DJI lance le RS 5, un stabilisateur professionnel léger qui offre aux vidéastes de nouvelles perspectives de travail. Après un RS 4 qui avait brillé techniquement mais déçu sur l’autonomie, le constructeur chinois promet une refonte complète : algorithme de stabilisation nouvelle génération, module de suivi intelligent amélioré et autonomie doublée jusqu’à 30 heures.
Nous avons pu tester le RS 5 pendant un mois en avant-première, dans des conditions variées : tournages YouTube avec suivis de sujets en mouvement, en courant, sur skateboard, à vélo, en voiture. De quoi évaluer ses promesses en situation réelle.

Verdict : le RS 5 est supérieur au RS 4 en tous points et corrige enfin les problèmes d’autonomie. Mais est-il vraiment indispensable face aux systèmes de stabilisation de plus en plus perfectionnés des caméras modernes ? Réponse en détails.
Ce qu’on a aimé du DJI RS 5
Tout en légèreté

Bien qu’il puisse accueillir une caméra de 3 kg, le RS 5 se révèle très léger en main. Avec son 1,46 kg sur la balance, il change complètement l’expérience des longs tournages.
Après plusieurs sessions de tournage en continu pour des vidéos longues, la différence avec le RS 4 est flagrante : moins de fatigue au poignet, moins de tensions dans l’avant-bras. L’ergonomie a été repensée pour rendre les manipulations plus intuitives : les molettes de réglage avec intercouches Teflon facilitent l’équilibrage, aussi le passage en mode vertical se fait en 10 secondes chrono sans accessoires supplémentaires.

Les verrous d’axe automatisés de 2ᵉ génération déverrouillent automatiquement la nacelle lors de la mise sous tension. Plus besoin de manipuler les axes manuellement, on est prêt à filmer instantanément. De même, la nacelle se verrouille immédiatement lors de l’arrêt ou en mode veille. Pour les créateurs solo qui enchaînent les plans sans équipe, ces petits détails font toute la différence.
Une stabilisation impressionnante

DJI annonce la cinquième génération de son algorithme de stabilisation RS, avec une amélioration du couple moteur maximal de 50 %. Sur le papier, ça promet. Dans les faits, le RS 5 est tout bonnement excellent.
Suivi de voiture en mouvement, shots en courant, sur skateboard, à vélo dans des rues pavées : rien ne le fait flancher. Avec le RS 4, on observait des micro-saccades sur les changements de direction brusques. Rien de tout cela avec le RS 5.
À l’intérieur d’une voiture (pour un tournage auto par exemple) ce stabilisateur se montre encore impeccable : les vibrations moteur et les irrégularités de la route sont gommées. On obtient un rendu fluide qu’aucune stabilisation intégrée de caméra ne peut égaler, même sur les derniers hybrides de Sony ou Canon.
Même constat en courant sur une distance de 100 mètres : le moteur compense parfaitement les rebonds de la foulée. La nacelle offre également une stabilité nettement améliorée lors des prises de vue à la verticale, ce qui était un point faible du RS 4.
Un module de suivi intelligent redoutable

D’abord introduit avec le RS 4 Mini, le module de suivi intelligent RS a été mis à jour avec de nombreuses fonctionnalités. Le nouveau module permet aux vidéastes de cadrer des images en direct et de suivre n’importe quel sujet directement depuis l’écran tactile de la nacelle. Pour tourner des plans de smartphone par exemple, cette fonctionnalité est redoutable. On peut cadrer et suivre un produit automatiquement : on peut donc se libérer les mains pour manipuler l’objet.
Le nouveau module offre également la possibilité d’assurer le suivi d’objets autres que des personnes : véhicules, animaux de compagnie ou tout objet. Il peut maintenir la mise au point verrouillée sur un sujet humain jusqu’à 10 mètres. Là encore, le processus de tournage d’une scène (notamment dans un environnement bondé) se révèle plus facile.

Le module peut être installé magnétiquement, sans avoir besoin d’un adaptateur ou d’autres accessoires, ce qui rend l’utilisation rapide et pratique. Tout vidéaste, quel que soit son niveau d’expérience, peut réaliser sans effort des mouvements de caméra complexes : plans circulaires, suivi inversé, suivi fixe sur une seule personne. Le suivi d’objets comme les voitures ou les vélos fonctionne bien en conditions dégagées. En environnement encombré, il peut lui arriver de perdre le sujet, mais le retrouve généralement assez vite. Impeccable.
Des fonctionnalités créatives intéressantes
Le RS 5 se dote d’une nouvelle poignée électronique qui fait une réelle différence. Elle permet en effet de capturer des angles de prise de vue originaux depuis le dessus ou le dessous du sujet, tout en offrant un contrôle électronique des séquences. Nous avons pu shooter des plans rasants pour des produits tech sur table et des plans en contre-plongée qui auraient nécessité un rig dédié avec un setup classique.
Sa poignée confortable et ses commandes joystick (ou bouton) facilement accessibles permettent une utilisation à une main, tandis que ses transitions fluides réduisent la fatigue du poignet. Le tout nouvel indicateur d’axe Z à l’écran suggère au vidéaste comment ajuster sa démarche et son rythme afin de réduire le tremblement de l’image. C’est un bon assistant en temps réel, utile pour les débutants.
DJI a également élargi la compatibilité des appareils photo pour le contrôle sans fil. L’obturateur Bluetooth du RS 5 prend désormais en charge les appareils Panasonic et Fujifilm, en plus des appareils déjà pris en charge de Sony, Canon et Nikon. Le RS 5 est également compatible avec l’écosystème de produits complet de DJI.
Le problème d’autonomie enfin corrigé
C’était LE gros défaut du RS 4, il est désormais réglé. DJI annonce une charge complète en seulement une heure, soit une amélioration de 60% de l’efficacité de charge par rapport au RS 4. Un chiffre que nous confirmons. La batterie standard offre 14 heures d’autonomie pour garantir son endurance tout au long des longues journées de tournage. Pour encore plus de puissance, la nouvelle poignée batterie haute capacité BG70 prolonge l’autonomie jusqu’à 30 heures.
DJI se montre un peu optimiste mais la promesse de longs tournages continus est tenue. Nous avons évalué une douzaine d’heures avec la batterie standard et un peu plus de 25 heures avec la batterie haut capacité. L’autonomie dépend aussi de l’intensité des mouvements opérés pendant les tournages : plus la nacelle doit corriger, plus elle se décharge. Basique, simple.
Quoi qu’il en soit, le RS 5 devient enfin un accessoire fiable pour les longs projets. On peut partir tranquillement pour un tournage pendant un week-end sans avoir à passer par la case recharge du stabilisateur. Un confort non négligeable pour les vidéastes solo.
Ce qu’on a moins aimé du DJI RS 5
Un stabilisateur reste un accessoire de niche

Même excellent, un stabilisateur reste un accessoire réservé à des usages très précis. Les caméras modernes embarquent déjà des systèmes de stabilisation très efficaces pour la plupart des tournages.
Ce stabilisateur devient donc pertinent dans des cas d’usage spécifiques : tournages dynamiques en mouvement rapide, création intensive de contenu vertical, suivi de sujets en conditions difficiles. Si vous ne shootez qu’occasionnellement, le RS 5 risque de dormir dans un placard.
D’autant qu’un stabilisateur requiert également un certain temps d’apprentissage. L’équilibrage de la nacelle, la compréhension des différents modes, la maîtrise des mouvements de caméra, tout cela demande du temps. Bien que DJI ait beaucoup simplifié l’utilisation d’un stabilisateur, cela reste un outil professionnel sur lequel il convient de se former. Au risque d’être frustré.
Un tarif élevé qui limite l’audience

Se pose donc logiquement la question de l’investissement. Faut-il débourser 569 euros en version autonome (et 719 euros en bundle avec le module de suivi intelligent amélioré et la poignée de mallette électronique) pour s’offrir le RS 5 ? Pour un utilisateur occasionnel ou un débutant, cet achat est difficile à justifier, à moins de vouloir se former.
Le RS 5 se destine plutôt aux créateurs de contenus professionnels ou semi-professionnels, aux vidéastes qui enchaînent les tournages, aux créateurs YouTube qui produisent régulièrement. Pour les autres, on conseille plutôt de louer d’abord pour valider les besoins réels.
Notre avis sur le DJI RS 5

Le DJI RS 5 est-il le meilleur stabilisateur du marché ? Oui, sans aucun doute. Supérieur au RS 4 en tous points, il corrige enfin le défaut majeur de l’autonomie et apporte une stabilisation remarquable en conditions difficiles. L’intégration de la cinquième génération d’algorithme de stabilisation, du module de suivi intelligent amélioré et l’amélioration de l’autonomie en font la référence du marché. Sa légèreté et son ergonomie finissent de nous convaincre.
La vraie question reste : en avez-vous vraiment besoin ? Un stabilisateur reste un accessoire de niche. Les caméras modernes stabilisent très bien dans 80% des situations. Le RS 5 devient pertinent si vous shootez régulièrement en conditions dynamiques (sport, action, mouvement), créez du contenu vertical de manière intensive, ou êtes créateur solo.
À 569 euros (bundle à 719 euros), le RS 5 représente un sacré investissement. Si vous ne l’utilisez qu’occasionnellement, louez-le d’abord pour valider vos besoins. Pour les professionnels de la vidéo, le RS 5 s’impose, de loin, comme le nouveau standard de l’industrie.
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