Accepteriez-vous de souscrire à un abonnement à 499 euros par mois pour obtenir un robot domestique ? Depuis l’annonce du lancement des précommandes du 1X NEO, la Silicon Valley s’enflamme : l’ère des humanoïdes dans notre domicile arrive, et les gros comme Figure AI et Tesla pourraient bien se faire voler la vedette par cette entreprise basée en Californie et née en 2014 en Norvège. Mais derrière son buzz, celle-ci réitère le constat d’une limite : le bipède robotisé ne peut être parfait sans être piloté à distance… par un véritable être humain.
La journaliste Joanna Stern, du Wall Street Journal, le découvrait lors d’un test exclusif de ce nouveau robot humanoïde 1X NEO. Pour les tâches complexes, le bipède de 1,68 mètre de haut, équipé d’un cortex signé Nvidia et de deux caméras fisheye de 8 MP, déléguait son contrôle à « un opérateur », employé par la société 1X Technologies pour réaliser les tâches demandées par son nouveau propriétaire. Un point suscitant des questions sur la vie privée, rapidement abordée par la journaliste américaine avec le créateur du robot, Bernd Børnich.
« Nous voulons évidemment respecter le plus possible la vie privée de nos clients, ils auront toujours le contrôle. L’opérateur ne verra jamais le visage des humains présents dans la maison. Ils seront toujours floutés. L’opérateur ne pourra pas non plus guider le robot vers des zones spécifiques de la maison où vous aurez indiqué une limite » expliquait le fondateur de 1X Technologies. Joanna Stern rencontrait l’un des « pilotes » en charge du contrôle des premières versions d’essai de 1X NEO et soulignait la difficulté de leur tâche. Après avoir enfilé un casque de réalité virtuelle et des télécommandes, la journaliste déclarait : « je pense que je vais vomir ».
Pour des raisons de sécurité, plusieurs actions ne pourront pas être réalisées par 1X NEO, que ce soit en mode autonome ou via le contrôle d’un opérateur humain. Parmi ces tâches, 1X Technologies évoquait l’idée de porter des objets dangereux, comme des objets lourds, très chauds ou tranchants, des actions qui inquiétaient la journaliste du quotidien américain : « et si le robot venait à vouloir prendre un objet très lourd et me le jeter dessus pendant mon sommeil ? ». Après une journée à co-habiter avec 1X NEO, Joanna Stern concluait que cette expérience lui avait donné l’impression d’avoir été en compagnie d’un petit être qui devait encore tout apprendre du monde.
L’ère de l’inconnu à distance qui plie vos draps
Les opérateurs humains seront donc indispensables pour développer le robot humanoïde capable de réaliser des tâches ménagères et vous tenir compagnie. Il nécessitera d’avoir l’habileté nécessaire, la dextérité surtout, et l’efficacité aussi. À l’instar d’une voiture autonome, ces bipèdes ont besoin d’enregistrer un maximum de data pour que leur cerveau virtuel, intégrant l’intelligence artificielle, puisse s’améliorer. « Si nous n’avons pas votre data, nous ne pouvons pas améliorer notre produit », s’exclamait alors Bernd Børnich au Wall Street Journal. Les premiers clients de 1X NEO seront donc aussi des cobayes.

Combien seront ces opérateurs, et dans quelles conditions travailleront-ils, quand les robots humanoïdes seront produits et commercialisés à grande échelle ? Ces questionnements révèlent d’autres préoccupations de cette nouvelle ère de l’inconnu à distance qui plie vos draps. Chez Tesla, il y a tout juste un an, une situation similaire venait révéler le vrai visage du robot humanoïde. Lors d’une soirée de présentation d’un nouveau véhicule autonomie, une série de robots Optimus servaient des boissons et discutaient avec les invités présents. Sans que la marque n’en fasse la mention, le réalisme plus vrai que nature de ces bipèdes cachait bel et bien des opérateurs à distance.
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