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Tempête Goretti : la France secouée par un épisode météo extrême, avec des rafales dépassant 200 km/h

Quand Dame Nature décide de rappeler qui est le patron, elle ne fait pas les choses à moitié. Le nord-ouest du pays panse ses plaies ce matin.

Ce matin, une partie de l’Hexagone se réveille avec la gueule de bois. Après deux épisodes neigeux qui avaient couvert le pays d’un joli manteau blanc, voilà que la tempête Goretti est venue frapper à sa porte, avec la violence d’un Goliath. Qualifiée de « bombe météo » par les experts en raison d’une chute de pression atmosphérique fulgurante, cette dépression a balayé le quart nord-ouest de la France durant la nuit.

Elle a été si intense, quasiment comparable à un ouragan, qu’il est impossible de ne pas se replonger dans les (mauvais) souvenirs de la tempête Ciaran de novembre 2023. Durant de longues heures, de nombreux départements français ont été plongés dans le chaos que connaissent régulièrement les pays tropicaux… les températures douces en moins.

Un record de 213 km/h enregistré en Normandie

Le département de la Manche, seul placé en vigilance rouge par Météo France jusqu’à 3 heures ce matin, a été l’épicentre du phénomène. Les chiffres donnent le tournis : une rafale stratosphérique a été flashée à 213 km/h à Barfleur-Gatteville, flirtant avec les plus haut records de notre pays depuis 60 ans.

D’autres valeurs affolantes ont été relevées sur le littoral normand, comme 182 km/h à Barneville-Carteret et 172 km/h à Saint-Vaast-la-Hougue. L’observatoire Keraunos a d’ailleurs confirmé que Goretti a atteint les critères d’un réel ouragan, une classification rare pour nos latitudes.

Avec un vent moyen soutenu dépassant les 121 km/h sur une période de 10 minutes, la dépression est ainsi grimpée à la force 12 sur l’échelle de Beaufort, l’échelon ultime. Les images satellites ont d’ailleurs révélé un enroulement nuageux spectaculaire, caractéristique des systèmes dépressionnaires à intensification rapide, créant ce que les météorologues appellent un œil de basse pression particulièrement creusé.

Capture Windy Goretti
On distingue nettement la structure en spirale de Goretti, caractéristique des tempêtes prenant la forme d’ouragan. © Capture d’écran / Windy

La Bretagne n’a pas été épargnée avec des pointes à 153 km/h à Belle-Île-en-Mer et 152 km/h à l’Île-de-Bréhat. Même la capitale a tremblé sous les assauts de Goretti : à 21 h 45 hier soir, on mesurait déjà 118 km/h au sommet de la tour Eiffel. En mer, les conditions étaient apocalyptiques avec des creux atteignant les 13 mètres au large du Finistère, des Côtes-d’Armor, de la Manche et de l’Ille-et-Vilaine.

Si le pire semble passé à l’ouest ce matin, 21 départements sont encore en vigilance orange vent, et les Hauts-de-France s’apprêtent à subir le gros des vents (jusqu’à 120 km/h dans les terres) avant que Goretti ne se déplace vers nos amis belges.

380 000 foyers dans le noir et des transports paralysés

Après de tels vents, le bilan matériel est malheureusement extrêmement lourd. Selon les dernières informations divulguées par Enedis à 6 h 00 aujourd’hui, 380 000 clients sont privés d’électricité sur l’ensemble du territoire. La Normandie paie le plus lourd tribut avec 266 200 foyers sans courant, suivie de la Bretagne (21 000) et de la Picardie (18 500). Pour faire face à l’urgence, la Force d’Intervention Rapide Électricité (FIRE) a été déployée avec plus de 2 000 techniciens envoyés sur le pont pour colmater les dégâts.

Dans les départements de la Manche et de la Seine-Maritime, les préfectures ont pris une lourde décision : les écoles, collèges et lycées gardent leurs portes closes pour toute la journée de vendredi.

Le rail n’est pas mieux loti avec un trafic TER totalement interrompu dans les Hauts-de-France. En Normandie, la SNCF a suspendu l’ensemble des circulations ferroviaires, ne prévoyant une reprise progressive qu’en milieu d’après-midi, une fois les voies sécurisées.

Cinq grands viaducs, dont le pont de Normandie et le pont de Cheviré à Nantes, ont été fermés préventivement. Cela évitera ainsi que des accidents surviennent, lesquels mobiliseraient inutilement les équipes de secours déjà surchargées. Même l’abbaye du Mont-Saint-Michel, l’un de nos plus beaux emblèmes nationaux, ne devrait rouvrir ses portes qu’à partir de 14h.

Heureusement, malgré les toitures arrachées et les chutes d’arbres, aucun blessé grave n’est, pour le moment, à déplorer. Un miracle, mais il faut dire que le Gouvernement avait mis le paquet niveau prévention, en déployant tous les moyens imaginables pour que la population reste à l’abri. Néanmoins, si vous le pouvez, tenez-vous éloignés des littoraux si vous habitez dans les régions concernées (Somme, Seine-Maritime, Calvados, Manche, Ille-et-Vilaine et Côtes-d’Armor), ceux-ci étant encore balayés par des vents tempétueux et soumis à une vigilance orange vagues-submersion. Goretti s’est heureusement affaiblie en se dirigeant vers le nord, mais elle laisse derrière elle une mer encore déchaînée et des centaines de milliers d’habitants sous le choc.

  • La tempête Goretti a frappé le nord-ouest de la France avec des rafales atteignant 213 km/h, provoquant des dégâts considérables.
  • 380 000 foyers sont privés d’électricité, avec des transports paralysés et des écoles fermées dans plusieurs départements.
  • Bien que la tempête ait causé des destructions, aucun blessé grave n’est à déplorer grâce aux mesures de prévention mises en place.

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