Comme les rumeurs l’évoquaient, Apple avait bien réservé quelques surprises pour la fin d’année 2024. Durant la dernière semaine d’octobre, la marque a dévoilé une série de nouveaux ordinateurs inaugurant la dernière gamme de puces M4. Parmi eux, le Mac mini est de loin le plus abordable, mais aussi le plus original.
Apple a en effet réduit les dimensions de son petit ordinateur de bureau. À peine plus volumineux qu’une Apple TV, il renferme pourtant l’une des puces les plus performantes de l’entreprise (et du marché), une connectique généreuse au regard de son format ainsi qu’une connectivité améliorée. La bonne surprise vient de son prix : le Mac mini édition 2024 est proposé à partir de 699 euros seulement.
Ce positionnement tarifaire détonne avec les habitudes d’Apple. Forcément, nous avons voulu savoir s’il y avait un loup. Spoiler : il n’y en a pas, le Mac mini est bien l’ordinateur de bureau le plus intéressant du moment. Et on vous explique pourquoi après quelques jours d’utilisation.
Apple Intelligence absent… pour le moment

Avant d’entrer dans le vif du sujet, il nous semblait opportun de faire le point sur Apple Intelligence, l’IA promettant de révolutionner l’utilisation des machines Apple. À l’instar des derniers iPhone et iPad, les nouveaux Mac sont prêts à accueillir Apple Intelligence… aux Etats-Unis.
En France, AI n’est toujours pas disponible. Apple a toutefois indiqué que son IA débarquerait dans certains pays d’Europe (dont la France), dès avril 2025.
Si cette absence reste remarquée pour un lancement, elle est moins rédhibitoire pour le cas des Mac. Les ordinateurs d’Apple n’entrant pas de le cadre du DMA, ils peuvent déjà intégrer Apple Intelligence grâce à une simple manipulation n’obligeant pas à reconfigurer toute la machine. En revanche, il faut accepter d’utiliser un ordinateur en anglais.
Pour profiter d’Apple Intelligence sur un Mac compatible en France, il suffit de changer la langue du système ainsi que celle de Siri en Anglais US. Ensuite, vous n’avez plus qu’à vous inscrire depuis les réglages et les fonctionnalités débarqueront automatiquement.
Pour l’heure, elles restent très limitées. Les optimisations liées au résumé ou retranscription de texte sont disponibles, mais uniquement en anglais. Siri amélioré est aussi de la partie, mais sans ChatGPT. Il faudra attendre la mise à jour macOS Sequoia 15.2 pour voir débarquer l’IA d’OpenAI. Mais là encore, tout sera limité à l’anglais jusqu’à avril 2025. La révolution IA attendra donc encore un peu chez Apple. Vous êtes prévenus.
Ce qu’on a aimé du Mac mini M4
Son format ultra-compact

Le Mac mini n’a jamais aussi bien porté son nom. Plus petit que jamais, il prend les allures d’une Apple TV qui aurait mangé un Mac Studio. Vous n’avez pas la référence ? Imaginez un boîtier d’aluminium carré de 12,7 cm de côté aux coins arrondis sur une hauteur de 5 cm pour un poids de 670 grammes à peine. Voilà ce qu’est le Mac mini M4. Une machine ultra-compact qui s’invite sur n’importe quel bureau avec élégance et discrétion.
Premier ordinateur fixe neutre en carbone de l’entreprise, le Mac mini peut se loger partout. Séduits par ses lignes élégantes et ses finitions industrielles, nous avons choisi de le laisser bien en évidence sur notre bureau. Mais son format réduit permet de le cacher sous n’importe quel petit support d’écran pour le rendre totalement invisible. Il ne fait aucun doute que des accessoiristes proposeront aussi des solutions afin de le fixer directement derrière un moniteur ou sous un bureau.
Nous recommandons toutefois à celles et ceux optant pour la discrétion de ne pas oublier de choisir des emplacements laissant circuler l’air. Le Mac mini, comme tout ordinateur de bureau, doit disposer d’un espace confortable pour laisser s’échapper la chaleur produite par sa puce M4.
Dans tous les cas de figure, le design du Mac mini impressionne. En dehors de l’emplacement du bouton on/off (voir encadré), Apple réalise un sans faute.
Sa connectique généreuse

Malgré son format ultra-compact, le Mac mini intègre une connectique suffisamment riche pour ne pas se sentir à l’étroit. Nous sommes donc ravis de le voir équipé de 3 ports USB-C Thunderbolt 4 au dos (Thunderbolt 5 pour les versions M4 Pro) ainsi que deux ports USB-C en façade (USB 3.0). Il intègre également un port Ethernet et un HDMI à l’arrière. De quoi voir venir donc, même si certains regretteront l’absence de port USB-A ou de logement pour carte SD. Les contraintes d’espace auraient sans doute obligé les ingénieurs à faire des sacrifices plus ennuyeux au quotidien.
En effet, il nous a suffi de connecter un dongle avec un paquet de connectique supplémentaire (vendu une trentaine d’euros) sur l’un des ports USB-C disponibles. De riche, la connectique est devenue très riche.
Enfin, avec sa compatibilité WiFi 6E et Bluetooth 5.3, le Mac mini épouse les standards actuels. Les plus tatillons regretteront sans doute l’absence de WiFi 7, surtout sur une machine destinée à vivre plusieurs années.
Ses performances à peine croyables pour une telle machine

Comment une si petite machine, vendue à ce prix, peut-elle répondre à tant de besoins ? Voilà notre réaction en découvrant la puissance délivrée par le Mac mini M4.
La nouvelle puce M4 y est pour beaucoup, bien sûr. Composée d’un CPU de et d’un GPU de 10 coeurs associés à un NPU de 16 coeurs (pour l’IA), elle s’accompagne de 16 Go de mémoire unifiée et de 256 Go de stockage (pour la configuration de base). Notre modèle de test accueille 512 Go de stockage.
Apple assure que le CPU et le GPU de cette puce sont deux fois plus rapides (1,8 fois pour le CPU et 2,2 fois pour le GPU) que la génération précédente. Le NPU, lui, serait 3 fois plus performant. Si nous n’avons pas pour habitude de nous amuser avec les logiciels de benchmarking, nous avons tout de même voulu savoir si Apple disait vrai, tant la promesse nous semblait grandiose.
Nous avons donc pris une seconde claque en découvrant que les estimations d’Apple se révélaient tout à fait exactes. Concrètement, comment ces résultats se traduisent-ils au quotidien ?

D’abord, le chargement des applications, y compris les plus gourmandes en ressources, s’opère beaucoup plus rapidement. Le multitâche est aussi plus fluide, tout comme l’utilisation de la suite Office. Rien d’extraordinaire diront certains, un iPhone est aujourd’hui capable de telles prouesses. C’est vrai.
Le Mac mini dévoile tout son potentiel avec des logiciels avancés, nécessitant normalement des configurations vendues bien plus de 1 000 euros. L’édition de photos au format RAW sur Lightroom par exemple se révèle bien plus rapide. Apple promet une vitesse de traitement quasiment 7 fois plus rapide par rapport au dernier Mac mini sous Intel. Si nous n’avons pas pris de chronomètre pour le vérifier nous pouvons assurer que le gain de performance est notable.
Les apports de la puce M4 se ressentent encore davantage sur deux aspects : l’intelligence artificielle et le jeu. Dans le premier cas, la vitesse de transcription est tout bonnement impressionnante. Selon les applications utilisées, elle est de l’ordre de 10 à 13 fois plus rapide qu’avec un Mac mini sous Intel et 1,3 fois plus rapide qu’avec un modèle M2.
En jeu, les gains sont peu ou prou similaires. Le Mac mini est ainsi capable de faire tourner les jeux AAA de l’App Store avec une qualité graphique remarquable. Problème : ces jeux sont encore trop rares sur les machines Apple, aussi le Mac mini, comme tous les ordinateurs Pommés, ne peut être recommandé à un profil gamer. Dommage, car la puissance est bien là.

Les excellentes performances du Mac mini sont d’autant plus bluffantes que sa ventilation est des plus silencieuses. Nous pensions même qu’il en était dépourvu. Pour éviter la surchauffe et rendre le ventilateur le plus discret possible, les ingénieurs ont dû redoubler d’inventivité afin de maintenir un haut niveau de performances sans carboniser les composants.
La nouvelle architecture du Mac mini permet donc de dissiper la chaleur par en dessous. Apple ne détaillant pas ses secrets d’ingénierie, nous ne pouvons vous apporter d’autres détails sur cette conception unique sur le marché. En revanche, nous pouvons vous assurer que cela fonctionne, à condition de limiter les usages très gourmands à deux ou trois heures. Au-delà, les performances sont automatiquement réduites (throttling) afin de conserver une température décente sous le capot.
Si nous n’avons été confrontés que très rarement à ces situations, elles se sont tout de même présentées : lors d’une session prolongée (environ 2 heures) d’édition photo, de jeu et de montage vidéo. Des usages qui, s’ils se répètent, ne correspondent pas forcément à la cible du Mac mini. Pour les professionnels de la création par exemple, le Mac Studio est plus recommandé.
Ainsi, si l’on s’en tient à l’unique critère de performances, le Mac mini M4 ne souffre d’aucune concurrence à ce niveau de prix. Après quelques jours de test, nous restons bouche bée devant une telle ébauche de puissance dans un si petit format pour un tarif si accessible.
Le bouton de la discorde

Si nous vantons les mérites d’une conception impeccable, nous n’avons pas pu passer à côté de la polémique autour du bouton on/off du Mac mini. À peine annoncé que les réseaux sociaux s’emparaient déjà de ce défaut, à grands coups de critiques acerbes et autres memes.
Alors, est-il si mal placé ce bouton ? Très franchement, oui. Pour l’atteindre, nous n’avons pas d’autre choix que de soulever l’ordinateur. Un défaut qui aurait sans doute provoqué quelques colères à feu Steve Jobs. Mais ne faisons pas parler ceux qui nous ont quitté.
Si l’intégration de ce bouton laisse à désirer, elle ne pose pas vraiment de problème au quotidien. Nous n’avons eu à l’utiliser qu’à deux reprises : pour allumer le Mac mini la première fois, puis pour connecter le clavier bluetooth (un double clic est nécessaire).
D’aucuns diront que nous ne l’avons utilisé qu’une semaine et que nous n’avons pas encore assez de recul sur le sujet. L’auteur de ce test est un utilisateur de Mac depuis 20 ans et peut vous assurer que “un Mac, ça ne s’éteint pas”.
Les habitués des machines Pommées le savent, la très faible consommation d’énergie des Mac en veille permet de ne jamais les éteindre. Il est même recommandé de ne pas le faire. En effet, pendant ces temps de repos, les ordinateurs se mettent à jour, s’indexent, se synchronisent avec le cloud.
Autant de tâches qui s’opèrent à chaque nouvel allumage si l’on éteint systématiquement la machine. Non seulement cela fait perdre du temps mais en plus la consommation d’énergie est plus importante puisque l’ordinateur est complètement allumé et fonctionnel.
Notre conclusion est donc simple : l’emplacement du bouton on/off n’est pas des plus pratiques, mais n’a heureusement aucune incidence sur l’utilisation quotidienne.
Ce qu’on a moins aimé du Mac mini M4
Le prix des options et accessoires supplémentaires

Le Mac mini affiche-t-il le meilleur rapport qualité-prix pour un ordinateur de bureau ? La réponse est “oui, sous certaines conditions”. Comme à son habitude, Apple facture au prix fort les différentes options permettant d’améliorer la configuration de la machine.
Ainsi, la mémoire ou le stockage sont facturés 230 euros par tranche supplémentaire. Le tarif de notre version de test avec 512 Go de stockage passe donc à 929 euros. Le port Ethernet 10 Gigabit, lui, est aussi proposé en option à 115 euros.

Si l’on souhaite s’équiper du modèle le plus musclé, avec 32 Go de mémoire, 2 To de stockage et le port Ethernet 10 Gigabit, la facture atteint les 2 194 euros. Ces tarifs visent-ils à dissuader les clients ? Nous ne tirerons pas ce genre de conclusion, mais indiquerons tout de même que pour 2 399 euros (soit 200 euros de plus), on peut s’offrir un Mac Studio avec puce M2 Max, une connectique plus riche, 32 Go de mémoire unifiée et 512 Go de stockage. Une alternative sans doute plus en adéquation avec le profil d’utilisateurs tentés de doper le Mac mini jusqu’à la nausée.

Soulignons enfin que le Mac mini est livré sans clavier ni souris ou trackpad. Il faut donc ajouter ces accessoires à la facture pour celles et ceux n’étant pas déjà équipés. Apple propose bien sûr son Magic Keyboard, sa Magic Mouse et son Magic Trackpad, désormais tous équipés d’un port USB-C. Mais il existe des spécialistes qui proposent aussi d’excellentes alternatives, souvent plus abordables. Nous pensons notamment à Logitech, référence mondiale dans ce domaine.
Notre avis sur le Mac mini M4

Il est bien rare que nous notions un produit 10/10 sur Presse-citron, mais le Mac mini représente parfaitement le caractère exceptionnel que nous attendons d’un appareil technologique.
Discret et élégant, il impressionne par la puissance phénoménale qu’il renferme dans un si petit format. Les ingénieurs d’Apple ont relevé un sacré défi en intégrant une puce suffisamment performante pour répondre aux besoins de 99% des utilisateurs, dans un boîtier de 13 cm de côté. Le tout en conservant une connectique généreuse.
Le plus bluffant est sans aucun doute le positionnement tarifaire du Mac mini M4. À seulement 699 euros, impossible de trouver une alternative aussi complète, même en bidouillant soi-même son ordinateur.
Apple restant Apple, les options permettant de muscler la configuration de base restent onéreuses. Tout comme les accessoires Pommés, vendus séparément. Pas de quoi émousser notre enthousiasme, la version de base étant largement suffisante pour la majorité des consommateurs.
Finalement, la position du bouton d’alimentation reste le seul petit ver dans la Pomme. Difficile de lui en tenir rigueur tant il reste anecdotique dans l’expérience quotidienne. “Il faut savoir faire des sacrifices” disait l’autre.
Et le sacrifice est ici bien mince au regard de la proposition globale. Car, si l’on s’en tient à des critères objectifs, qu’attend-on de l’ordinateur parfait ? Qu’il soit performant, que l’on puisse y brancher tous nos accessoires, qu’il ne consomme pas trop d’énergie et qu’il ne prenne pas trop de place sur le bureau. Evidemment, en bons consommateurs que nous sommes, nous espérons que ces exigences ne nous valent pas la vente d’un organe. Devinez quoi : le Mac mini remplit tous ces critères.
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7 fois plus rapide que le mac mini sous intel… heureusement vu que ces bécanes dates de 5 ou 6 ans ! quelle fierté !!😂