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Smartphones ultra-fins, objectifs photo, IA à gogo : les constructeurs de smartphones ne savent plus quoi inventer (Édito)

Plus fins que jamais ou capables d’accueillir des objectifs de vrais appareils photo, les smartphones du futur présentés au MWC nous laissent sans voix. Pas pour les bonnes raisons.

L’édition 2025 du MWC n’aura pas marqué les esprits. En dehors d’un Xiaomi très en forme et d’un Lenovo inspiré, nous n’avions pas grand chose à nous mettre sous la dent. Ronronnant depuis plusieurs années déjà, le salon mondial du mobile est à l’image du marché des smartphones : quelque peu ennuyeux.

Pour preuve, les innovations présentées cette année reposaient sur des concepts farfelus que nous aurons peu de chances de voir débarquer un jour. Si toutefois l’industrie s’obstinait, elle réserverait alors ces innovations à un public de niche. On vous a perdu ? Rentrons dans le vif du sujet. Cette année, trois grandes tendances se sont dégagées au Mobile World Congress : les smartphones extrêmement fins, la photographie poussée à l’extrême et l’IA, encore et toujours.

Un MWC tout en finesse

@pressecitron

Voici le Galaxy S25 Edge !📱 #MWC2025  Tecno  SparkSlim

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L’année 2025 sera bien celle des smartphones extrêmement fins, que cela nous plaise ou non. En janvier dernier, Samsung dévoilait déjà partiellement son Galaxy S25 Edge (exposé à Barcelone), conçu pour gratter les parts de marché du futur iPhone 17 Air, très attendu.

Dans les travées du salon, certaines marques chinoises présentaient elles aussi leur vision du smartphone ultra-fin. Tecno, grande marque chinoise pas encore présente en Europe mais figurant dans le top 10 mondial, parie sur un modèle abordable. Son Spark Slim, que nous avons pu prendre en main, est encore plus fin que le Galaxy S25 Edge. Et il ne pèse que 146 grammes ! Les ingénieurs ont même dû lui ajouter volontairement du poids afin d’éviter les accidents.

Si les smartphones s’affinent tant, c’est parce que l’industrie a découvert la technologie de batterie silicone-carbone. Elle permet de fournir autant d’énergie qu’une batterie lithium-ion avec une capacité inférieure. Les constructeurs ont donc deux possibilités : soit proposer des smartphones aussi « épais » qu’actuellement mais avec une autonomie dantesque, soit affiner les smartphones en conservant une autonomie similaire. Ils ont visiblement opté pour la finesse, l’autonomie étant pourtant le critère de choix numéro un des consommateurs lors d’un achat.

Pourquoi un tel choix ? Pour vendre davantage, évidemment. Affiner les smartphones, c’est l’assurance de relancer la machine à cash, un peu au ralenti ces derniers temps. Il suffit de regarder le design des iPhone ou Galaxy S de ces 3/4 dernières années pour s’apercevoir que les changements esthétiques sont minimes. Les consommateurs se lassent et retardent le renouvellement de leur appareil (on est passé de 24 mois à 38 mois en trois ans), ce qui ne fait pas les affaires d’Apple, Samsung et consorts.

Pour l’utilisateur, les bénéfices d’un smartphone ultra-fin et léger sont difficilement palpables. Au contraire, à première vue, ce type de smartphone présente même plus d’inconvénients que d’avantages. D’abord, celui de la solidité : un smartphone fin et léger dans une poche ou un sac, c’est un risque de casse plus important.

Surtout, la proposition technologique risque de décevoir. Des ingénieurs d’Asus nous expliquaient il y a quelques années que l’espace était la première contrainte dans la conception d’un smartphone. Ils devaient imaginer le meilleur agencement possible des composants pour assurer une expérience optimale dans un format acceptable. C’est finalement l’histoire de la miniaturisation.

Or, les composants actuels, très performants, font rapidement monter la température. Des systèmes de refroidissement ont donc été ajoutés, les mécaniques de circulation de l’air ne suffisant plus à le faire s’échapper assez rapidement. Les ingénieurs vont donc devoir arbitrer sur les composants utilisés. Le module photo occupant une part importante du châssis, il devrait faire l’objet de quelques sacrifices. Par exemple, le Galaxy S25 Edge de Samsung n’est équipé que de deux optiques. Pas très convaincant tout cela.

La photo sur smartphone poussée à l’extrême

@pressecitron

 Fixer un objectif d’appareil photo sur ton téléphone, c’est maintenant possible ! 😱📸
Xiaomi #MWC2025 #photo

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Ce plafond de verre, on le retrouve aussi dans l’évolution de la photographie sur smartphone. En 2025, les modèles ultra-premium atteignent un niveau d’excellence permettant de faire de la photographie professionnelle (osons l’affirmer) avec un téléphone. Dévoilé au MWC, le Xiaomi 15 Ultra, conçu en partenariat avec Leica, en est le parfait exemple.

D’aucuns diront que tout le monde n’a pas les moyens de dépenser 1 500 euros dans un téléphone. C’est exact. Nous leur rétorquerons que l’on peut profiter d’une expérience remarquable sans se ruiner : un Pixel 8a, un Galaxy A55 ou un Nothing Phone (3a) Pro; proposés à moins de 500 euros, sont d’excellents photophones.

Comment convaincre les consommateurs d’aller plus loin ? Certains, comme Xiaomi, ont de bonnes idées : le Xiaomi 15 Ultra est livré avec un kit photo. Il prend la forme d’une petite poignée que l’on fixe au port USB-C pour transformer le smartphone en petit appareil compact. Il proposait déjà cet accessoire avec son Xiaomi 14 Ultra, une excellente idée pour séduire les passionnés.

Mais à Barcelone, Xiaomi s’est quelque peu enflammé en présentant un concept de smartphone pouvant accueillir un vrai objectif. Le chinois Realme semble partager la même vision (d’horreur), même si la méthode est différente. Xiaomi opte de son côté pour une fixation magnétique sur laquelle on greffe un objectif créé spécifiquement pour ce modèle. Chez Realme, le contour du module photo dispose d’une griffe sur laquelle on amarre un objectif déjà disponible sur le marché.

Dans les deux cas, la démarche se rapproche plus d’un coup de com’ qu’autre chose. Le grand public est bien loin d’attacher tant d’importance à la photo sur smartphone. Quant aux passionnés et professionnels, ils s’équiperont plutôt d’un boîtier s’ils envisagent de trimballer une palette d’objectifs.

L’histoire a d’ailleurs démontré que de tels produits ne trouvaient pas preneur. En 2013, Sony lançait les QX10 et QX100, des objectifs inspirés d’un compact que l’on fixait à un smartphone pour le transformer en appareil photo. Un flop.

L’IA, toujours là mais jamais là

Finissons ce tour des tendances du MWC par l’IA, devenue un marronnier du salon de Barcelone. Plus présente que jamais dans nos vies depuis l’avènement de ChatGPT, l’IA est pourtant la star de la capitale économique espagnole depuis plus de dix ans.

Cette édition 2025 a été le théâtre d’annonces parfois rocambolesques. Par exemple, Honor disposait de l’un des plus grands stands du salon alors qu’aucun nouveau produit n’était annoncé. Sa conférence était centrée sur le suivi des mises à jour Android pendant 7 ans sur certains de ses appareils ainsi que la mise en place d’un projet IA à grande échelle à 10 milliards de dollars. Quoi d’autre ? Rien.

Les annonces les plus concrètes en matière d’IA concernent Google. L’américain tire profit de Gemini en le fournissant à l’ensemble des constructeurs. Ainsi, OPPO et Xiaomi ont annoncé l’intégration d’outils IA comparables à ceux que l’on trouve dans les Galaxy S25 de Samsung, avec une inter-opérabilité entre les applications de Google et celles du constructeur, le tout piloté par Gemini. On est encore bien loin de la prochaine révolution du smartphone.

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