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Sailfish OS l’alternative Android russe veut couper les ponts avec la Russie

Sailfish OS, l’alternative à Android qui était soutenue par la Russie, veut se séparer de ses investisseurs (et du marché russe).

Ces dernières années, plusieurs systèmes d’exploitation mobile ont été proposés comme alternative à Android et iOS. Parmi ceux-ci, on peut citer Ubuntu Touch, Firefox OS ou encore Tizen, le système d’exploitation de Samsung. Mais aucun de ces OS alternatifs n’a réellement réussi à concurrence Apple et Google.

Parmi les entreprises qui ont tenté leurs chances, il y a Jolla, une entreprise basée en Finlande qui a développé le système d’exploitation Sailfish OS. Celui-ci avait un potentiel énorme puisqu’en plus de proposer une interface très intéressante, Sailfish OS, qui est basé sur Linux, et prend en charge les applications Android.

Grâce à cela, Jolla n’avait donc plus à créer un nouveau catalogue d’applications, puisqu’il pouvait compter sur celui d’Android. Mais malgré cet avantage, Sailfish OS n’a pas vraiment cartonné.

Cependant, le projet a survécu. En effet, le système d’exploitation intéressait un pays : la Russie. Comme le rappelle TechCrunch, Sailfish OS a été certifié par Moscou en 2016 pour une utilisation par l’administration et par le secteur privé.

Une alternative à Android qui n’a pas cartonné, mais qui intéressait la Russie

Et la Russie n’a pas seulement certifié cette alternative à Android, elle y a également investi. En effet, Open Mobile Platform, investisseur stratégique de Jolla, appartiendrait partiellement à l’opérateur téléphonique Rostelecom, dont la Russie est actionnaire. Et dans le contexte actuel, suite à l’invasion de l’Ukraine, c’est une situation gênante pour Jolla.

Cité par TechCrunch, Sami Pienimäki, le PDG de Jolla, a expliqué que l’entreprise entend faire une restructuration de son actionnariat, cette année, pour y remédier. Par ailleurs, celui-ci affirme que Jolla s’éloigne aussi progressivement du marché russe.

« Nous avons déjà ralenti nos activités et nos exportations vers la Russie en 2021 », a-t-il déclaré. « Ainsi, les sanctions technologiques potentielles n’auraient plus d’impact sur les activités de Jolla. En parallèle, Jolla connaît une croissance particulièrement rapide dans le secteur automobile, et elle constituait déjà une part importante de nos revenus 2021. »

Il s’agit d’un important revirement pour cette société qui, il y a quelques années, semblait presque tout miser sur le marché russe, et qui a enfin été profitable en 2020. Mais comme l’explique Samuli Simojoki, président du conseil d’administration de Jolla, dans une publication sur LinkedIn, « L’invasion de l’Ukraine par Poutine oblige chacun de nous à évaluer ses propres actions par rapport à la Russie. »

« Il serait facile de dire que vous ne voulez pas travailler pour une entreprise avec une participation indirecte aussi importante de l’État russe. Jolla recherche depuis un certain temps une structure d’actionnariat qui fournirait une structure de propriété équilibrée et réduirait considérablement la propriété russe… Dans la nouvelle situation, il est clair que l’entreprise n’a pas d’avenir sans un désinvestissement complet de la propriété russe », lit-on aussi dans cette publication.

En tout cas, Jolla survivrait même sans le marché et les investisseurs russes. En effet, des pays européens auraient déjà indiqué qu’ils sont prêts à collaborer avec la société finlandaise une fois que l’actionnariat sera rectifié. De plus, Jolla aurait d’importantes opportunités dans le secteur automobile.

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