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Critique Stranger Things saison 3 : du bon, mais pas que…

Stranger Things saison 3 : entre démarrage laborieux et horreur réussie, heureusement on a Dustin, Steve, Robin et Erica !

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© Netflix

Stranger Things saison 3 est une drôle de bestiole. Des passages excellents, des épisodes d’intro interminables, du bon et du très agaçant.
Je vous donnerai d’abord mon avis sans spoilers si vous hésitez à la regarder, mais je passerai rapidement aux spoilers parce que bon, si vous lisez un tel article, il y a de fortes chances que vous ayez déjà vu tous les épisodes !

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Je pense que cette saison 3 de Stranger Things sera celle qui créera le plus de désaccord entre les spectateurs en termes de ressenti et d’opinion tout simplement.

La qualité des saisons 1 et 2

La première saison était pour moi une claque est une véritable réussite, avec un parti pris marqué, une prise de risque et énormément de travail sur le casting, le son et l’image pour obtenir un excellent résultat.

La deuxième saison était moins percutante, car l’effet de surprise était éventé et de nombreux éléments de la première étaient repris, certains critiquaient même un effet « copié-collé. »

Je n’avais pas été autant gêné, car de nouveaux personnages comme Bob et Max et les évolutions d’autres, notamment de Steve, permettaient il me semble d’enrichir les situations.

Outre la redite, on avait également le problème de l’escapade d’Eleven partie rencontrer Kali dans une histoire secondaire quasiment sans intérêt.

Une saison 3 au démarrage difficile

Cette saison 3 souffre à mes yeux de défauts un peu plus marqués, même si elle compte également à son actif quelques éléments très réussis.
La saison 3 est particulièrement lente au démarrage, avec une qualité très variable selon les ambiances et thématiques qu’elle instaure et aborde.

Alors faut-il regarder cette saison 3 ? La réponse est assez simple pour moi, c’est oui si vous avez beaucoup aimé les deux premières et non si vous étiez déjà très mitigé en saison 2. Pour nuancer un peu, je dirais que les fans d’horreur qui n’ont pas accroché à la saison 2 pourraient apprécier davantage cette saison 3 pour la réussite de ses scènes de monstre tout simplement. Si c’est un facteur déterminant pour vous, ça vaut le coup.

Enfin, l’une des forces de la série, c’est aussi le nombre réduit d’épisodes. 8 pour la saison 3, donc au pire, l’investissement de temps reste relativement raisonnable. D’autant plus que, de mon point de vue, la saison va plutôt en s’améliorant, le dernier épisode étant sans doute le meilleur.

Stranger Things saison 3 : les spoilers !

Allez, c’est bon, la récréation est terminée, on peut passer aux spoilers, à partir de ce point, considérez-vous comme prévenus !

J’ai envie de commencer par les points faibles pour terminer sur les réussites et avant de me jeter des cailloux ou des insultes, pensez que vous risquez d’endommager votre écran ou votre karma.

Épisodes 1 à 3 : du teen drama souvent lourdingue

Déjà, les trois premiers épisodes sont clairement les plus faibles de la saison, ça s’éternise sur des sujets lourdingues ou mal exploités et on a l’impression d’une perte de temps qui ne fait avancer que lentement l’intrigue et quasiment pas du tout les personnages.

La faute en revient surtout à l’accent sur les ennuyeuses amours de Mike et Eleven et l’insupportable cabotinage entre Jim Hopper et Joyce Byers.

Autant la montée des sentiments enfantins entre Mike et Eleven était mignonne dans les deux premières saisons, autant la gestion de leur temps d’embrassade et du degré d’intimité est rapidement devenue pénible.

Quand après on passe en mode exploration à deux balles des perceptions du sexe opposé et conseils pourris des amis, pour moi on perd tout simplement du temps d’écran avec de la mauvaise comédie.

Alors oui, peut-être que ça parlera plus à un public adolescent, mais je n’en suis même pas convaincu.

Max et Lucas laissés en friche (je viendrai à Will plus tard)

L’un des effets pervers de cette approche scénaristique, c’est que Max et Lucas se retrouvent cantonnés tous les deux au rôle de conseiller sentimental, sans aucun autre développement pour eux.

Si Max a droit à quelques scènes « feel good » avec Eleven, Lucas est certainement le personnage le plus délaissé de la saison, sans enjeu ni aspérité, il devient totalement inutile.

Son seul rôle de la saison consiste à penser à attaquer le mind flayer avec des feux d’artifice. Ok, super.

Du côté de Max, c’est d’autant plus dommage que le destin de son beau frère Billy aurait dû permettre une véritable exploration de leur relation et de leur cohabitation.

Et Billy dans tout ça, au centre ou pas tant que ça ?

Malheureusement, c’est un aspect totalement laissé de côté, pour moi, cela réduit considérablement l’impact émotionnel potentiel du sacrifice final de Billy.

Pour être clair, j’ai trouvé que son sacrifice et sa reprise de contrôle in extremis étaient un beau moment, mais je pense qu’on aurait pu avoir bien mieux encore avec plus d’exploration du contexte familial, du quotidien et surtout de la vie intérieure de Billy pendant tout ce temps de possession.

Si on avait assisté à des sortes de combats dans son esprit, entre sa volonté et celle du mind flayer, on aurait pu magnifier son rôle et sa fin.
Le temps nécessaire à ces développements aurait pu être pris sur les scènes à rallonge entre Jim et Joyce, avec notamment une Winona Ryder qui traverse cette saison avec un air ahuri alors qu’elle était excellente dans la première.

Jim Hopper : le shérif Homer Simpson

Quant à Jim Hopper, qui était clairement pour moi l’un des grands points forts des deux premières saisons, cette fois on le gâche en l’orientant tellement vers l’humour et le côté ronchon qu’on se retrouve avec la version caricature cartoonesque du personnage.

Certains se sont même offusqués du caractère « toxique » de Hopper… bon, n’exagérons rien, c’est surtout et presque uniquement d’ailleurs, une source de comédie dans cette saison, le trait est donc forcé et il est peut-être plus urgent de s’offusquer sur autre chose.

 

L’upside down totalement oublié

Trop de longs passages sans véritable intérêt, du coup, on est ravi quand la série revient enfin à un groupe qui fait avancer le scénario.
Outre ces soucis de rythme et de tonalité, on a également une faiblesse criante dans le développement de la mythologie propre à la série.

En effet, avec l’introduction des Russes et de leurs expériences, on pouvait espérer découvrir quelques informations étonnantes ou inquiétantes sur l’upside down.

Malheureusement, au final, c’est la saison qui en dit et en montre le moins sur la fameuse dimension parallèle. Aucun point de vue ne vient ajouter de la profondeur ou du mystère à cette dimension fantastique qui se trouve uniquement résumée à l’aspect horrifique et monstrueux de la saison.

On perd l’aspect étrange, inquiétant et presque fascinant des explorations des deux premières saisons.

Les Russes et la propagande des années 1980

Puisque j’évoquais les Russes, mon dernier grand regret pour cette saison correspond à la caricature, déjà évoqué pour Hopper, mais qui cette fois s’étend à tous les personnages russes.

Tous les Russes sont des méchants, sauf un, Aleksei, dont le rêve consiste uniquement à profiter de toutes les merveilles de la société américaine et du capitalisme (oui, on peut le comprendre, vu la société russe de l’époque, mais quand même !)

Alors oui, il peut nous faire sourire et on est un peu triste de le perdre, mais bon, il reste un simple cliché.

Au passage, on nous gratifie d’un pseudo Terminator russe sans aucune épaisseur autre que musculaire, encore une occasion ratée de nous offrir un méchant plus mémorable.

Je sais bien que les années 80 étaient l’époque bénie pour des méchants Russes caricaturaux, mais nous ne sommes plus dans les années 80 et la propagande de Rocky 4 ne peut pas être reprise telle quelle en 2019 sans aucun effort pour venir la nuancer.

Évidemment, on comprend que c’est un clin d’œil, mais bon, la série en fait déjà tellement qu’à force elle va finir par voir le monde en mode stroboscopique.

Stranger Pubs

Je passe sur les placements de produit du type Coke, M&Ms et surtout Burger King, ou encore sur le rôle de sauveuse in extremis très répétitif d’Eleven pour en venir aux principales qualités de cette saison.

L’horreur comme grande réussite de la saison

Heureusement, il y a aussi des choses très réussies et notamment tout ce qui touche à l’horreur organique et aux scènes d’action.

Pas la peine de sortir la litanie des inspirations pour cette saison, mais les plus évidentes sont sans doute The Thing, Alien ou encore Le Blob, sans oublier Body Snatchers ou l’invasion des Profanateurs en VF.

La fabrication du corps du mind flayer vient exprimer toute l’horreur de l’incarnation d’une idée du mal dans le monde matériel.

Communisme et Mind flayer (rouge)

C’est quasiment le mal absolu qui vient saisir, broyer et modeler la chair humaine et aliéner à la chaîne les pauvres âmes qui viennent perdre leur individualité dans une masse commune.

Là où les zombies de Romero illustrent la frénésie de consommation capitaliste, on pourrait voir dans cette dilution de l’individu dans le monstre collectif de Stranger Things une vision terrible du modèle communiste.

Stranger Things 3, choquante ?

Pour en revenir à une analyse plus premier degré, j’ai trouvé ces aspects gore très réussis, au point où je me suis demandé si certains spectateurs des premières saisons avaient pu être révulsés par ce que montrait cette saison 3.

Dans les affrontements, on a une belle tension et souvent une chorégraphie très correcte, sachant que des saisons précédentes je garde surtout le souvenir du combat de la première, contre le démogorgon dans la maison des Byer.

En termes de construction scénaristique, j’ai apprécié la performance qui consiste à éclater l’intrigue entre quatre groupes initiaux qui prennent chacun l’histoire par un bout différent.

Une construction scénaristique astucieuse

On a Hopper, Joyce puis Aleksei et Bauman, Dustin, Steve, Robin et Erica, Jonathan et Karen et enfin Mike, Eleven, Max et Lucas.
Pas facile de jongler avec tout ça tout en les réunissant de manière relativement cohérente, mais la saison y parvient assez bien.

Quant aux personnages les plus réussis, il s’agit sans conteste pour moi de Dustin et Steve, comme en saison 2. Steve est un personnage fascinant, car il reste cool dans une situation personnelle dure.

En plus, il essuie en fin de saison une nouvelle déception amoureuse qu’il encaisse comme un chef.

Dustin, ce héros

Dustin doit énormément à l’interprétation de Gaten Matarazzo, toujours pleine d’authenticité de d’énergie. Puis bon, il est quand même dans la scène la plus drôle de la série avec la chanson de l’histoire sans fin en duo avec Suzie. Respect.

Millie Bobby Brown est sans conteste une bonne actrice, mais finalement ce n’est que dans la scène du message de Hopper qu’elle peut vraiment le montrer, sachant que l’actrice a tenu à ce qu’on la filme alors qu’elle entendait le message, diffusé en voix off sur le plateau pour la première fois.

Robin et Erica

Robin est un personnage assez attachant aussi, qui apporte un contrepoint parfait à Steve surtout et on note au passage que l’interprète, Maya Hawke, n’est autre que la fille d’Ethan Hawk et Uma Thurman, rien que ça.

Après, est-elle trope jolie pour être crédible en outsider du lycée, pas forcément puisque ce sont plutôt ses goûts et potentiellement son orientation sexuelle qui l’ont mise un peu à part.

On a Erica enfin, même si elle se résume à quelques adjectifs, au moins on ressent bien sa personnalité et c’est un ressort comique plutôt efficace. La voir recevoir la boîte rouge de Donjons &Dragons en fin de saison, voilà qui l’intronise définitivement comme une extension du groupe initial.

Un enjeu central déjà vu

Sur le scénario dans ses grandes lignes, au final l’enjeu de fond reste exactement le même qu’en saison 2, à savoir refermer le portail entre les dimensions.
On n’apprend absolument rien quant aux intentions des Russes et pour ce qui est de la disparition de Hopper, elle est aussi convaincante que celle d’Eleven en fin de première saison, à savoir pas du tout.

Le destin de Hopper et la scène post-crédits

Puisque sa mort n’est pas montrée, c’est qu’il est vivant, même si on ne peut pas avoir la certitude absolue que Hopper est bel et bien le fameux américain de la scène post-crédit.

Entre ce point de suspense et la perte temporaire des pouvoir d’Eleven, aucun doute qu’une suite se prépare, d’autant plus que les chiffres communiqués montrent la puissance de la série auprès des abonnés Netflix.

Will, un potentiel peu exploité

Dans tout ça, reste Will, que je n’ai pas évoqué. Il est cruellement sous-exploité et en tant que spectateur, on ne peut qu’être de son côté quand on le sent consterné de voir Mike et Lucas délaisser une superbe campagne de D&D pour parler des filles.

Décidément, l’adolescence, c’est parfois relou et cette saison nous le fait parfois bien trop ressentir. Certains rageront dans le vide sur l’homosexualité très claire de Robin et celle suggérée pour Will.

Personnellement, je n’y vois rien de particulier à en dire, si ce n’est qu’il est logique de retrouver évoquée à l’écran cette réalité qui fait partie de la vie sans qu’on en fasse un sujet majeur, puisque tel n’est pas le propos de la série.

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3 Commentaires

3 Commentaires

  1. Vincent

    19 juillet 2019 at 19 h 33 min

    C’est la première fois que je vois une critique tout à fait en accord avec mon ressenti global, merci ça me rassure quand je vois l’emballement sur les réseaux sociaux. J’ai été globalement déçu et je reste sur ma faim quand à cette saison !

  2. Benji

    19 juillet 2019 at 22 h 06 min

    Très bonne critique, entièrement d’accord avec ce qui est dit c’est une saison très inégale avec des choses intéressantes qui pêche surtout par le sous jeu de certains acteurs, qui ne sont pas autant au « top » que Dustin, Steve ou la sœur de Lucas. Dommage ! Peut être qu’un nouvel alignement de planète aura lieu à la saison 4

  3. Edy

    20 juillet 2019 at 23 h 45 min

    Dans l’ensemble je suis assez d’accord avec cette critique. Par contre Millie Bobby Brown une bonne actrice ? elle a surtout un rôle en or. Je trouve au contraire qu’elle en fait trop. Je serai surpris qu’elle fasse une grande carrière ensuite.

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