C’est un témoignage passionnant sur le rôle prépondérant pris par les réseaux sociaux et les influenceurs dans le débat public. Dans le livre, Invisible Rulers, dont la revue Nature se fait l’écho, Renée DiResta, ancienne directrice de recherche à l’Observatoire de l’Internet de Stanford (SIO) en Californie, revient sur propre expérience de lutte contre la désinformation en ligne.
Elle y développe une thèse principale : des propagandistes présents sur les grandes plateformes ont acquis un pouvoir important dans le façonnement de l’opinion publique. D’après elle, ces derniers sont souvent les principaux vecteurs de fausses informations. Selon l’auteure, ils adoptent ainsi la maxime : “Si vous en faites une tendance, vous en faites une vérité”.
Concrètement, ces influenceurs politiques charismatiques ont ainsi acquis une audience considérable en ligne, et ils seraient en réalité ceux qui donne le la au débat public. Renée DiResta affirme qu’ils ont les capacités d’imposer un récit comparable aux grands gourous du marketing et l’audience d’un présentateur télé. Leur impact est d’autant plus grand que les internautes ont l’impression de discuter au téléphone avec un ami et ils leur font donc pleinement confiance.
L’exemple de la vaccination
L’universitaire donne de nombreux exemples dans son livre. Mais celui de la vaccination est assez éclairant. En 2014, elle commence par s’inquiéter d’une diminution du taux de vaccination des enfants contre la rougeole en Californie.
En débattant du sujet sur les réseaux sociaux, elle fait face à de nombreuses attaques de la part de bots et de trolls. Elle découvre également un groupe limité de personnes qui estiment que le gouvernement et l’industrie pharmaceutique œuvrent de concert pour dissimuler le lien supposé entre les vaccins et l’autisme (une causalité largement démentie par la recherche scientifique). Elle constate que ces propagandistes sont bien organisés et structurés en ligne pour toucher le grand public.
D’abord marginales, les idées de ces influenceurs finissent par infuser au sein de la population à tel point que le sentiment anti-vaccination pourrait un jour devenir majoritaire sur les réseaux sociaux.
Quand monsieur tout le monde devient influenceur
Dans son livre, la chercheuse revient sur le parcours de certains citoyens ordinaires. Ils commencent par aborder des sujets qui leur tiennent à cœur en ligne. Il ne s’agit pas forcément de fausses informations ou de rumeurs.
Mais certains constatent ensuite qu’en mentionnant des thématiques controversées, ils parviennent à intéresser un nombre croissant d’internautes. Une boucle s’installe alors, car les algorithmes remarquent leur popularité et les propulsent d’autant plus. C’est ainsi qu’un utilisateur lambda peut disposer du jour au lendemain d’une force de frappe considérable.
Donner une voix aux inaudibles
Pour compléter, il est aussi important de signaler que les réseaux sociaux ont donné l’occasion à certaines minorités qui étaient jusque là invisibilisées dans les médias traditionnels de prendre la parole et de faire connaître leurs problèmes. Ils ont également permis de faire prospérer certains mouvements sociétaux puissants et l’on pense notamment à « Me too ».
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De nombreuses personnes devraient aussi se remettre en question. Être en désaccord ferme sur un sujet ne veut pas dire qu’une personne est un troll bot russe complotiste. Il faut recommencer à accepter la critique, même quand elle nous déplaît réellement et va à l’encontre de ce qu’on peut prendre pour acquis. Les réseaux sociaux ne sont qu’une loupe sur les problèmes d’une société.
essai
C’est marrant ce mot “influenceur”, une création de l’état et des média pour discréditer les gents et garder le contrôle ??? !!! …. Un peu comme “complotiste” quoi ….. on ce demande qui influence qui finalement ….