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Pourquoi Sony investit 460 millions de dollars pour s’emparer de l’univers de Snoopy ?

Entre les mains de Shunsuke Muramatsu (CEO de Sony Music Japan), le célèbre petit chien et la bande de Schultz s’apprêtent à devenir des actifs culturels mondiaux à faible risque.

Même si Snoopy est très familier en France, on ne sait pas forcément qu’il appartient à une marque culturelle transgénérationnelle née de la bande dessinée Peanuts. Créée en 1950 sous la plume du génial dessinateur américain Charles M. Schulz, c’est un univers qui vaut aujourd’hui son pesant d’or (d’où sa présence au catalogue Apple) et Sony veut poser la main dessus. Le groupe japonais souhaite débourser environ 460 millions de dollars pour racheter les 41 % de parts détenus par le groupe canadien WildBrain. Un courtier de la pop-culture (propriétaire des Teletubbies ou d‘Inspecteur Gadget), qui réalise au passage une belle plus-value en quittant le capital.

Pour Sony, qui possédait déjà 39 % de la franchise depuis 2018, l’opération lui permettrait de grimper à 80 % du capital, mettant ainsi Peanuts au bout de sa laisse. Les héritiers de la famille Schulz, eux, conserveront 20 % pour garantir l’intégrité de l’œuvre, mais c’est bien Sony qui prendrait désormais les rênes de la licence si l’accord est accepté.

Pourquoi un tel investissement pour un personnage âgé de 75 ans ?

C’est la division Sony Music Japan (SMEJ) qui est aux rênes de l’opération ; au Japon, cette branche est une machine de guerre du merchandising et de la gestion de licences lifestyle de ce type. L’objectif serait, à terme, de dupliquer à l’échelle mondiale le modèle nippon : transformer une icône de la BD en un empire de produits dérivés, d’expositions et de parcs à thèmes (comme le Snoopy Museum de Tokyo).

En prenant le contrôle de la propriété intellectuelle de cet univers, Sony s’offrirait d’abord un droit de veto sur son avenir. Que ce soit pour les futurs films ou les contrats d’exclusivité avec les plateformes de streaming, elle serait désormais le passage obligé. Posséder 80 % de Peanuts, c’est s’assurer une rente sur un actif qui ne se démode jamais : une assurance-vie culturelle.

Le PDG de Sony Music Japan, Shunsuke Muramatsu est déjà ravi de l’opération : « Avec cette prise de contrôle, nous allons pouvoir maximiser le potentiel de Peanuts en comptant sur la puissance de frappe mondiale et l’expertise de tout le groupe Sony ».

Comme Peanuts souffle en 2025 ses 75 bougies (une éternité à l’échelle de la pop-culture), Sony s’assurera donc que le gâteau d’anniversaire lui sera presque entièrement réservé. Peut-être que Snoopy perdra un peu de son âme si les autorités de régulation valident ce rachat, mais « business is business », comme on dit. Dans l’industrie du divertissement, tous les acteurs du secteur sont toujours à la recherche de la prochaine poule aux œufs d’or. L’entreprise japonaise a préféré s’emparer de la poule qui pond en rafales depuis 1950 plutôt que d’essayer d’en couver une nouvelle ; une manière de garder pour elle l’essentiel de la valeur qui en sera dégagée.

  • Sony investit 460 millions de dollars pour acquérir 41 % des parts de Peanuts détenues par WildBrain, atteignant ainsi 80 % du capital.
  • L’objectif est de transformer l’univers de Snoopy en un empire mondial de produits dérivés et d’expériences, s’appuyant sur le modèle japonais de merchandising.
  • Cette prise de contrôle permet à Sony d’avoir un droit de veto sur l’avenir de la franchise, assurant une rente sur un actif culturel intemporel.

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