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SafeBear : “2 € par mois pour en finir avec le cyber-harcèlement”

Pour le fondateur de la nouvelle application française SafeBear, l’âge moyen des auteurs d’harcèlement en ligne serait de 15 ans.

Le fondateur de SafeBear, Jérémy Guillon, s’est entretenu avec Presse-citron pour parler de son application, basée sur la protection des internautes sur Internet. Réseaux sociaux, jeux en ligne, SafeBear veut en finir avec la toxicité et le cyber-harcèlement. Le projet est en développement depuis plusieurs mois. Une version alpha vient de sortir. Ses résultats seraient très encourageants.

Presse-citron : Pouvez-vous nous présenter SafeBear ?

Jérémy Guillon : SafeBear, c’est la première application mondiale qui va protéger, défendre et sécuriser les réseaux sociaux et les plateformes de jeux vidéo. Notre but c’est de travailler sur la première intelligence artificielle à double cerveau. Elle nous donne déjà des résultats qui sont extrêmement probants aujourd’hui sur notre version alpha. Notre but, c’est de faire en sorte que demain, un influenceur ou une influenceuse, un streamer ou une streameuse et n’importe quel internaute, puisse mener son activité en ligne aussi bien sans avoir la peur d’être exposé à des insultes ou à des propos malveillants.

Presse-citron : L’application SafeBear permettra-t-elle de mener des actions en justice ? Pour les menaces, les diffamations sur les réseaux sociaux ou encore les insultes à répétition ?

Jérémy Guillon : Aujourd’hui, on se rend compte qu’en termes de justice, ils sont dépassés. Il y a énormément de plaintes sur Internet. Les trolls, il y’en a de partout. Les haters également. Nous, ce qu’il faut bien comprendre, c’est que nous ne sommes pas là pour restreindre les gens. Souvent, ce que l’on assimile à de l’auto-modération ou tout ce qu’il y a autour est souvent perçu par les gens comme une restriction de la liberté d’expression.

Avec SafeBear, la personne ne verra pas les messages toxiques et les insultes. Ils seront triés par notre algorithme et nos intelligences artificielles. Mais le message existe quand même et il est certifié et se retrouve dans une partie de l’application que je ne peux pas détailler puisque c’est l’un de nos plans technologiques. Mais l’utilisateur en a tout de même l’accès, et peut l’utiliser en justice.

Le but premier de SafeBear par rapport à ses actions en justice, c’est de pouvoir certifier et garantir notre data par rapport à un organisme public. Parce qu’aujourd’hui, une certification ne suffit plus. Il faut que l’on passe par différentes juridictions pour certifier la data.  De cette manière, on ne peut pas dire que les preuves ne sont pas tangibles.

Nous n’allons pas seulement masquer les messages haineux. Le but c’est de dire aux personnes, que ce n’est pas grave si vous avez des haters, parce que ceux qui vont être problématique, vous allez pouvoir utiliser tout ce qui disent contre vous, même si les messages sont supprimés, puisque nous on a une copie du message et du nom du compte. On rappelle une règle basique d’internet, tout ce que tu dis sur Internet, ne sera jamais effacé.

Presse-citron : SafeBear, c’est un peu la promesse de pouvoir enfin sanctionner les auteurs d’harcèlement, sans nuire à l’anonymat sur Internet ?

Jérémy Guillon : Aujourd’hui, tout le monde a peur de l’anonymat sur Internet. Tout le monde a peur qu’un jour, sur les réseaux sociaux, on soit obligé de mettre notre vrai nom, notre vrai prénom, notre carte d’identité. On pensait que c’était la seule solution.

Aujourd’hui, on sait que la moyenne d’âge d’un cyber-harceleur est de 15 ans. Dans de nombreux cas, un auteur d’harcèlement sur Internet est quelqu’un qui se fait harceler dans la vraie vie. Il a besoin de déverser sa haine parce qu’il se dit “pourquoi moi, je le subis et pas les autres ?”. Ces gens-là, même s’ils prennent un VPN lambda, ils vont être forcément en état de se dire “je suis invisible, personne ne peut me trouver”. Mais la CNIL a toutes tes informations. S’ils ont envie de savoir qui tu es, ils vont savoir qui tu es. L’anonymat n’existe pas vraiment.

Presse-citron : Avec quels partenaires travaillez-vous ? Sur quelles plateformes sera accessible SafeBear ? 

Jérémy Guillon : L’application sera fonctionnelle sur Facebook, Twitter, Instagram, Snapchat et TikTok. Nous avons aussi eu le feu vert de Telegram. Discord, et des plateformes de jeux vidéo comme Steam, Uplay, GOG, Origin sont en cours de négociation.

On est également en train de développer un bot pour les différentes vidéos diffusées en direct sur les plateformes, que ce soit Instagram, Twitch, etc. Un moyen de prêter main-forte aux modérateurs. Le but est d’avoir un package complet et que l’on puisse même, en allant beaucoup plus loin, l’intégrer sur consoles.

Presse-citron : À quelle étape de développement êtes-vous ? Quels sont vos objectifs dans les prochains mois ? 

Jérémy Guillon : On a réussi à développer une alpha qui fonctionne sur Discord et qui va bientôt être porté sur Telegram. On est en train de réfléchir à une façon d’accélérer le développement. C’est pour cette raison que l’on fait une levée de fond, car nous avons besoin de s’investir 24/24h et 7/7 jours sur l’application pendant quatre à cinq mois. Après, on prévoit de sortir une bêta testable pour différents utilisateurs et utilisatrices.

Les gens peuvent venir s’inscrire en tant que bêta-testeur sur notre site. Nous sélectionnerons des profils, aussi bien de personnes connues, que des personnes pas connues, pour tester selon les niveaux d’audience notre outil. Nous travaillons sur les fonctionnalités futures. Nous ne voulons pas seulement traiter les messages écrits. Nous voulons aussi nous investir dans l’image, la vidéo, la voix.

On est en train de réfléchir à toutes les utilisations possibles de SafeBear qui ne vont pas s’arrêter aux jeux vidéo et réseaux sociaux. Les marketplaces, les sites de rencontres, etc… on va pouvoir aussi régler un énorme souci et c’est ça qui est intéressant.

Presse-citron : Quels sont vos besoins pour poursuivre le projet SafeBear ?

Jérémy Guillon : La priorité, c’est la levée de fond qui est lancée depuis début septembre. Si des personnes sont intéressées pour soutenir le projet, même si elles veulent investir à titre privé, elles le peuvent.

Presse-citron : Et ensuite, la rentabilité ? Quel est votre modèle d’affaires ?

Jérémy Guillon : Nous nous rémunérerons par un système d’abonnement. C’est simple, vous avez deux formules. Une première à 2 € par mois et une seconde à 7 € par mois. Cela fait moins de 100 € à l’année, 84€ précisément si vous prenez la formule premium avec la certification de données et la protection complète.

Et à 2 € par mois, cela fait 24 € par an pour vous permettre de tout masquer. La différence est que nous ne pouvons certifier les données. Nous aurons aussi des offres professionnelles qui vont se décliner pour les créateurs et les créatrices de contenus avec de fortes communautés pour leur apporter encore plus de soutien.

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