Open AI a dévoilé Sora 2, la nouvelle version de son générateur de vidéos par IA, le 30 septembre dernier. Il s’agit d’un outil ultra performant qui permet aux utilisateurs de donner vie à leur imagination, en apparence sans aucune limite. A l’image de Veo 3 de Google, l’image est non seulement très réaliste, mais accompagnée du son. Sur ce segment, on sent qu’un vrai pallier a été franchi en termes de technologie, mais ce n’est pas sans engendrer tout un tas de problèmes.
La génération de vidéos est désormais à la portée de tout le monde, avec un simple prompt. En plus de l’outil, Open AI a conçu un réseau social dédié, sorte de clone de TikTok dans lequel les utilisateurs partagent leurs créations d’une durée de 10 secondes (pour l’instant réservé qu’aux Etats-Unis et à iOS). Chats qui font du patinage artistique, séquences inventées d’animés, chiens qui se baladent dans l’espace, cascades surréalistes, tous les délires sont permis. C’est pensé pour être fun et communautaire… mais il y a un hic : les droits d’auteurs n’y sont absolument pas protégés.
Sora 2 est un cauchemar pour les ayants-droits
Comme le note Jason Koebler du site 404Media, l’application d’Open AI est synonyme de far west en ce qui concerne l’utilisation de personnages ou d’univers sous licence. Sora 2 ingère et recrache bêtement tous les contenus qu’il trouve, même protégés, pour créer des vidéos « funs ». Un procédé déjà utilisé par son concurrent direct, Grok, qui n’a que faire de la propriété intellectuelle. Ainsi, le fil de l’application est souvent parsemé par des détournements, comme Dracaufeu qui signe la déclaration d’indépendance des Etats-Unis, Dark Vador qui passe la sécurité d’un aéroport, Batman qui danse ou encore Rick et Morty dans le monde de Minecraft.
Cela peut paraître inoffensif, mais c’est sans compter sur la créativité des internautes qui testent les limites de l’outil. Ainsi, 404Media indique être tombé sur un Pikachu qui vole dans un magasin ou encore un Bob l’Eponge grimé en haut dignitaire nazi. Bref, c’est la jungle.
Le fait est qu’Open AI semble avoir totalement lâché la rampe en ce qui concerne le respect de la propriété intellectuelle. Comme l’indique The Hollywood Reporter, tout porte à croire que l’outil a été entraîné en intégrant un nombre incalculable de films, de séries télévisées ou de jeux vidéo. Les grosses sociétés peuvent toujours demander à retirer les contenus à postériori, ou faire des procès, mais c’est un combat perdu d’avance, tant les vidéos et les détournements sont nombreux et que les données ont déjà été digérées par l’IA. Plus grave encore, si Sora 2 a été entraîné sur des contenus appartenant à de grandes entreprises, nul doute qu’il a également volé des artistes plus modestes qui n’ont aucun moyen de se défendre contre un tel mastodonte. Un procédé cynique, étant donné que les “créateurs” des vidéos IA se tournent évidemment vers des outils qui leur permettent de parodier des figures de la pop culture plutôt que de créer des contenus plus « plats ».
Les soucis générés par Sora 2 ne s’arrêtent pas là, puisque la fonctionnalité Cameo permet de créer facilement des deepfake. Le but est que les utilisateurs scannent leur visage pour se mettre dans des situations loufoques. Si théoriquement, seul le visage du propriétaire du compte peut être utilisé dans ses détournements, contourner les restrictions est aisé. Seul garde-fou : les contenus à caractère pornographique sont prohibés. C’est déjà ça.
- Sora 2 est un nouvel outil de création de vidéos par IA
- La propriété intellectuelle n’y est pas respectée, et les utilisateurs en profitent pour faire des détournements
- La fonctionnalité Cameo, qui permet de créer des deepfake, est aussi au centre des préoccupations
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