarifs accessibles, monte désormais à 349 euros avec son casque premium Headphone (1) Pro.
Pourtant, ces modèles ne sont que la partie émergée d’un iceberg bien plus vaste et surtout bien moins médiatique. Sous les 200 euros, et même sous la barre des 100 euros, les constructeurs se disputent aussi une place sur nos oreilles. Un terrain occupé depuis longtemps par JBL avec sa famille Tune, et plus récemment par CMF, avec son Headphone Pro (99 euros).
C’est dans cette mêlée que Xiaomi débarque avec le Redmi Headphones Neo. Déjà présent dans les écouteurs sans fil, le constructeur signe ici une première. Son tout premier casque Bluetooth, arrivé officiellement en France cet été.
Et comme souvent avec la marque chinoise, le prix est diaboliquement agressif. Pour 60 euros à son lancement, le Neo promet une réduction de bruit active, une connexion multipoint et jusqu’à 72 heures d’autonomie. Encore faut-il que les compromis cachés derrière cette facture allégée ne soient pas trop nombreux.
Un design sans folie, mais une fabrication sérieuse
Pour son premier casque dans nos contrées, Xiaomi n’a pas cherché à se faire remarquer par son originalité. Avec ses coques ovoïdes et ses lignes sages, le Redmi Headphones Neo ressemble à ce qu’il est, un casque d’entrée de gamme. Fort heureusement, cette conscience de soi ne va pas jusqu’à tirer la qualité de construction vers le bas.

Entre un assemblage sérieux et des plastiques relativement denses, le casque n’a rien d’un jouet susceptible de se briser au moindre geste brusque. Les oreillettes pivotent avec fluidité et l’arceau se règle sans avoir besoin d’y mettre toute sa force. Surtout, aucun jeu ni grincement ne vient gâcher ces manipulations.

En matière de confort, c’est un peu la même recette. Avec son poids raisonnable (263 g) et son repose-tête bien épais, le casque affiche un bon maintien. D’autant que les coussinets sont suffisamment enveloppants pour éviter l’effet étau.
Toutefois, la faible profondeur des coussinets finit par rappeler le prix du casque. Selon la morphologie de chacun, les oreilles peuvent toucher le fond des coques et rendre le port moins agréable sur la durée. Au bout d’une heure environ, une petite pause s’impose.

Autre rappel, plus immédiat cette fois, de son positionnement, le contenu de sa boîte. Xiaomi livre son casque sans câble de charge et sans housse de protection, aussi simple soit-elle. Il faudra donc le transporter avec précaution dans un sac ou lui trouver un habitat de substitution.
Une connectivité bien pensée pour le prix, qui rattrape une ergonomie à tâtons
Tous ceux que cela agace de mémoriser une chorégraphie de gestes tactiles seront servis avec le Redmi Headphones Neo. En effet, pour piloter son casque, Xiaomi s’en remet entièrement aux boutons physiques. Regroupés sur la tranche de l’oreillette droite, ils permettent de gérer l’allumage, le volume, la lecture ou encore les modes de réduction de bruit.

Cependant, les premières utilisations demandent un peu de concentration. Petits et peu marqués en relief, ils ne se distinguent pas si facilement les uns des autres au début. Il nous est arrivé plusieurs fois de balader nos doigts un peu au hasard sur la tranche de l’oreillette avant de trouver la commande recherchée.

En ce qui concerne la connectivité, elle est plutôt complète pour un casque aussi abordable. Le Neo embarque une puce Bluetooth 5.4 et prend en charge les codecs SBC et AAC. L’appairage rapide avec Google Fast Pair sur Android et la connexion multipoint sont bien de la partie. Certes, il n’y a ni LDAC ni aptX, mais l’écoute filaire via USB-C permet de profiter de la certification Hi-Res Audio, à condition de fournir son propre câble.

Pour terminer, un petit mot sur l’application Xiaomi Earbuds. Sans être totalement épurée, elle va droit à l’essentiel. Un égaliseur à dix bandes, le choix entre une réduction de bruit adaptative et trois niveaux manuels et la personnalisation du bouton multifonction. Ainsi que deux options bien pratiques au quotidien, la gestion du multipoint et une sonnerie pour retrouver le casque égaré.
Une qualité audio pas si au rabais que cela
Avec ses transducteurs dynamiques de 40 mm, le Redmi Headphones Neo ne cherche pas à nous en mettre plein les oreilles. Dès les premières écoutes, les intentions sonores de Xiaomi sont limpides. Elles privilégient une écoute douce et des aigus assez discrets.
Les basses apportent du corps aux morceaux sans déborder sur les voix. Sur du rap ou de l’électro, la rythmique est bien là, mais elle manque de précision et de nuance. Il ne tombe pas dans l’écueil de vouloir tout engloutir sous ses basses, comme son prix aurait pu le laisser craindre.
Sans conteste, les médiums sont le registre le plus convaincant. Les voix restent intelligibles et les instruments acoustiques conservent une présence appréciable. Pour écouter des podcasts, une vidéo YouTube ou suivre une chanson en travaillant, le casque remplit donc correctement son rôle.

C’est surtout dans les aigus que le petit prix du Redmi Headphones Neo se fait entendre. Trop en retrait, ils privent les cymbales de leur éclat et les arrangements d’une partie de leur respiration. Sur des morceaux chargés, la scène sonore manque de profondeur et les instruments peinent à se détacher les uns des autres.
L’égaliseur permet de réveiller quelque peu cette partition en remontant les aigus et en modérant les basses. Le résultat gagne en clarté, sans forcément transformer le Neo en casque audiophile. Un statut auquel il ne prétend d’ailleurs pas.
Une réduction de bruit plus à l’aise au bureau que dans la rue
Équipé de trois microphones, le Redmi Headphones Neo réserve une meilleure surprise en matière de réduction de bruit active qu’en qualité audio. Les bruits graves et soudains sont bien atténués. De leur côté, les conversations lointaines sont vidées d’une bonne partie de leur substance.

Toutefois, une discussion proche ne disparaît pas, tout comme le bourdonnement continu dans les transports en commun reste perceptible. Le Neo apporte une accalmie, sans offrir la bulle de silence la plus complète. Sur les sons plus aigus, l’isolation passive prend le relais, pour peu que les coussinets soient bien ajustés autour des oreilles.
Le mode transparence est, lui, nettement moins réussi. Les voix restent compréhensibles, mais le rendu paraît étouffé et manque de naturel. Pour tenir une conversation avec un collègue qui nous interpelle, mieux vaut donc retirer le casque.

Enfin, le kit mains-libres remplit correctement son rôle dans un environnement serein. Au calme dans une salle de réunion, la voix est intelligible, même si elle manque un peu de finesse. Dès que nous mettons le nez dehors et que les nuisances s’accumulent, la captation devient moins constante et le traitement, plus agressif, multiplie les artefacts.
L’autonomie, un de ses meilleurs arguments
C’est souvent sur ce terrain que les casques à moins de 200 euros reprennent l’avantage sur les ténors du secteur. Faute de pouvoir rivaliser sur le son ou la réduction de bruit, ils ont du coffre à revendre en matière d’autonomie. Par exemple, le Nothing Headphone (a) promet jusqu’à 135 heures sans réduction de bruit et 75 heures avec. De son côté, le Marshall Milton A.N.C. affiche respectivement 80 et 50 heures.
Le Redmi Headphones Neo ne joue pas tout à fait dans cette cour, mais il n’en est pas si loin. Avec sa batterie de 600 mAh, Xiaomi annonce jusqu’à 72 heures d’écoute, réduction de bruit désactivée. Le constructeur reste en revanche muet sur l’autonomie avec RBA, soit l’usage le plus courant.
Pour combler ce silence, nous avons chargé le casque à 100 %, puis nous avons fait tourner en boucle une playlist depuis un smartphone, en AAC et à 50 % du volume. Au bout de 16 heures, la batterie était tombée à 60 %. En extrapolant ce rythme, l’autonomie s’établirait donc autour de 40 heures. Un très bon score, puisqu’à raison de cinq heures d’écoute par jour, il tient sans peine plus d’une semaine.
Notre avis sur le casque Xiaomi Redmi Headphones Neo
Sans être le plus séduisant ni le plus musical des casques Bluetooth, le Redmi Headphones Neo maîtrise suffisamment ses fondamentaux pour offrir un rapport qualité-prix redoutable. Sa fabrication sérieuse, son confort appréciable et sa connectivité sont rassurants, tandis que sa réduction de bruit est tout à fait convenable. Et avec une quarantaine d’heures d’écoute réduction de bruit activée, selon notre estimation, son autonomie fait mieux que celle de certains casques bien plus chers.
Évidemment, Xiaomi n’accomplit pas de miracle. Le son manque de relief, les commandes demandent un peu d’habitude et la faiblesse du mode transparence pousse à s’en passer. À 60 euros, ces limites n’empêchent pourtant pas le Neo d’avoir une certaine pertinence. Comme second casque à laisser au bureau ou comme premier achat pour un adolescent, il fait le travail sans obliger à se ruiner.
D’autant qu’il devrait profiter de quelques promotions de fin d’année. Pour en faire son compagnon de tous les jours, il faudra davantage s’accommoder de ses faiblesses, notamment dans les transports et pour les conversations téléphoniques dans la rue.
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Xiaomi Redmi Headphones Neo
60 eurosOn aime
- Fabrication sérieuse, sans jeu ni grincement
- Connectivité complète pour le prix
- Réduction de bruit efficace au bureau
- Autonomie solide (environ 40 h avec RBA)
- Rapport qualité/prix imbattable
On aime moins
- Aigus en retrait, son qui manque de relief
- Mode transparence étouffé
- Kit mains-libres à la peine en extérieur
- Coussinets peu profonds sur de longues sessions
- Aucun accessoire dans la boîte