Sur TikTok, YouTube ou Instagram, les formats vidéo courts et créatifs ont explosé en quelques années à peine. Il faut dire que la création de contenus est plus accessible que jamais. En 2025, n’importe quel smartphone est capable de filmer en 4K avec une qualité d’image suffisante pour répondre aux standards de ces plateformes.
Que dire des modèles les plus chers (iPhone 17 Pro, Galaxy S25 Ultra, Pixel 10 Pro etc.) qui permettent de réaliser des vidéos professionnelles ? On en veut pour preuve les films promotionnelles d’Apple, tournées à l’iPhone et diffusées pendant les keynotes devant des millions de spectateurs.
Face à ce constat, certaines marques continuent pourtant de proposer des caméras de vlog qui ont connu leur heure de gloire alors que les smartphones n’avaient pas encore atteint ce niveau de technicité. C’est le cas de Canon, qui lançait en mars dernier PowerShot V1. Avec ce boîtier compact, pensé pour le vlog, le nippon espère convaincre les créateurs de contenus que l’appareil photo dédié a encore toute sa place face à la puissance et le côté pratique des smartphones de dernière génération.
Mais en 2025, investir près de 1 000 € dans une caméra de vlog a-t-il encore du sens ? Réponse après quelques semaines de test.
Découvrir le Canon PowerShot V1
Le retour du compact expert

Le PowerShot V1 est plutôt compact, mais pas minuscule non plus. Ses dimensions et son poids ((118 x 68 x 52,5 mm pour 426 g) rappellent les appareils « expert » que les amateurs de photo appréciaient il y a quelques années. On est donc loin du format ultra-compact d’un ZV1. Face à un smartphone, il fait carrément figure de mastodonte. Logique.
Cet embonpoint est compensé par une excellente ergonomie : le PowerShot V1 intègre une vraie poignée creusée (pour une prise en main rassurante), une molette PASM, des commandes dédiées vidéo et photo, un écran tactile orientable… Il ne lui manque qu’un viseur électronique pour être parfait. Canon a préféré utilise cet espace pour intégrer un ventilateur afin de rafraîchir la bête lors des tournages ou shootings un peu long. Une excellente idée, ce genre d’appareil ayant tendance à vite surchauffer.

Bien qu’un peu encombrant, le PowerShot V1 tient dans une poche de veste, ce qui le place entre un smartphone “Plus” et un compact expert type Ricoh GR III. Selon nous, Canon a trouvé un bon compromis entre ergonomie et mobilité. Les commandes physiques sont intuitives, la bague de mise au point autour de l’objectif offre une vraie sensation de contrôle, et le passage photo/vidéo est à portée de main.

Enfin , l’écran rotatif, les ports audio (micro/casque), et la compatibilité SD UHS-II apportent de vraies options professionnelles, quand le smartphone offre beaucoup moins de latitude.
Techniquement intéressant, mais pas révolutionnaire

Canon dote son PowerShot V1 d’un tout nouveau capteur de 1,4 pouce (18,4 x 12,3 mm) et 22,3 millions de pixels, soit une taille proche du micro 4/3. La plage du zoom équivaut à un 16-50 mm (f/2,8-4,5), avec une mise au point qui descend à 5 cm.
L’appareil est équipé du processeur DIGIC X, d’un écran tactile 3 pouces (1,04 million de points), de la stabilisation optique 5 stops, de la détection autofocus avancée (humains, animaux, véhicules) et propose un mode rafale rapide (15 i/s mécanique, 30 i/s électronique).
Côté vidéo, il filme en 4K 30 fps suréchantillonné depuis de la 5,7K, ou 4K 60 fps (avec crop 1,4x), Full HD 120 fps, et propose le profil colorimétrique C-Log 3 pour la postproduction. L’autonomie annoncée se situe autour de 400 photos ou 1h10 de vidéo continue. Des données que nous confirmons.

La connectique est complète : USB-C (recharge possible), micro HDMI, ports jack 3,5 mm, Wi-Fi / Bluetooth ainsi qu’une batterie LP-E17 (1040 mAh).
À première vue, Canon coche toutes les cases d’une caméra polyvalente pour tout vlogueur digne de ce nom. Qu’en est-il sur le terrain ?
La qualité photo face aux smartphones premium

Canon a beau promettre un capteur “plus grand que la moyenne”, les résultats sur le terrain sont plus mitigés. En JPEG, chaque photo pèse autour de 7,5 Mo, et le RAW grimpe à 25 Mo. Sur l’écran du boîtier, les images paraissent honorables et la colorimétrie fidèle. Mais sur un grand écran, des défauts sautent aux yeux : le rendu des couleurs manque de personnalité et l’optique laisse des clichés un peu plats, surtout au téléobjectif.
En zoom max (50 mm), l’ouverture de f/4,5 limite les possibilités artistiques (bokeh, isolation sujet/fond). En grand-angle, il faudrase contenter d’un effet “street” mais le rendu global ne fait pas rêver non plus. Pire, la différence avec ce que propose un smartphone premium de 2025 ne saute pas aux yeux.

L’une des promesses du PowerShot V1 était pourtant d’offrir une « qualité supérieure à celle d’un smartphone moderne ». Sur le papier, le capteur plus grand permet une gestion de la lumière plus fine. Mais dans les faits, un iPhone 17 Pro Max, par exemple, offre des modes ProRAW, des traitements IA, une stabilisation bluffante, ainsi qu’une colorimétrie plus flatteuse.
Autres limites gênantes

Côté sensibilité, la plage ISO s’étend jusqu’à 32 000 en natif et 51 200 en étendu. De quoi se faire plaisir en basse lumière… en théorie. En réalité, la gestion du bruit se révèle décevante. Dès 400 ISO, du fourmillement apparaît, à 1600 ISO, le grain est nettement visible. Au-delà, il devient très marqué, ce qui rend les clichés peu exploitables sans post-traitement agressif.
Sur ce point, les smartphones premium arrivent parfois à proposer des résultats plus propres en basse lumière (même avec leurs tous petits capteurs)grâce à la fusion logicielle de plusieurs clichés ainsi qu’une bonne dose d’intelligence artificielle.
Enfin, la gestion des hautes et basses lumières reste correcte mais pas incroyable non plus : du bruit et une dérive colorimétrique s’installent assez rapidement. Il faut donc rester prudent et ne pas trop s’aventurer dans des environnements avec beaucoup de contraste.
Le zoom, gros point fort de la caméra de vlog ?

Puisqu’il intègre un objectif variable 16-50 mm (f/2,8-4,5), le PowerShot V1 est censé se montrer bien plus polyvalent qu’un smartphone. C’est en effet le cas même si la plage focale n’est pas spécialement ambitieuse pour la photo “créative”.
Le piqué au grand-angle est honnête à pleine ouverture, moins homogène sur les bords. En fermant le diaphragme, la netteté s’améliore mais le bruit numérique ressurgit vite au-delà de f/4. Idéalement, il faut rester à la pleine ouverture et sur toute la plage focale pour limiter les désagréments.

En portrait, le meilleur bokeh s’obtient à 16 mm f/2,8, mais c’est loin d’être flatteur pour un sujet humain. À ce jeu, Sony fait beaucoup mieux avec son ZV1-II. Certains smartphones haut de gamme comme l’iPhone 17 Pro Max, le Galaxy S25 Ultra, le Pixel 10 Pro ou encore le Xiaomi 15 Ultra tiennent aussi la comparaison.
La vidéo, vrai terrain de jeu du PowerShot V1

Sans surprise, c’est sur la partie vidéo et vlog que le PowerShot V1 prend l’ascendant sur les smartphones. Le capteur suréchantillonné en 5,7K pour une 4K 30 fps et la possibilité de filmer en 4K 60 fps (crop 1,4x) sont de vrais atouts. Le profil C-Log 3 donne aux créateurs des possibilités de post-production avancée, qu’aucun smartphone ne propose à ce jour. À l’exception peut-être de l’iPhone 17 Pro et son ProRes RAW, qui nécessite une installation plus complexe (SSD obligatoire par exemple).
La stabilisation optique fonctionne jusqu’à 5 stops selon Canon, en pratique on est plutôt sur 4 stops. La stabilisation électronique apporte un vrai plus, mais se désactive en 4K 60 fps. Sur le terrain, filmer à main levée délivre des séquences assez stables, mais un effet de “wobbling” (vagues sur les bords) apparaît parfois sur le grand-angle.

Il conviendra donc d’ajouter une poignée ou un gimbal pour les plans en marchant. Globalement, on préfère filmer au zoom max, où la stabilisation optique montre toute son efficacité.
C’est bien beau tout cela, mais ça vaut quoi par rapport à un smartphone ? Dans la plupart des cas, le PowerShot V1 se montre plus efficace, mais l’iPhone 17 Pro Max, avec son “Action Mode”, offre une stabilisation bluffante pour les plans dynamiques. En revanche, il chauffe beaucoup plus vite lorsque ce mode est activé et la qualité d’image n’est pas toujours excellente. Pour la vidéo, le PowerShot V1 reste donc bien plus complet.
Autonomie très moyenne

Comme pour tout boîtier, l’autonomie du PowerShot V1 variera fortement selon les modes de prise de vue que vous utilisez le plus. Canon annonce tout de même 400 vues : on tourne plutôt autour des 300. En vidéo, on approche l’heure de tournage en continue, si la température reste modérée.
En 4K 60 fps, l’appareil chauffe plus vite : comptez une quarantaine de minutes. On est donc bien au dessus de ce que propose un iPhone qui atteint très rarement ce temps de tournage sans déclencher un message de surchauffe ou couper le flux. En plus, le port USB-C permet de recharger à la volée, avec des batteries externes par exemple.
Canon PowerShot V1 ou smartphone de dernière génération ?

En 2025, les smartphones haut de gamme offrent des modules photo de 1 pouce, parfois plus grâce à la technologie de capteurs empilés, des traitements IA avancés, du ProRAW, de la vidéo 4K 60 fps, des modes cinéma et action, une stabilisation logicielle presque magique, et surtout… la praticité d’un appareil toujours connecté qui tient dans la poche.
Canon propose ici une formule dédiée, conçue pour les créateurs qui cherchent un outil pro et une ergonomie pensée pour la vidéo. Sur le papier, le PowerShot V1 est donc bien plus “expert” qu’un smartphone.

Sur le terrain, la différence n’est pas si flagrante. La qualité photo reste en retrait des meilleurs smartphones dans certaines situations, la gestion du bruit est décevante et la plage focale courte limite la créativité.
Pour le vlog, le PowerShot V1 affiche une qualité très honnête, mais à ce niveau de prix, on attend un appareil qui ne présente quasiement aucun défaut, surtout face à un smartphone.
Pour le grand public qui s’adonne à la création de contenus, le smartphone garde donc l’avantage de la compacité, de la réactivité, du partage instantané et de la polyvalence. En 2025, le créateur de contenu qui souhaite filmer, monter, publier et diffuser ses créations en un clin d’œil aura du mal à revenir à une caméra dédiée, même si elle est aussi bien pensée que ce PowerShot V1.
Pour qui est fait le Canon PowerShot V1 ?

- Le créateur exigeant qui veut tourner en 4K LOG, monter sur DaVinci, Premiere ou Finalcut et profiter de la connectique pro.
- Le vidéaste amateur qui veut sortir du format smartphone et se lancer dans du vlog pensé comme une série semi-professionnelle.
- Le passionné de matériel Canon qui apprécie la prise en main, l’ergonomie, et veut un appareil “all-in-one” facile à emporter.
- Et pour le grand public ? Le poids, l’encombrement, l’apprentissage des commandes, et la nécessité d’un workflow dédié (avec transfert, montage et export) restent des freins. On recommande donc plutôt d’exploiter tout le potentiel d’un smartphone premium.
Découvrir le Canon PowerShot V1
Notre avis sur le Canon PowerShot V1
Avec le PowerShot V1, Canon réussit à relancer le débat sur l’utilité d’une caméra de vlog dédiée. En 2025, avec un smartphone premium, la différence de qualité d’image, de stabilisation et de créativité est très mince. Le PowerShot V1 garde quelques longueurs d’avance en vidéo professionnelle, mais pour le grand public, la polyvalence, la connexion permanente et la qualité technique des smartphones sont amplement suffisants.
Pour la plupart des créateurs de contenu, le smartphone de dernière génération reste donc un outil plus simple, plus réactif, et finalement presque aussi bon qu’une caméra de vlog.
À 999 €, acheter le PowerShot V1 relève donc d’une démarche passionnée, professionnelle ou d’une envie de franchir un nouveau cap dans la création.
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Canon PowerShot V1
999€On aime
- Ergonomie et prise en main
- Grand capteur pour la catégorie
- Connectique complète et options professionnelles
- 4K LOG et profil C-Log 3 intégré
- Très peu de chauffe
On aime moins
- Qualité photo très perfectible
- Bruit numérique présent dès 400 ISO
- Plage focale courte (peu lumineuse en zoom max)
- Autonomie trop juste
- Prix très élevé