Le profil des dirigeants de startups qui parviennent à lever des fonds a grandement changé en peu de temps, selon une étude réalisée par la banque d’affaires Cambon Partners, spécialiste des entreprises en pleine croissance.
Des profils plus techniques
L’enquête se concentre sur les levées de fonds de croissance, c’est-à-dire comprises entre 10 et 15 millions d’euros, et a été menée auprès de 460 startups entre 2018 et 2024. Un laps de temps significatif, qui permet de dresser un constat entre deux périodes ; l’époque de la frénésie jusqu’à 2022, puis une phase beaucoup plus compliquée, affectée par des contextes économique et géopolitique défavorables.
La première observation de Cambon Partners porte sur le cursus des dirigeants des startups ayant levé des fonds pendant la période difficile. 74 % d’entre elles comptent au moins un fondateur issu d’un cursus STEM (science, technologie, ingénierie, mathématiques), soit 9 % de plus que lors des années précédentes.
Cela se remarque également lorsque l’on s’intéresse aux écoles desquelles ils sont issus. Bien que HEC maintienne sa position de leader, son score recule de 5 points et s’établit à 19 % sur ces dernières années. Ce niveau la place désormais à égalité avec Polytechnique, qui progresse pour sa part de 2 points. De manière générale, les écoles d’ingénieurs marquent une avancée notable, traduisant la récente dynamique observée au sein de la French Tech.
Dans ce contexte, les investisseurs privilégient les solutions plus techniques à l’instar de la greentech et de l’intelligence artificielle (IA), deux secteurs qui portent les levées de fonds des startups. Pour rappel, Mistral AI a levé 600 millions d’euros en juin dernier. C’est aussi pour cette raison qu’ils se dirigent vers des approches moins risquées, comme le B2B au détriment du B2C.

Davantage d’expérience
Mais les temps sont durs. « Les tours entre 10 et 50 millions sont désormais compliqués pour tout le monde. Avoir monté un logiciel par le passé n’est pas forcément un gage d’aide pour lancer une startup industrielle dans la greentech », remarque Romain Dehaussy, associé chez Cambon Partners, dans un entretien accordé aux Échos.
Dans la même optique, l’expérience professionnelle des dirigeants avant qu’ils ne fondent leur entreprise a augmenté, passant de 8,7 ans à 9,6 ans. Autre point notable : il semblerait qu’un nombre trop important de fondateurs nuise aux performances des entreprises. Seulement 6 % de celles qui en possèdent plus de quatre ont opéré des tours de table, contre 11 % durant la période euphorique.
Point positif, l’écosystème continue de (lentement) se féminiser, avec une augmentation notable : 17 % des start-up ayant levé entre 10 et 50 millions d’euros incluent désormais au moins une femme parmi leurs fondateurs, contre seulement 12 % sur la période 2018-2022.
- Les fondateurs de startups qui lèvent des fonds sont plus techniques et expérimentés que sur la période 2018-2022.
- Cela traduit les intentions des investisseurs, qui se tournent davantage vers des solutions techniques comme l’IA et la greentech dans un contexte défavorable.
- L’étude, menée par Cambon Partners, dresse un constat morose pour l’écosystème de la French Tech depuis 2022.
📍 Pour ne manquer aucune actualité de Presse-citron, suivez-nous sur Google Actualités et WhatsApp.