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Test du DJI Avata 360 : le drone qui décide de ne plus rater un angle

La caméra 360° au sol, ça fait des années qu’on connaît : Insta360, puis GoPro et DJI  en ont tous à leur catalogue. Il restait juste à les loger sur un drone, histoire de prendre un peu de hauteur. C’est ce qu’a fait Insta360 avec l’Antigravity A1, sorti fin 2025, avec un tarif tout aussi aérien que son produit (1 400 euros en bundle minimal). Un trimestre plus tard, c’est au tour de DJI de s’y coller avec l’Avata 360, un drone FPV à caméra sphérique native disponible à partir de 459 euros. Un prix étonnamment faible sur ce segment naissant.

Un drone qui filme en 360° 8K et coûte moins cher qu’un reflex d’entrée de gamme vaut-il vraiment le coup ? Y a-t-il des concessions importantes afin d’atteindre un tel tarif ? Vous nous connaissez : on a profité de ce printemps un peu trop chaud pour le prendre en test.

Je profite de l’offre

Un cinewhoop qu’on reconnaît au premier coup d’œil

L’Avata 360 reprend l’architecture « cinewhoop » de la famille Avata : châssis compact, carénage d’hélices intégré et finitions grises sobres. Contrairement à l’Antigravity A1, son apparence ne vend pas du rêve ! Sur la balance, le drone équipé de sa batterie pèse 468 grammes. Il reste néanmoins dans les limites réglementaires de 455 grammes grâce à une tolérance de l’ordre de 3 % prévue par les normes européennes.

Il subit donc les contraintes liées à la classe C1: enregistrement et formation obligatoires (mais gratuites) sur AlphaTango et altitude maximale de 120 mètres sont de rigueur. On ne tentera pas d’ajouter le moindre accessoire sous peine de sortir de la classe C1 et de rentrer dans l’enfer administratif concocté par la DGAC.

DJI Avata 360
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Le module optique central est constitué de deux objectifs fisheye couvrant chacun 200° de champ. La caméra est montée sur un axe qui lui permet de basculer à 90°. Combiné aux trains d’atterrissage qui surélèvent légèrement l’appareil (en fait quatre ergots caoutchoutés logés sur la nacelle et la batterie), ce système protège efficacement les objectifs au décollage tout comme à l’atterrissage.

En cas de pépin avec les objectifs, ceux-ci peuvent être changés en quelques minutes par l’utilisateur. Il faut pour cela acquérir un kit de réparation vendu 21 euros. On vous conseille fortement de le commander avec le drone car la moindre rayure sur une lentille peut compromettre le stitching et donc toute la vidéo.

Captation 8K à 360°

DJI n’a pas réinventé la roue pour concevoir la caméra puisqu’elle reprend le double capteur 1/1,1’’de 64 mégapixels chacun de l’Osmo 360. L’ouverture de f/1,9 est un avantage réel en basse lumière. En mode 360°, le drone monte jusqu’en 8K à 60 i/s en HDR, les séquences étant enregistrées en débit binaire maxi de180 Mbps. La résolution photo atteint 120 mégapixels en panoramique.

L’assemblage des deux flux (le fameux stitching) est entièrement automatique. Certes, on peut l’affiner en post production en utilisant le logiciel maison DJI Studio, à condition d’avoir une machine assez puissante. La solution reste l’utilisation de fichiers proxy (version basse définition de l’original, celui-ci n’étant utilisé qu’à l’assemblage final) afin d’avoir une prévisualisation sans saccade. Le stitching est parfaitement maitrisé à partir de deux mètres du sujet. En deçà, des parties de l’image peuvent jouer à cache-cache. Mieux vaut garder cela en tête lors de la captation.

L’Avata 360 propose deux types d’enregistrement. En 360°, les deux capteurs filment simultanément afin de produire une séquence sphérique complète. En mode objectif unique, un seul des deux capteurs est actif pour produire une image 4K à 60 im/sec dans le plus pur style de l’Avata d’origine avec une stabilisation RockSteady ou HorizonSteady.

En photographie, la captation est possible en RAW dans les deux types d’enregistrement. En 360°, on récupère deux fichiers à assembler manuellement en post-production. A réserver aux pros qui savent ce qu’ils font, donc.

L’Avata 360 de 64 Go de stockage interne, dont seulement 42 sont disponibles pour l’enregistrement vidéo (il faut bien loger le firmware quelque part !). Cela représente à peu près une trentaine de minutes de vidéo 8K 360°. Un emplacement pour cartes microSD permet d’ajouter jusqu’à 1 To de stockage, ce qui permet de largement voir venir. Le transfert des fichiers s’effectue au choix en Wifi 6 vers un smartphone, ou par câble en USB-C vers un ordinateur. L’appareil est alors vu comme un stockage externe classique et il n’y a même pas besoin de le mettre sous tension pour importer son contenu.

Pilotage rassurant, ou FPV immersif : à vous de choisir !

L’Avata 360 bénéficie du système de transmission DJI O4+, caractérisé par une latence réduite à 130 ms avec les Goggles. Elle grimpe vers 200 ms si l’on passe par la radiocommande. C’est d’ailleurs une des caractéristiques les plus originales de l’Avata 360 : il peut être piloté avec une radiocommande classique RC 2 ou en mode FPV avec le casque Goggle N3 et le contrôleur gestuel RC Motion 3.

La première solution est idéale pour ne pas grever votre budget, ou si vous possédez déjà un drone équipé de cette radiocommande. Dans ce cas, vous n’aurez qu’à acquérir que le drone à nu, vendu 459 euros. Les amateurs de sensations fortes ou d’immersion opteront pour la seconde possibilité, nettement plus enivrante. Là aussi, l’achat du casque et du contrôleur gestuel n’est obligatoire que si vous n’en possédez pas déjà un.

DJI Avata 360
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Quoiqu’il en soit, il faudra choisir car il n’est pas possible de combiner une radiocommande RC 2 avec un casque. Précisons au passage que l’Avata 360 ne fonctionne pas non plus de manière autonome comme le Neo 2, ni via un smartphone en Wi-Fi direct.

La présence de deux modes de pilotage alors que l’A1 se limite au casque et au contrôleur gestuel est l’un des indéniables atouts de l’Avata 360 pour convaincre les utilisateurs un peu effrayés par le pilotage au casque (nettement plus technique).

L’Avata 360 dispose d’une détection d’obstacles omnidirectionnelle qui ne peut pas être désactivée, contrairement à l’évitement d’obstacles. Cela permet par exemple de passer au travers de branchages ou de passage étroits, choses que l’aéronef refuse d’accomplir par défaut. Le mode Sport désactive également l’évitement et permet d’atteindre 65 km/h (18 m/s). La détection d’obstacle frontaux s’avère particulièrement efficace, un LiDAR assurant une reconnaissance précise du terrain.

Qu’on utilise la radiocommande ou les Goggles, le pilotage s’avère agréable et la faible latence n’est pas gênante. Le flux vidéo retour est en 1080p 60 i/s et il reste fluide, même en présence de quelques obstacles (arbres ou bâtiment). La portée annoncée du signal atteint 10 km, mais on gardera en mémoire que la réglementation impose de garder en permanence un contact visuel avec l’appareil…

Lors de nos tests, nous avons constaté une autonomie effective variant entre 18 et 20 minutes, donc un peu moindre que celle annoncée par DJI (23 minutes). Lorsque l’autonomie est trop basse, le drone tente de se poser. Il est possible de le maintenir en vol deux minutes supplémentaires afin de le rapprocher de son point de départ. Notre exemplaire de test nous a été livré avec trois batteries, ce qui nous a permis de voler quasiment une heure sans avoir à passer par la case chargeur.

De bonnes possibilités d’enregistrement

L’Avata 360 ne se contente pas de voler en filmant tout autour de lui. Spotlight Free verrouille automatiquement un sujet en mouvement dans le cadre sans intervention pendant le vol. GyroFrame ajuste librement l’angle de vue depuis les rushes 360° dans DJI Fly ou DJI Studio.

Lors de l’utilisation des Goggles, nous avons été bluffés par le suivi de mouvement de tête : le casque les détecte et oriente virtuellement la caméra dans la direction regardée — haut, bas, droite, gauche. On a l’impression d’être assis sur le drone !

DJI Avata 360
© Marc Mitrani pour Presse-citron

Le logiciel de montage DJI Studio offre par ailleurs des mouvements virtuels de caméra en post-production : tonneaux, loopings, petite planète, rotations. Il autorise l’application de LUT, l’export en 9:16 ou en 1:1 pour les réseaux sociaux. Les pros apprécieront de pouvoir gérer la colorimétrie D-Log M avec export 10 bits.

En revanche, l’Avata 360 ne propose ni vols automatisés par Waypoints, ni séquences Timelapse ou Hyperlapse. Peut-être au travers d’une prochaine mise à jour ?

Notre avis sur le DJI Avata 360

DJI a réussi quelque chose d’assez rare : lancer un produit qui crée sa propre catégorie sans se prendre pour ce qu’il n’est pas.

L’Avata 360 n’est pas le meilleur drone pour la photo aérienne classique — le Mavic 4 Pro garde l’avantage sur ce terrain. Ce n’est pas grave puisqu’il n’a pas été conçu pour cela. Mais pour la vidéo immersive, le plan FPV, le contenu 360° aérien sans les contraintes d’une perche, il n’a pas d’équivalent à ce prix. Les 459 euros pour le drone seul constituent un appel d’air réel : pour la première fois, un drone 360° haut de gamme devient accessible sans devoir vendre un rein.

L’appareil produit de magnifiques séquences, s’avère d’une grande fiabilité et dispose de deux modes de pilotage distincts : cela devrait séduire les utilisateurs de drones traditionnels, que le pilotage avec casque pourrait effrayer.

Aussi intéressant soit-il, l’Avata 360 n’est pas exempt de petits défauts. L’autonomie effective de 18 minutes est un peu courte, le stitching d’images prises à moins de 2 mètres peut s’avérer problématique et l’absence de fonctions comme les trajets prédéfinis Waypoints ou d’hyperlapse pourra gêner certains utilisateurs. Heureusement, ces quelques inconvénients n’entament pas l’excellente impression que nous laisse l’Avata 360 !

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DJI Avata 360

à partir de 459 €
9.5

Note Globale

9.5/10

On aime

  • Qualité d'image 8K/60 fps HDR, stitching remarquable au-delà de 2 mètres
  • Prix agressif
  • Lentilles remplaçables par l'utilisateur
  • HeadTracking avec les Goggles

On aime moins

  • Autonomie réelle un peu faible
  • Pas de Waypoints ni d’hyperlapse
  • Assez bruyant en vol
  • Poids supérieur à 250 gr qui rend obligatoire les démarches administratives