La course à la finesse continue. Après Samsung et sa Galaxy Tab S11 Ultra, c’est au tour de Honor de prétendre au titre de tablette la plus fine du monde. Le constructeur a profité du Mobile World Congress 2026 pour y présenter sa MagicPad 4, une tablette Android d’à peine 4,8 mm d’épaisseur. Un record qui lui permet en outre de boxer dans la catégorie des poids plumes : seulement 450 grammes sur la balance.
Derrière cette esthétique peaufinée et réduite à son plus simple appareil, que vaut réellement la MagicPad 4 ? Est-ce que Honor a dû réaliser des compromis pour arriver à ce résultat ? Peut-on couper une tranche de saucisson en aiguisant les bords ? Toutes les réponses, ou presque, dans ce test.

Prix et disponibilité de la Honor MagicPad 4
La MagicPad 4 de Honor est disponible à partir du 2 mars 2026. Deux coloris sont proposés, sans grande originalité : blanc ou gris. Son prix de vente conseillé est quant à lui fixé à 699 euros pour la version avec 12 Go de RAM et 256 Go de stockage, mais une offre de lancement permet de l’acheter à 599 euros. De même, il existe une variante avec 16 Go de RAM et 512 Go de stockage pour 799 euros, avec une offre de lancement à 699 euros.
Ce qu’on aime sur la Honor MagicPad 4
Son design léger
Jusqu’à présent, c’était Huawei qui pouvait se targuer de proposer la tablette de 12 pouces la plus légère du marché avec sa MatePad Pro 12.2. Désormais, la marque qui a commencé son parcours dans le giron du géant chinois lui dérobe la couronne. On peut dire que l’élève a dépassé le maître si vous me permettez l’usage de cette expression quelque peu éculée.
Avec ses 4,8 mm d’épaisseur et ses 450 g pour une diagonale de 12,3 pouces, la MagicPad 4 mise sur l’effet « wahou », mais pas uniquement à la lecture de sa fiche technique. Ses bordures d’écran uniformes de 4 mm mettent bien en valeur son écran. Tout cela participe à l’impression de tenir entre nos mains une simple dalle Oled et on en oublierait presque qu’elle renferme également tout un système électronique.

Finesse ne veut pas dire pour autant fragilité. La MagicPad 4 reste solide en main et ne ploie pas lorsqu’on force sur les côtés. Avec mesure tout de même, je laisse la torture complète à JerryRigEverything. Précisons tout de même que sa certification IP40 ne rassure pas quant à sa résistance aux poussières et autres liquides. Les usages pour du divertissement dans la salle de bain ou pour suivre des recettes de cuisine sont donc plutôt à éviter.
Son écran magnifique
Ce design tout en sobriété et en finesse joue au service de son écran, le plus gros défi de cette MagicPad 4. Le modèle précédent avait été grandement critiqué en raison de son écran LCD médiocre, loin de rivaliser avec ses concurrents. Honor a entendu les critiques et corrigé le tir sur ce modèle.

On est ici en présence d’une dalle Oled d’une définition de 3000 x 1920 pixels, soit une résolution de 290 pixels par pouce. Son taux de rafraîchissement peut quant à lui monter jusqu’à 165 Hz, ce qui était encore la norme pour des moniteurs gaming il y a seulement quelques années. Sur le papier, tout semble idéal et, à l’œil, vous devriez également le penser en l’utilisant dans votre canapé ou votre lit.
Sa fiche technique puissante
L’écran n’est pas la seule amélioration apportée à cette génération. Son processeur passe du Snapdragon 8 Gen 3 au Snapdragon 8 Gen 5 et fait donc l’impasse sur la version Elite (Gen 4) sortie entre temps. Il faut dire que Qualcomm n’aide pas à s’y retrouver : la génération 4 se contente de la version Elite tandis que la 5e se divise en deux avec un modèle de base ET un Elite. Honor a couplé ce processeur à 12 ou 16 Go de RAM et 256 à 512 Go de stockage.
Est-il nécessaire d’épiloguer sur ce qui est à ce jour la puce la plus puissante disponible ? Des jeux comme Genshin Impact ou Where Winds Meet n’ont aucun mal à tourner à 60 FPS ou plus (lorsque disponible) avec toutes les options graphiques poussées à fond. Outre cette débauche de puissance, cela permet également de profiter des dernières technologies en date comme le Wi-Fi 7 (sans la bande 6 GHz néanmoins) ou le Bluetooth 6.0. C’est un gage de compatibilité et de longévité pour les années à venir.
Le son est bon
Tous les professionnels de la vidéo vous le diront : le son est plus important que l’image. Honor ne s’y trompe pas et a doté sa tablette d’un très bon système audio. Avec huit haut-parleurs, le support du DTS:X Ultra, de l’audio spatial et la certification IMAX Enhanced, on a de quoi être rassurés juste en lisant sa fiche technique.

Même à plein volume, le son est bien rendu, sans saturer et avec une balance bien réglée. Que ce soit pour des musiques, des voix ou des effets spéciaux lors des films, la partie audio est toujours au point. Les basses ne feront pas trembler les murs, mais on n’en attendait pas plus pour une tablette de moins de 5 mm d’épaisseur.
Ce qu’il reste à améliorer
Le revêtement d’écran
Si la dalle Oled est magnifique, l’écran présente tout de même un défaut : son revêtement. Très brillant, il a tendance à réfléchir à outrance la moindre source lumineuse. Avec sa luminosité en pic de 2400 nits, cela convient pour un usage en intérieur, mais si vous vous tenez dos à la fenêtre, vous aurez possiblement des difficultés à bien discerner les détails dans les zones sombres.

L’information est surtout bonne à noter si vous aviez prévu de regarder Stranger Things cet été sur la plage.
L’absence d’algorithme de reconnaissance tactile
Les bordures extrêmement fines sont une épée à double tranchant. Visuellement très agréables, elles sont toutefois trop fines pour que l’on puisse confortablement poser nos doigts dessus sans toucher l’écran. Certains constructeurs ont suivi l’exemple d’Apple en développant un algorithme permettant de distinguer les appuis volontaires des touches accidentelles. Ce n’est pas le cas ici.

Le résultat, vous vous en doutez, est qu’on a tendance à déclencher des actions sans le vouloir. Je ne vais prendre qu’un exemple : YouTube. En laissant appuyer les pouces sur les bords de l’écran, on passe la lecture en accéléré et pour peu que l’on marque une hésitation dans le mouvement, on se retrouve alors à tapoter, et donc à avancer ou reculer la vidéo de 10 secondes. Cela peut arriver plusieurs fois par vidéo si vous ne prenez pas garde et que vous adaptez régulièrement votre prise.
Bref, une mise à jour serait nécessaire pour améliorer ce point. Heureusement, cela ne nécessite pas de modifier le matériel.
Une partie logicielle confuse
Au premier regard, l’interface logicielle de la MagicPad 4 semble excellente. Elle tourne nativement sur Android 16, les effets de transparence rappellent un peu le Liquid Glass d’Apple (en plus lisible), tout est fluide et les animations sont extrêmement léchées. Derrière ce vernis se cache en revanche de pénibles manipulations dès lors que l’on souhaite apporter un peu de personnalisation à l’ensemble.

Pour commencer, il n’y a pas de tiroir d’applications. Cela signifie que toutes vos applications se retrouveront sur votre écran d’accueil, y compris celles que vous n’utilisez que ponctuellement ou les applications systèmes que vous ne lancerez jamais, mais que vous ne pouvez pas désinstaller (l’App Market par exemple). À la limite, vous pouvez utiliser l’espace parallèle pour cacher celles que vous ne souhaitez pas voir derrière un mot de passe, mais avec bien plus de frictions qu’une simple bibliothèque d’apps. Même Apple est revenu sur ce principe d’applications entassées en vrac sur l’écran d’accueil !
Si vous avez déjà eu une tablette Android dans les mains, votre premier réflexe sera peut-être de laisser votre doigt appuyé sur une zone vide pour modifier le fond d’écran. Oh, doux enfant de l’été ! Il suffisait de deviner qu’il faut pincer l’écran, cliquer sur “Fond d’écran et style” (et ne surtout pas lancer l’application “Thèmes” qui n’est qu’une boutique), trouver le bouton “Image” et avoir pensé à permettre l’accès à vos fichiers, sinon vous verrez seulement les trois par défaut. Bref, passez par la galerie, ce sera plus simple.

Honor a également ajouté un mode PC pour faciliter l’usage d’un clavier et utiliser les applications dans des fenêtres flottantes. Une fonction déjà disponible sur Android et qui fait donc doublon. En revanche, il faut absolument utiliser ce mode (avec le temps de chargement que cela implique) pour correctement partitionner l’écran alors que ce sont des fonctions basiques chez certains concurrents.
Une bonne nouvelle reste toutefois à trouver du côté du support. Honor promet six ans de mises à jour Android et de sécurité.
L’autonomie un peu juste
La finesse exceptionnelle de la MagicPad 4 est une épée à double tranchant. Moins d’épaisseur, c’est inévitablement moins de place pour la batterie. Malgré tout, Honor a réussi à intégrer un accumulateur de 10000 mAh, ce qui est loin d’être honteux. Pour autant, le résultat n’est pas incroyable au quotidien.

Si vous l’utilisez en continu dans la journée, que ce soit pour prendre des notes ou regarder des vidéos en streaming (YouTube, Twitch…), vous ne pourrez pas enchaîner le lendemain sans passer par la case recharge. Comptez de 8 à 10 heures d’usage mixte, ce qui se place dans la moyenne basse actuellement.
La recharge à 66 W semble pour sa part nécessiter le chargeur Honor officiel, à acheter séparément (50 €). Avec un bloc secteur Power Delivery d’Anker (120 W), il m’a fallu trois heures pour une recharge complète.
Notre avis sur la Honor MagicPad 4
Sur le point matériel, la Honor MagicPad 4 est une franche réussite. On peut évidemment lui reprocher ses reflets ou sa batterie un poil faible en 2026, mais ce sont là des compromis à faire pour profiter de sa finesse et de sa légèreté. Qui plus est, la présence d’un Snapdragon 8 Gen 5 fait d’elle non seulement la plus fine, mais également l’une des plus puissantes. Cela fait d’elle une excellente tablette pour le divertissement en mobilité.

Sa partie logicielle reste néanmoins à améliorer, ce qui peut être fait par simple mise à jour. On apprécierait un peu plus de logique pour que son usage devienne plus intuitif.
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