La Domus Aurea, ou Maison Dorée, est une véritable merveille architecturale de la Rome antique, construite sur ordre de l’empereur Néron après le grand incendie de Rome en 64 après J.-C. Dans les entrailles de ce palais légendaire, les archéologues viennent de mettre au jour un vestige d’une rareté absolue : un bloc de pigment bleu égyptien de 2,4 kg. Ce pigment est l’un des plus anciens pigments artificiels connus.
À première vue, cela peut sembler dérisoire, mais cette découverte, annoncée le 20 janvier par le Parc archéologique du Colisée, nous prouve que nous avons certainement encore beaucoup à apprendre des pratiques artistiques de la Rome impériale.

Le plus grand bloc de pigment égyptien jamais découvert
C’est au sein d’un atelier de peinture admirablement préservé que les chercheurs ont découvert ce bloc. Si le bleu égyptien a été découvert depuis longtemps, jamais un fragment d’un tel gabarit n’avait été trouvé. Les fouilles ont révélé un véritable laboratoire chromatique antique, composé de deux cuves de préparation où les artisans de l’époque néronienne élaboraient leurs pigments.
Dans cet espace de création, les archéologues ont également fait sortir de terre un ensemble complet d’instruments et de matériaux picturaux : une amphore aux reflets dorés contenant de l’ocre jaune, des récipientsrenfermant du réalgar, ce pigment rouge vif d’origine minérale si prisé des Romains, ainsi que diverses nuances d’ocre rouge.
Le bleu égyptien est considéré comme la première innovation majeure de l’humanité dans le domaine des couleurs synthétiques. Il nécessitait une maîtrise technique exceptionnelle que les Égyptiens ont développée il y a plus de cinq millénaires dans la vallée du Nil.
Sa fabrication nécessitait un processus complexe de transformation thermique, alliant calcaire, composés chimiques et minéraux cuivreux. À l’époque romaine, sa production s’était déplacée vers le sud de l’Italie, où les artisans avaient perfectionné les techniques de fabrication héritées des Égyptiens.
Généralement retrouvé sous forme de poudre ou de minuscules sphères dans les sites archéologiques, cet énorme bloc est une véritable énigme. Il suggère peut-être l’existence d’un processus de fabrication différent, ou d’une étape intermédiaire dans la production que nous ne connaissions pas encore. Il est aussi envisageable qu’il ait été stocké de cette manière pour une utilisation future, ou qu’il ait eu une fonction spécifique, peut-être comme étalon pour la couleur ou comme offrande rituelle.
Alfonsina Russo, directrice du Parc archéologique du Colisée s’est exprimée dans un post Facebook : « L’intensité du bleu de ce pigment est tout simplement fascinante. La Domus Aurea nous émeut une fois de plus et restitue l’éclat des couleurs utilisées par les peintres qui ont décoré avec talent les pièces de ce précieux et raffiné palais impérial ». Cette remarque nous apparaît comme très pertinente lorsqu’on considère que ce pigment a conservé son intensité après deux millénaires d’enfouissement. Les analyses des vestiges de la ville de Pompéi avaient déjà établi que le bleu égyptien était exclusivement réservé aux espaces de prestige, une pratique que cette découverte dans la Domus Aurea vient confirmer de manière éclatante.
- Les archéologues ont découvert un bloc de pigment bleu égyptien pesant 2,4 kg dans le palais de Néron à Rome.
- Il a été mis au jour en même temps qu’un atelier de peinture en très bon état de préservation.
- Le pigment, symbole de luxe, a conservé une intensité remarquable malgré ses 2 000 ans.
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