On a tendance à l’oublier, mais Nothing est une marque avant tout axée sur l’audio. Si la firme londonienne bouscule le marché avec ses smartphones originaux, c’est bien sur ses écouteurs et autres casques qu’elle séduit le grand public. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : une progression de 120 % sur le segment, rien qu’en 2026. Elle ajoute aujourd’hui une nouvelle corde à son arc : le Headphone (1) Pro.
Il s’agit d’un modèle amélioré du Headphone (1), sorti en 2025. Ergonomie repensée, son amélioré, nouvelles fonctionnalités : il cherche avant tout à séduire un public audiophile. Au sein de la famille Nothing, il se place comme le modèle premium, avec un prix fixé à 349 euros. J’ai pu le tester pendant quinze jours et c’est devenu mon nouveau casque préféré… malgré son design étrange.

Un design qui sort des sentiers battus
Nothing dispose d’une vraie patte en ce qui concerne le design. Chacun de ses produits est immédiatement reconnaissable, notamment grâce à la transparence qui a fait leur renommée. Avec le Headphone (1) Pro, la firme garde sa philosophie, mais n’hésite pas non plus à expérimenter. On aime ou on n’aime pas. Je fais partie de la seconde catégorie.

Le casque en lui-même s’avère très réussi. Pour ce modèle Pro, Nothing a rehaussé son niveau avec des écouteurs réalisés en titane, un matériau qui apporte naturellement un côté premium à un produit. Agréable au toucher, résistant, visuellement plaisant, il donne tout de suite le ton. Ajoutons qu’il est disponible en deux couleurs (noir et argent). On regrette toutefois la disparition de la transparence, puisque le verre est ici teinté, mais c’est un détail.

Côté ergonomie, la marque a clairement haussé le niveau par rapport au Headphone (1), avec une flexibilité poussée et surtout un arceau qui donne plus d’amplitude aux grosses têtes (comme la mienne !). Avec le premier casque de la marque, porter une casquette était un peu compliqué. Ce n’est pas le cas ici. C’est aussi plus agréable quand on le laisse autour du cou.

Le Headphone (1) Pro s’avère extrêmement confortable à porter. On adore ses coussinets en similicuir (format over-ear, qui entoure totalement l’oreille). On note une mousse très souple à l’intérieur, ce qui rend le produit confortable. Un détail important, puisque le Headphone (1) premier du nom avait opté pour une mousse légèrement plus dure, ce qui pouvait provoquer un inconfort au bout de quelques heures. Ce n’est plus le cas ici, et c’est tant mieux. Ajoutons à cela un maintien impeccable pour ce qui est de l’un des casques audio les plus confortables du marché.

On notera également la présence des boutons, toujours aussi agréables sur les tranches des oreillettes. On aime particulièrement la roulette, qui permet d’augmenter le son de manière intuitive ou de répondre à un appel, tout comme le bouton plat. Toujours ultra-efficace et fun à utiliser. Quand on a besoin de quelque chose, on reconnaît tout de suite quel bouton on a sous les doigts.

Dans le titre de ce test, j’affirme détester le design du Headphone (1) Pro, pourtant, je ne lui fais pour l’instant que des compliments. En réalité, c’est la coque qui me pose quelques soucis. Nothing a tenté des expérimentations avec cet élément. Alors que le premier Headphone arborait un coffret de rangement très classique, une boîte en feutre, ce modèle Pro veut exploser toutes les conventions quitte à aller trop loin.

Le boîtier se présente sous la forme d’une coque ovoïdale en plastique. La première chose qui fait tiquer, c’est que le casque ne rentre pas entièrement dans cette coque, mais simplement les écouteurs. De fait, l’arceau est placé à l’extérieur, ce qui lui donne un côté « sac à main » qui, avouons-le, pourrait être difficile à assumer pour des utilisateurs masculins. C’est un choix axé sur la mode, et cela peut encore se comprendre quand on connaît l’ADN de la marque.

Cependant, ce format traîne beaucoup de défauts inhérents à sa conception. Il est parfois difficile de ranger les écouteurs. On se trompe de sens, il est impossible de fermer la boîte quand on ne les place pas au millimètre près… pénible quand on est pressé. Lorsqu’on met le Headphone (1) Pro dans un sac de voyage, le format fait que les fils qui peuvent se trouver dans nos affaires s’enroulent autour de l’arceau. Là encore, c’est agaçant. Ajoutons à cela que le plastique utilisé est certes solide, mais qu’il est grossier et peu esthétique. Cerise sur le gâteau, la coque a tendance à s’ouvrir trop facilement avec son bouton-poussoir, que ce soit dans un sac ou parce que nous avons mal placé les écouteurs (rappelez-vous, il faut que ce soit au millimètre près). Pour nous, cette coque est tout simplement ratée. Nothing a voulu innover, peut-être trop, au détriment de la simplicité et de l’ergonomie. Résultat ? On laisse la coque à la maison. Dommage ! Vous l’aurez compris, c’est cette aspect que nous avons détesté.


Un son d’excellente qualité
Un casque doit avant tout être scruté sur sa partie audio et, sur ce point, Nothing rend une copie quasi irréprochable. Il propose trois transducteurs de 40 mm qui couvrent une plage allant jusqu’à 50 kHz sur les dynamiques. La réduction de bruit active est également de la partie, jusqu’à 46 décibels (+5 décibels par rapport au Headphone 1). En écoute de musique, le résultat est là. Nothing s’adapte à tous les styles, avec des basses présentes, mais pas étouffantes, et un son bien équilibré. L’ANC s’avère aussi très efficace, isolant de manière adéquate l’utilisateur. Je l’ai porté presque non-stop à la rédaction pendant plus d’une semaine et, malgré le brouhaha ambiant, je restais dans ma bulle, totalement coupé du monde. Et croyez-moi, mes adorables collègues adorent faire du bruit.

Le mode transparence est aussi une grande réussite. Nothing l’a retravaillé avec la présence de dix micros sur le châssis pour par exemple aténuer le bruit du vent et augmenter celui des paroles. En marchant dans Paris, le casque vissé sur les oreilles, on reste conscient de son environnement sans être parasité par des bruits désagréables. Cela permet de déambuler en toute sécurité. On entend par exemple les voitures arriver ou les gens parler autour de nous, et ce malgré notre musique.

Évidemment, le rendu sonore diffère énormément selon le profil d’égaliseur choisi. Nothing livre une copie impeccable avec une application complète qui laisse le loisir à l’utilisateur de mettre les mains dans le cambouis. Si nous avons l’éternel égaliseur personnalisable à l’envi (et très précis), on peut aussi modifier la manière dont l’audio spatial est retranscrit : salle de concert, studio, boîte de nuit. L’intérêt est d’appréhender votre musique de différentes manières, la source changeant selon que vous bougiez la tête ou non. Un régal pour les audiophiles.

Enfin, on note la présence d’un bouton flat sur les oreillettes. En l’activant, le Headphone (1) Pro retire tous les réglages de l’utilisateur pour proposer un son « pur ». Il s’agit d’un profil sonore établi en partenariat avec le studio Metropolis, l’un des plus célèbres de Londres. Pour l’utilisateur lambda (tel que moi), l’intérêt s’avère limité. En revanche, ce mode flat est précieux pour les musiciens qui veulent travailler leurs partitions. Avec ce bouton discret (aucune chance de l’activer par accident), Nothing vise clairement les professionnels, qu’ils soient DJ, musiciens ou ingénieurs du son.

Enfin, le dernier point fort du Nothing Headphone (1) réside dans son autonomie. En quinze jours de test, nous avons constaté une autonomie de 28 heures en moyenne avec la réduction de bruit active. Sans, on double ce chiffre. Si le Headphone (1) Pro n’est pas le meilleur du marché sur ce point, il reste dans le haut du panier. Pas de panique si vous tombez en rade de batterie, puisqu’il est possible d’avoir deux heures de musique en seulement 5 minutes de charge. Notre seul regret ira à la coque, qui n’a pas de batterie intégrée. Quitte à la faire si encombrante, Nothing aurait pu en faire une station de recharge…
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Alors, on achète ?
Je dois dire que j’ai détesté le Headphone (1) Pro lorsque je l’ai utilisé pour la première fois. Si le design du casque m’intriguait, je restais focalisé sur cette coque en ne cessant de me répéter « mais qu’est-ce qui a bien pu leur passer par la tête ? ». Puis, j’ai commencé à l’utiliser et mes doutes se sont dissipés. C’est même devenu l’un de mes produits préférés, devant certains casques ultra haut de gamme. J’adore son confort, la facilité d’utilisation de ses boutons… mais surtout sa partie audio pratiquement irréprochable. La coque ? Je l’ai finalement laissée au placard. En voyage, le casque m’accompagne autour du cou.

Il y a un aspect que nous n’avons pas encore abordé dans ce test : le rapport qualité/prix. Le Headphone (1) Pro est affiché en boutique à 349 euros. Pour le grand public, cela commence à faire cher. Cela tombe bien, ce n’est pas cette cible que vise Nothing, puisqu’elle lui consacre déjà le Headphone (1) classique. La marque britannique cherche à séduire un public professionnel (musiciens, techniciens…), mais aussi les audiophiles qui n’ont pas peur de mettre la main à la poche. Eux jouiront d’un casque aux qualités indéniables à un prix réellement intéressant.

Mais ce fameux grand public pourrait tout de même y trouver son compte. Moi-même, je ne suis pas (plus ?) musicien, je ne travaille pas dans l’audio et je n’ai pas réellement besoin d’obtenir un son « flat » pour mon usage. Pourtant, le bébé de la marque anglaise est devenu mon casque de prédilection. Même à mon niveau, je perçois le gouffre qui sépare cette version Pro de son prédécesseur. Nothing signe tout simplement un casque brillant avec ce Headphone (1) Pro.
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